LISTE DU COMITÉ
pourrait mettre Vavin à la 8', dans les mêmes conditions que Labouiaye à k V\ et que Jean Reynaud ou Bastide serait alors placé à la 7«. On était toujours sûr d'avoir un candidat, parce que Jean Reynaud s'était purement et simplement mis à la disposftion du comité sans tenir à une circonscription plutôt qu'à une autre.
L'intérêt se portait principalement sur la 10* circonscription : elle était mauvaise, mais on les croyait toutes mauvaises alors, excepté celles de MM. Carnot, Gondchaux et Cavaignac. M. Havin déclara qu'il lui paraissait de bonne politique de porter dans la 10* M. Emile Ollivier, flls d'un proscrit et jeune homme d'un grand avenir ; un autre membre, en approuvant cette pensée, mit en avant le nom de François- Victor Hugo. Une longue discussion s'engagea sur les deux candidats. M. Havin ne dit que ces quelques mots en faveur de M. Emile Ollivier : «Jeune homme de talent. » On parla des pères des candidats, deux exilés! La majorité convenait qu'OUivier avait une certaine valeur politique ; quelques membres, M. Bastide entre autres, ne dissimulaient pas leur déQance contre lui. Le principal argument en faveur de F. V. Hugo était rimûiense notoriété de son père. M. Guinard et M. Hérold soutinrent chaleureusement la candidature Ollivier. Cavaignac partit avant le vote sans exprimer d'opinion, les journalistes s'abstinrent. M. Ollivier obtint onze voix et F. V. Hugo dix. M. Hérold inscrivit aussitôt le nom de M. Emile Ollivier sur la liste du comité comme candidat dans la 10* circonscription.
I^ membres de la réunion se séparèrent tard, persuadés que là liste serait publiée par le Siècle et par la Presse^ soit le lendemain, soit le surlendemain, selon le
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moment où Ton serait fixé sur l'attitude des Débals. Mais rintenliou de M. Emile OUivier n'élait Dullement
de faire une campagne inutile, et comme une espèce de stage électoral ; il ne se contentait pas d'un succès moral, d'une belle minorité de consolation, il voulait la majorité. Il lui Fallait une circonscription où la victoire fût à peu près certaine. M. Havin, de son côté, éprouvait sans ' aucun doute un certain regret d'avoir vu échouer la combinaison dont il avait parlé à M. Garnier-Pagès ; mais la question personnelle n'était pas la seule à exercer de rinfluence sur son esprit. Une question d'un intérêt plus élevé le préoccupait : il savait que M. Garnier-Pagès était pour la prestation du serment. Or, M. Carnot élu et M. Goudchaux écarté, M. Carnot aurait probablement adopté la ligne de conduite de M. Garnier-Pa^ès dans cette grave circonstance. Le général Cavaignac serait donc resté seul et libre, grâce à sa position spéciale, de prendre une détermination différente. Il s'agissait donc pour le directeur politique du Siècle d'introduire au Corps législatif des députés radicaux.
Le 11 juin, parut dans le Siècle et dans la Presse une liste entièrement différente de celle du comité. M. Havin se désistait définitivement et présentait M. Bethmont à sa place; M. Ollivier était indiqué pour la à* au lieu de M. Garnier-Pagès, et M. Darimon remplaçait M. Bastide dans la 7^ Voici quelle était la liste complète des candidats ;
!'• circonscription, Laboulaye; 2% Bethmont; 3", Cavaignac; 4% E. Ollivier; 5% Carnot; 6% Goudchaux; 7% Darimon; 8% Va vin; 9% Ferd. de Lasteyrie; 10% Reynau.