‹ Histoire du second empireChapitre 4 sur 176 · LA ROSE D'OR EST ENVOÏÊE A L'IMPÉRATRICE · texte numérisé non relu

LA ROSE D'OR EST ENVOÏÊE A L'IMPÉRATRICE

lème. Ciû()uante mille sacs de bonbons leur furent distribués. Quelques jours après cette fête, un rosier d'or ftth-dessus duquel s'élevait une rose bénie par le Pape fijt déposé, en présence de toute la cour, sur Tautel de la chapelle des Tuileries. Le légat, après avoir lu le bref papal qui (îonférait à l'Impératrice la rose consacrée, la prit et la lui remit de sa main. Une souscription, dont le chiffre étatt limité entre cinq et vingt centimes, s'ouvrit à Paris sous l'impulsion des maires et de nombreux comités dans le but d'offrir à l'Impératrice et à son fils un témoignage deTamourde la population. Soixante mille francs furent recueillis. Cette somme, augmentée par l'Empereur d'une rente de trente mille francs, servit à la fondation de Torphelinat du Prince impérial.

La naissance d'un héritier du trône obligeait le gouvernement à présenter la loi de régence. Un sénatus-consnlte fut donc rédigé et soumis aux délibérations du premier corps de l'État.

La Constitution avait jugé nécessaire de couvrir d'un voile impénétrable les séances du Sénat. La Franco savait bien que celte assemblée était chargée de veiller à ce qu'aucune atteinte ne fût portée à la Constitution, à la religion, à la morale, à la liberté des cultes, à la liberté individuelle^ à l'égalité des citoyens devant la loi, à Tiuviolabilité de la propriété, à l'intégrité du territoire et au principe de Finamovibilité de la magistrature, mais elle ignorait si l'occasion de protéger l'un de ces grands principes s'était présentée. Le Sénat lai-môme ne se rendait peut-être pas bien compte des moyens qu'il pourrait employer, le cas échéant, pour rendre cette protection efficace. Investi du pouvoir constituant, il cherchait sur-

tout les occasions d'exercer le pouvoir législatif; dominé par les vieilles habitudes de ses membres, au lieu d'examiner si le projet de loi ne menaçait aucun des grands principes énumérés plus haut, il s'obstinait à en discuter les dispositions particulières, ne pouvant se faire à Tidée qu'on le condamnât à approuver silencieusement une loi qu'il trouvait mauvaise, comme si le pouvoir constituant devait s^abaisser à de pareilles préoccupations.

Les orateurs du gouvernement avaient beau dire au Sénat : cette loi est finie, l'Empereur n'attend plus pour y apposer sa signature et la promulguer que votre approbation ; il ne s'agit pas de savoir si la loi est bonne ou mauvaise, mais si elle est constitutionnelle ou si elle ne l'est pas, le Sénat se rendait à ces observations pour de petites lois sans importance, mais en présence de lois de premier ordre, comme par exemple la loi de M. Fortoul sur l'instruction publique, il voulait dire son avis. Cette loi contenait tout un système nouveau, elle modifiait profondément l'ancien programme de l'enseignement secondaire, les cléricaux lui reprochaient d'être hostile au clergé, l'un des cardinaux-sénateurs ne put s'empêcher de l'attaquer, or, ce cardinal siégeait justement sur le banc à côté du ministre de l'instruction publique. M. Troplong,qui n'avait pas interrompu le cardinal «par courtoisie», pouvait- il interdire la parole à M. Fortoul? Un sénateur avait déjà émis cette maxime alarmante qu'il est de jurisprudence parlementaire de répondre à un ministre, que jamais chambre ne s'y est opposée. La jurisprudence parlementaire invoquée! les vieilles hérésies se réveillaient donc ? les sénateurs échangeaient les plus bruyantes interpellations! Le Sénat allait se rendre coupable d'une vio-

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