LE CLERGÉ
Smduiu. — Les querelles religieuses renaîsseal avec TEinpire. — La montrehie de Juillet et VÊs^lise. — La révolution do Février et TÊglise. — La M sor l'instniction publique. — L'Église et le bonaparlisme. *- Les congrégations et les sociétés religieuses travaillent à la fondation de TEmpiré. — V. Sibour arehevèque de Paris. — Alliance entre lu philosophie et la relifioD. — La fête des Écoles. — Le ver rongeur. — La question des àodes classiques. — - Lettre entre VUnivers et Tarchevêque de Paris. — ^ L'ae partie de l'épiscopat se déclare en faveur de VUnivers, — L'Encyclique ^ 21 mars 1853. — Défaite de Tarchevéque de Paris. — Le sacre de Napoléon HI. — Conditions que le pape met à son voyage en •France. — Sarreillance exercée sur la chaire. — Le sermon du père LacorJaire à Saint- Roch. — Les catholiques libéraux et les uUramontains. — L'Immaculée Cooception. — Proclamation de ce dogme.
Le feu des querelles religieuses s'était rallumé depuis ravénement de Napoléon HI ; la discussion ne roulait plus sur la question de savoir si le pape peut commander et ordonner, soit en général, soit en particulier, sur les choses temporelles, ou bien si sa puissance de simple suzerain des choses spirituelles est bornée par les canons des anciens conciles reçus en France ; le clergé qui, dans la déclaration de la Faculté de théologie de Paris en 1663, el par celle du clergé de France en 1682, avait traduit ce dernier principe en langage théologique, n'existait plus; ses successeurs, sous Tempire même du concordat, s'éloignaient chaque jour davantage de ses idées. Quelques pauvres prêtres relégués dans d'obscurs presbytères de campagne, relisant l'histoire de TËglise au moment de la révolution de Février et voyant surgir le suffrage univer-
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sel, se dirent peut-être que TÉglise pourrait bien un jour reprendre pour règle ce précepte du temps des apôtres: «Celui qui commande à tous, doit être élu par tous ; » mais la majorité du clergé inclinait vers des doctrines contraires. Le Saint-Siège avait grandi par ses luttes avec TEmpire, par les services qu'il lui avait rendus et par la persécution dont il en avait été récompensé ; Tultramontanisme, représenté et défendu par des hommes comme de Maistre, de Bonald, Lamennais, avait fait de notables progrès sous la Restauration- L'Église, ébranlée par la révolution, privée des institutions qui lui servaient d'appui, devenue de propriétaire riche et puissante, simple salariée de TÊtat, était poussée à chercher hors d'elle-même Tappui qui lu. manquait et à fortifier son unité par une alliance de plus en plus étroite avec Rome. Les catholiques français, d'un autre côté, éclairés par l'exemple de leurs coreligionnaires de Belgique, avaient compris la nécessité de lutter avec leurs ennemis sur le terrain de la liberté : liberté d'enseignement. Tel est le mot d'ordre qu'ils adoptèrent sous Louis*Philipp6 ; le hasard leur donna à cette époque non un chef, mais ce qui vaut quelquefois mieux, un agitateur dans M. de Montalembert, pair de France héréditaire, qui avait trouvé, une tribune à Tàge où la loi refusait aux roturiers même le droit d'élre électeurs. M. de Montalembert commença sa carrière par une lutte en faveur de la liberté d'enseignement; ses efibrts ne furent pas perdus ; un parti catholique béni par Grégoire XVI et encouragé par M. Guizot existait en France à la fin du règne de Louis-Philippe. L'ami des libres penseurs du temps de la Restauration, en vieillissant, avait Tair de se convertir; M. de Salvandy, depuis long-