‹ Histoire du second empireChapitre 85 sur 176 · NOMS DES DÉPUTÉS AYANT VOTÉ U LOI · texte numérisé non relu

NOMS DES DÉPUTÉS AYANT VOTÉ U LOI

colonel Nornand, Noualhier, Noubel. — Le comte d'Ornano (Rodolphe). — Le féoéral Parcbappe^ Pérouse, de Perpessac, le général baron Pétiet, le marquis de Pire, le vicomte de Pimey, le baron Portalis (Jules). — Quesné. — Rambourg de Commentry, Randoing, le baron de Ravinel, le colonel Réguis, le baron RetUe (GnstaTe), le baron de Reinach^ Renée (Àmédée), ReTeil, Rîché^ le baron de Richemont (Paul)^ Rigaud, le comte de Rochemure, de Romeof, Boquea-SalTaia, RouUeaux-Dugage. — Le marquis de Sainte-Croix, le marquis de Sainte-Hermine, de Saint^Germain (Manche), de Saint- Paul, Saliandrouie de Laœomaiz, Schneider, le comte de Ségur, Seydoux, Simon (Joseph). — Tailkkr, le duc de Tarente, le comte Tascher de la Pagerie (Charles), le comte de Taoriacy Tesniére, le colonel. Thiérion, Thoinnet,le baron Tillettede Glermont, le marquis de Torcy, le baron Travot, le comte de Tromelin, le comte de Touloogeoo. — Le général baron Yast-Yimeux, Yautier(Abel), le baron de Yeauce^ le marquis de Yerdos, Yernier, Yéron, le baron Yiard, de Yoise — >Wattebled.

Ont voté contre :

MM. Ancel, le marquis d'Àndelarre, Rrame, Curé, Darimon, le comte de Fhtigny, Gareau, Gouin, Halligon, Hénon, Javal (Léopold), le baron de Jou- Teoed, le comte Henri de Kersaint, Kœnigswarter, Legrand, le vicomte Lemercier (Anatole), le baron Lespérut, le marquis de Môrtemart, OlUvier, Otimrd (Jules), le comte de Pierres, Plichon, le vicomte de Rambourgt, le marquis de Talbouêt.

Les chiffres annoncés en séance avaient été de :

Nombre des votans 251

Magorité absolue • . 126

Pour L'adoption 227

Contre 24

Maie après vérification, il a été trouvé de doubles bulletins blancs aux noms de MM. Brohier de Littinière, de Corneille, Doûmet, Lefébure, Horin, Nouaihier, le général baron Pétiet, le baron Portalis, le colonel Réguis, le général GeQîbert des Séguins.

Une majorité si considérable avait de quoi surprendre ceux qui connaissaient les répugnances manifestées par beaucoup de députés contre cette loi, et leur intention de ne pas y attacher leur nom . Un signe du maître avait suffit pour briser leur résistance. Comment ne lui au-^ raient-ils pas obéi, eux qui n'étaient que ses créatures, ses serviteurs obéissants et tremblants, j usqu'à ne pas oser, sous Tœil du président de la chambre adresser la parole à un des trois députés républicains !

M. BiUauIt, ministre de Tintérieur, voulut, après l'at*

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tentât du 1& janvier, réorganiser la police et la concentrer dans ses mains ; l'Empereur n'ayant pas goûté ses Yues, il donna sa démission le 6 février. M. Piétri quitta également la préfecture de police. Quel serait le successeur de M. Billault? M. Rouland, membre de TinstructioD publique, M* Laity, un des conspirateurs de Strasboui^, ou M. de Royer, ministre de la justice? Pendant que les nouvellistes discutaient les chances de ces trois candidats, et parlaient comme d'une chose certaine du rétablissement du ministère de la police confié au général Niel, TEmpereur avisa le général Espinasse dans le salon des aides de camp de service aux Tuileries.

