CHAPITRE IX
SoKMÀiRE. — Attitude du gouvernemeut après l'attentat d'Orsini. — Suppres* Mm de la Bfevue de Paris et du Spectateur, — Création des grands commandements. — L'Impératrice est désignée régente. — Formation du conseil privé. — Adresses des colonels. — Menaces contre T Angleterre. — Motion de M. Miloer-Gibson au parlement anglais. — Démission de lord Palmerston.
— Discussion de la loi de sûreté générale au Corps législatif. — Le général Espinssse ministre de l'intérieur et de la sûreté générale. — Les transportalions de 1858. — Élections partielles à Paris : MM. Jules Favre^ Ernest Picard et Perrot sont élus. — Suite de la session du Corps législatif. — La loi sur l'exonération militaire. — Le budget. — Loi sur la noblesse. — Loi sur les grands travaux de Paris. — Fin de la session. — Renouvellement • des conseils généraux. — Circulaire sur les étaBlissements de bienfaisance.
— Elle cause la cbnte d'Espinasse. — M. Delangle le remplace. — Le prince Napoléon ministre de l'Algérie et des colonies. — Voyage à Cherbourg. — Prôeés de M. de Montalembert. — Mort de la duchesse d'Orléans.
Les premiers coups du gouvenieineDt après T attentat portèrent sur la presse. Le Spectateur (ancienne Assemblée nationale) et la Revue de Paris ^ qui avait pour gérants MM. Laurent Picbat et Maxime Ducamp, furent supprimés : l'un a pour n'avoir cessé de faire aux institutions de l'Empire une guerre sourde mais constante, déguisée sous les formes les plus adroites lo; l'autre, « pour s'être fait le centre d'une sorte d'agitation par correspondances, dont le gouvernement venait de trouver la trace dans plusieurs départements » . La terreur planait sur tous les journaux : il était question d'imposer le serment à leurs gérants, comme aux préfets et aux procureurs généraux; de spécifier les sujets livrés à l'appréciation des journalistes, enfin de ne plus tolérer qu'un seul journal, le
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Moniteur. Tous les journaux avaient témoigné spontanément leur indignation contre l'attentat d'Orsini. M. Granier de Cassagnac dénonça dans le Constitutionnel les hommes de parti qui gardaient le silence. Ces hommes de parti n'étaient pas tous, à ce qu'il paraît, dans la presse, car les feuilles officielles menaçaient l'Institut d'une dissolution par décret.
Le territoire militaire de l'Empire fut divisé en cinq grands commandements conBés à des maréchaux de France, et ayant leurs sièges à Paris, Nancy, Lyon, Toulouse et Tours.
Le gouvernement s'occupa ensuite de réorganiser la régence. Si l'Empereur eût été tué le 14 janvier, à quelles mains le pouvoir eût-il été confié? Le sénatusconsulte du 17 juillet 1856 ne conférait la régence à l'Impératrice, ou, à son défaut, aux princes français, qye si l'Empereur n'en avait autrement disposé par acte public ou secret. L'Empereur dissipa l'incertitude que cet article laissait planer sur la régence en la conférant expressément, par lettres patentes du 1* février 1858, à Tlnapé ratrice et, à défaut de l'Impératrice, aux princes français suivant l'ordre de l'hérédité de la couronne. Un décret impérial de la même date constitua un conseil privé qni^ avec l'adjonction des deux princes français les plus proches par ordre de l'hérédité, deviendrait conseil de régence par le seul fait de Tavénement de l'Empereur mineur, si, à ce moment, l'Empereur n'en avait pas institue un autre par acte public* L'archevêque de Paris M. Morlot, le maréchal Pélissier, le président du sénat Troplong, MM. Fould, Baroche, de Morny, de Persigny, furenl nommés membres du conseil privé. Le prince Jéhyme