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gager, au nom de l'État, au vei^sement anuuel d'une subvention ne pouvant dépasser t& millions pour l'exploita^ lioD de trois lignes de bateaux à vapeur entre la France et r New-York ; S"" les Antilles, le Mexique, Aspinwall et Cayenne ; â"* le Brésil et Buenos*-Ayres,
Le projet de loi fut mieux accueilli que le cahier des charges. La chambre crai^i^nait qu'en voulant satisfaire à la fois le Havre, Bordeaux et Nantes, en les faisant tètes de ligne de New- York, des Antilles et du Brésil, on ne rendit irréalisable une affaire de cette importance; aussi, en présence de l'antagonisme des ports , elle adopta le projet sans que cette adoption impliquât l'approbation du cahier des charges.
Le préfet de la Seine continuait à démolir Paris; l'Empire voulait une capitale neuve et stratégique : bou* levards et casernes, c'était le mot d'ordre ; il exigeait beaucoup d'argent ; où le prendre ? dans la caisse municipale ou dans le trésor public ? Le gouvernement décida qu'on puiserait dans ce dernier 12 millions et demi pour l'achèvement du boulevard de Sébastopol et de la rue des Écoles. M. Desmolles, député, soutint que la France ne devait pas payer les embellissements de Paris, et qu'il n'y avait aucune utilité à dépeupler les campagnes pour concentrer tous les ouvriers dans une seule ville ; M. Lanquetin, député de la Seine,* le réfuta par les plus poétiques considérations de patriotisme et d'honneur national. La majorité n'aimait pas beaucoup Paris; mais M. Roulleaux-Dugage, rapporteur, pai*vint par un ingé^ nieux artifice à faire accepter le boulevard de Sébastopol et la rue des Écoles comme des routes impériales, à la création desquelles l'État était obligé de participer.
M. Alfred Leroux, ancien agent de change, paraissait préposé par la Chambre à Texamen des budgets. Celui de 1858 fut soumis encore à ses investigations. Son rapport, souriant d'un bout à laulre, insinuait cependant que a Texcédant final était obtenu par des éléments de recettes transitoires qu'il serait peut-être difficile de continuer dans les exercices prochains. » En efifet, on ne pouvait pas considérer comme des recettes permanentes la réserve de l'amortissement encore suspendu pour 1858 et le montant des impôts créés pendant la guerre et dont te gouvernement demandait le maintien pour une année encore. Le Corps législatif voulait entraver la spéculation sur les valeurs de bourse ; le gouvernement admit donc dans le projet de budget un droit de transmission des titres et valeurs des sociétés ou entreprises industrielles quelconques. Le produit de ce droit était estimé à 11 millions. MM. de Beau verger et Leroy de Beaulieu demandèrent en oulre l'allégement des charges de la propriété foncière. « Je suis surchargée d'impôts, dit la propriété foncière, dégrevez-moi. » La propriété immobilière répondit ; «Je le suis aussi, si vous me grevez encore, vous frappez l'esprit d'association et d'entreprise, la vraie force du monde moderne. » Un orateur, oubliant rengagement pris par l'État envers ses prêteurs, soutint que la rente devait être imposée. L'impôt était voté en principe, mais le Corps législatif voulait simplement affirmer ses tendances en matière d'impôt et rassurer la fortune immobilière. MM. Gouin, de Belleyme, Alfred Leroux, André, du Mirai, Lequien, Chasseloup-Laubat s'y employèrent de leur mieux, et prouvèrent que le Corps législatif, gardien de toutes les propriétés, n'entendait pas sacrifier
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Tuoe à Tautre. Après cotte discussion académique, chaque député, pour ainsi dire, parla en laveur de ses pauvres : H. Paul Dupont pour les employés dont les ap« pointements n'étaient pas k la hauteur du prix des denrées; BIM. de Cbampagny, I^roydeBeaulieu, de Pire, Dalioz, pour les employés des préfectures et sous-préfectures; le colonel Reguis pour les officiers en retraite décorés : 138 députés se joignirent à lui, et réclamèrent pour ces officiers le traitement que le décret du 22 janvier attribue aux divers grades de la Légion d'honneur. La propriété foncière et la propriété immobilière firent valoir leurs prétentions à-Toccasion de Timpôt sur la rente.
Le Corps législatif vota la loi sur les marques de fabrique, sur le défrichement des landes de Gascogne, et la fusion du chemin de Lyon avec celui de la Méditerranée. Une charge assez lourde fut imposée à cette compagnie : MM: de Pourtalès et de Seraincourt, propriétaires des mines d'Aubin, avaient chargé deux ingénieurs d'étudier un projet de chemin de fer de Clermont à Moutauban passant parleurs mines. MM. de Pourtalès et de Seraincourt, gens en grand crédit, mirent à la disposition de leurs ingénieurs les cartes des ponts et chaussées de l'état-major, et même les dessinateurs de ce cc^rps. M. de Pourtalès, ces études terminées, forma une société en vue d'obtenir la concession de ce chemin qui donnait un débouché sur ses mines. Le gouv'ernement ayant refusé les subventions et les garanties d'intérêt qu'il demandait, M. de Seraincourt et son associé eurent l'idée de construire âOO kilomètres de chemins sans subvention et sans garantie, à condition que le gouvernement accorderait en
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ciuq ans 600 autres kiloinètt*es dout il solderait les terrains, les terrassements et les travaux d'art. M. de Moroy se chargea de faire réussir la demande; il forma une compagnie angio française, en se réservant le droit d'ea nommer les administrateurs. Telle fut Torigine du Grand- Central dont les actions firent à la Bourse une prime de 70 à 80 francs» avant qu'on eût donné un seul coup de pioche aux travaux. Ce chemin, après bien des vicissitudes, était tombé en déconfiture, et pour l'honneur des compagnies il fallait à tout prix le sauver. Les chemins d'Orléans et de Lyon y étaient directement intéressés; ik prirent les sections du Grand-Central et se les partagèrent contre indemnité au propriétaire qu'ils liquidaient. Les grands industriels de Tépoque Cessèrent d'être choqués par la vue de ce misérable chemin ruiné ; le Grand- Central fut absorbé, malgré les eflbrts de M. Anatole Lemercier qui s'effrayait de voir diminuer le nombre das compagnies et augmenter les grands monopoles. Le gouvernement traitait à cette époque une grave affaire aux États-Unis : l'Empire et le célèbre industriel Bamum se trouvaient en concurrence pour l'achat dô la maison où mourut Napoléon. L'Empire se Taisait fort d'évincer son concurrent avec la somme de 80 000 francs : « L'bax> bitation de Longwood a été appropriée aux conven nances d'une exploitation agricole. La maison que » Napoléon habitait a été convertie en un bAtimelit de » ferme ; une grange se renoontro sous les voûtes oh il » dictait sa pensée ; la chambre où il a rendu le dernier » soupir est aujourd'hui une étable. Son tombeau a éga-* » lemeut subi de déplorables transformations ; le terrain » appartient à un particulier^ et la spéculation américaine