Espinasse était un homme de quarante ans environ, né dans le Midi, d'une physionomie vulgaire et d'une intelligence nulle, sorti avec un assez mauvais numéro de Técole militaire de Sainl-Cyr, lieutenant du 47* de ligne. Quand ce régiment fut appelé d'Algérie en France, il obtint de passer dans la légion étrangère, ce qui lui permit de rester en Afrique, où les occasions d'avancer se présentent fréquemment. La légion étrangère fit dans l'Àurés une expédition commandée par le duc d'Aumale^ Le capitaine Espinasse, placé au combat de Mediounez à la tète d'une compagnie de l'extrême arrière-garde^ attaqué par les Kabyles^ blessé de trois coups de feu^ allait périr abandonné par ses soldats, lorsque le duc d'Àuuiale courut à son secours et le sauva du yatagan déjà levé sur lui. Le duc d'Aumale s'attacha désormais au capitaine Espinasse en raison du service qu'il lui avait rendu, et le capitaine Espinasse sut exploiter ce sentiment naturel aux âmes généreuses. Militaire brave mais ignorant; incapable de s'intéresser

E$PINàSSë MINISTRS de L'INTÉRIEUR. 383

aux questions politiques, économiques, ethnographiques et sociales isoulevées par la colonisation , ne connaissant ni les besoins, ni les mœurs, ni la langue des Arabes, il serait resté longtemps capitaine sans le duc d'Âumale ; il fut nommé, grâce à son protecteur, chef de bataillon aux zouaves en 18&5. Le prince ayant quitté la France après la révolution de Février, le commandant Espiuasse chercha un appui auprès du général Cavaignac qu'il poursuivit de ses sollicitations, et ensuite auprès du président Louis Bonaparte qui le nomma lieutenant-colonel. Espinasse commanda vaillamment une colonne au siège de Rome, et revint en Afrique, où M. Fleu]7, chaîné de recruter des complices au coup d'État, entra en relations avec lui. L'expédition de Kabylie s'organisait à cette époque dans l'intention de fournir à quelques officiers dévoués à la fortune du président Bonaparte Toccasion de foire parler d'eux, et au président de la République Bonaparte le prétexte de les élever dans la hiérarchie. Le lieutenant-colonel Espinasse fit partie de cette expédition ; la campagne terminée, il fut nommé colonel du tô* régiment de ligne dans la promotion où figuraient Saint-Arnaud comme général de division et Marulaz comme général de brigade. M* Fleury n'avait trouvé dans tout le corps expéditionnaire que ces trois officiers pour signer le pacte avec le futur dictateur. Ils furent tous les trois pourvus de commandements à PariSé

Le &2' régiment tenait garnison à Boulogne, à Saint- Orner et dans quelques places du département du Pasde^lais à Tépoque de réchaufPourée du prince Napoléon à Boulogue* Le colonel Husson', commandant le â2% passait pour secrètement favorable à la conspiration ; le lieu-

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leDent Aladenize, qui en faisail partie, servait daos ce régiment; d'autres officiers n'attendaient que le succès pour se prononcer. C'est à la tète du &2* qu'Ëspinasse occupa le siège de l'Assemblée nationale, exploit qui lai valut la place d'aide de camp du prince à 30 000 fraucs d'appointements par an, et le grade de général de brigade, malgré la loi sur Tavancement qui exige deux années du grade inférieur en temps de paix et une année en temps de guerre. Espinasse était colonel depuis sept mois à peine. Le même homme, quinze jours avant le coup d'État, écrivait au duc d'Âumale une lettre dans laquelle Louis Bonaparte était traité d'aventurier.

Espinasse, nommé après le coup d'État l'un des trois commissaires chargés par Louis Bonaparte de réviser les dossiers des citoyens condamnés par les commissions mixtes, prononça deux ou trois cents commutations de peine sur quinze mille ; le rapport d'Espinasse, rédigé par Granier de Cassagnac, injurieux et violent contre les victimes, froissa le sentiment public même au milieu de la prostration matérielle et morale dans laquelle la France se trouvait plongée. Espinasse, envoyé ensuite en Algérie avec la mission de provoquer des demandes en grâce de la part des quinze mille transportés entassés dans des cabanons malsains, s'y montra vindicatif et cruel, saus obtenir des républicains autre chose que le mépris de ses promesses et de ses menaces. C'est à cet homme vulgaire, à ce soldat brutal, que l'Empereur eut l'idée de remettre l'administration intérieure de TEmpire, et la vie et la fortune des trente-six millions de Français auxquels s'appUquait la loi dé sûreté générale.

L'Empereur lui demanda- s'il accepterait le ministère

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