LES TRAVAUX DE PARIS
tion de l'État aux travaux du boulevard de Sébastopol. Cétait le commencement. Le préfet de la Seine et le ministre de l'intérieur conclurent un traité par lequel la ville s'engageait à ouvrir, dans le délai de dix ans, vingt grandes voies dont les frais évalués à 180 millions devaient être payés en partie par l'Ëtat. Sa part fixée à un tiers s'élevait à 60 millions»
La lutte fut très-vive entre le Conseil d'État et la commission , qui voulait réduire la subvention de l'État de 60 à 50 millions. Deux orateurs, également dévoués à l'Empire, M. Nogent-Saint-Laurens et M. Clary, ouvrirent la discussbn par deux discours tout à fait opposés. M. Nogent- Saint-Laurens voyait dans l'exécution d'un projet « por- > tant l'empreinte de la grandeur nationale, du pain assuré » pour dix ans à la population ouvrière, et l'émeute suppri- » mée par la destruction des vieux quartiers ». M. Clary soutint au contraire que la Bastille avait été prise par les ouvriers accumulés à Paris pour la construction du mur d'enceinte, et qu'il fallait redouter les effets d'une agglomération analogue, sans compter ceux de l'augmentation des loyers* M. Rçuleaux-Dugage , grand défenseur du projet, rétorqua les arguments de M. Clary et s'aventura jusqu'à prédire la prochaine diminution des loyers. M. de Kerveguen et M. Leclerc d'Osmonville s'élevèrent contre la part que Paris absorbe dans la répartition des ressources générales du pays. Quoi! s'écria M. Barocbe, de 1831 à 1858» les départements n'ont-ils pas reçu 1 milliard 713 millions? On aurait pu lui répondre que cette somme comprenait les routes et les chemins de fer, mais le Corps législatif était pressé de voter des travaux a destinés à assurer la tranquillité du pays » . Cependant quarante-
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cinq voix, chiffre énorme pour Tépoque, protestèrent contre la subvention de 60 millions. Le Corps législatif vota ensuite un crédit supplémentaire de 300 000 francs, destiné à compléter le traitement des instituteurs primaires. On leur faisait attendre leur traitement quelquefois cinq et même six mois. Un autre crédit de 500000 francs fut ouvert pour Tachât de la collection ornithologique du prince Charles Bonaparte, et les députés se séparèrent aux crix de : Vive l'Empereur 1
Les élections pour le renouvellement de la deuxième série des conseils généraux avaient été fixées au 12 et au iâ juin ; le gouvernement nomma les conseillers généraui xx)mme il avait nommé les députés. Le général Espinasse n'avait plus qu'à recueillir le fruit de son succès ; malheureusement il s'était laissé aller à signer une circulaire pour vccommander aux établissements de bienfaisance la conversion en rentes sur l'Ëtat do leurs biens immobiliers. Ces propriétés, d'une valeur de 500 millions de francs environ, ne produisaient en moyenne qu'un revenu de 21/2 pour 100. Les administrations charitables, chargées de diriger les biens des hospices, s'en contentaient. Elles furent très-émues de la perspective de changer les biens fonds des hospices en rentes sur^ TÉtat dont la valeur était si susceptible de changement. Les membres des commissions envoyèrent en grand nombre leur déokission ; le clergé, intéressé à ce que rien ne fût changé dans l'administration financière des établissements de bienfaisance, se plaignit vivement. Le gouvernement comprit qu'il avait fait une faute. Le général Espinasse reçut Tordre de reprendre sa place aux Tuileries sur le banc des aides de camp de service, et M. Delaogle, pre-
ESPINASSE (tl31TTB LE MmiSTtRE. â07
mier président de la Cour d'appel, devint ministre de rintérieur quelques jours avant \e ik juin.
Un décret créa le ministère de l'Algérie et des colonies, qui fut confié au prince Napoléon. C'était la réali<« sation d*une idée du règne de Louis-Philippe que la nomination du duc d'Âumale comme gouverneur général fit abandonner.
La retraite du général Ëspinasse avait été vue avec me grande satisfaction par l'opinion publique et par les journaux.
Le Siècle^ frappé de plusieurs avertissements, tremblait d avoir le même sort que le Spectateur et la Revue de Paru; il savait que le parti clérical ne se lassait pas de demander sa suppression. Ce parti, vivement soutenu par l'Impératrice, allait-il cette fois l'emporter? Le con-' seil de surveillance de la Société des actionnaires da Siècle avait de graves raisons de le craindre. L'existence de plus de mille personnes dépendait du Siècle; la propriété de ce journal représentait une somme considérable ré* partie entre un très-grand nombre d'actionnaires, presque tous petits bourgeois, marchands et artisans. Les mem*^ bres du conseil de surveillance se demandèrent si leur devoir n'était pas de faire tous les efforts compatibles avec la dignité et l'honneur pour sauver leur propriété, et ils chargèrent M. Havin de proposer au gouvernement un arrangement en vertu duquel la rédaction et le conseil de surveillance du Siècle se retireraient, à la condition que la menace de suppression ne fût suivie d'aucun dfet.
M. Havin, jugeant qu'il valait mieux, dans un cas pareil, s'adresser à l'Empereur qu'à son ministre, écrivit
au grand chambellan une lettre pour solliciter une audience. La réponse du grand chambellan ne se fit pas attendre. M. Havin était invité à se rendre tout de suite aux TuilerieSi
M. Havin avait siégé sur le même banc que le représentant Louis Bonaparte à TÀssemblée constituante. M. Yiellard, son alter ego dans l'administration du dépar* tement de la Manche, était l'ami du prétendant ; des relations s'établirent par son intermédiaire entre le futur président de la République et le vice-président de TÂssemblée nationale. L'Empereur et M. Havin étaient donc d'anciennes connaissances. Le directeur politique du Siècle^ en se retrouvant deva.nt son ancien collègue, lui exposa la situation périlleuse dans laquelle ce journal se trouvait placé. Il ajouta qu'il ne pouvait pas croire que l'intention de l'Empereur fût de supprimer purement et simplement une propriété nécessaire à l'existetice de tant de familles, mais que cependant les ennemis du Siècle^ les cléricaux, annonçaient hautement sa su^ pension prochaine et sa suppression inévitable. L'Empereur, continua M. Havin, doit savoir si ces pi'édictions ont fondées, et si la politique du Siècle constitue un anger pour son gouvernement; ne trouverait-il pas convenable dans ce cas de donner aux administrateurs de ce journal le temps nécessaire pour permettre à la propriété de passer entre les mains d'hommes nouveaux et sans engagement qui leur permit de mieux conformer la polémique du Siècle aux nécessités de la situation ?
. L'Empereur répondit qu'il ne se passait guère, en effet, de jour sans que, d'un côté ou de Tautre, on de lui de-
M. HàVIN aux tuileries. 409
fnaodât la suppression du Siècle, mais que, quant à lui, il n'ayait aucun parti pris contre ce journal. Les deux interlocuteurs, après avoir causé pendant quelques instants, se séparèrent en échangeant une poignée de main* Le Siècle était sauvé pour cette fois, mais le parti clérical, si persistant dans ses haines et si puissamment secondé par rimpératrice» ne prendrait-il pas un jour sa revanche? M. Havin emporta ce doute et cette crainte de son entretien avec l'Empereur ; heureusement l'idée d'une guerre en Italie commençait à germer dans la tète de Napoléon ni; il allait bientôt avoir besoin du Siècle.
Les inquiétudes diminuées à l'intérieur redoublaient sur les questions extérieures. L'alliance anglaise semblait compromise depuis Tinsertion des adresses des colonels au Moniteur. Cette alliance rassurait trop les intérêts industriels et commerciaux pour que le gouvernement ne fit pas tous ses efforts pour la renouer. Le maréchal Pélissier fut nommé, le 23 mars, ambassadeur en Angle;terre. La présence à Londres du vainqueur de Malakoff, rappelant les souvenirs d'une guerre glorieusement terminée par les armées des deux pays, pouvait contribuer à leur rapprochement; le maréchal Pélissier, assez froidement accueilli à son début, lui-même en con*^
vient (1), vit la froideur générale cesser quand le Moniteur
eut déclaré que la France ne préparait pas d'armement extraordinaire ; l'Empereur invita la reine d'Angleterre à rinauguration des travaux du port de Cherbourg. Napoléon Uly en faisant tomber les voiles qui couvraient la 8tatue de Napoléon P', prononça un discours des plus
(1) Premièm dépèche du maréchal : « Reçu à Loadres avec respect mais ftans enthousiasme, i
410 l'iMPlltE.
pacifiques ; les gens d affaires respirèrent, les fonds montèrent à la Bourse de Paris,
L'Empire, après le iU janvier, s'était retrempé à sa source, la violence. Âllait*il détendre ses ressorts et tenter de se raffermir par la douceur? Le procès intenté à H. de Montalembert répondit à cette question .
M. de Montalembert avait publié, dans le Correspondant du ^25 octobre 1858, un article intitulé : Dn débat sur f Inde au Parlement anglais. Cet article, d'une centaine de pages, était une sorte de réponse aux journaux catholiques qui avaient pris parti pour les fanatiques In« diensà Tépoque de la révolte des Gipayes, en même temps qu'un parallèle entre le gouvernement libre de rAngleterre et le gouvernement de la France. Le parquet aussitôt prit feu et releva dans cet article les délits d'excitation à la haine et au mépris des citoyens entre eux, d'attaque au respect dû aux lois, d'attaque aux droits et à rautorité que l'Empereur tient de la Constitution et du suffrage universel, d'excitation à la haine et au mépris du gou* vernement.
M. de Montalembert et M. Douniol, gérant du Corres" pondant, furent cités à comparaître, le 17 novembre 1858, devant la sixième chambre du tribunal de première in* stance de la Seine, jugeant en police correctionnelle. M"" Berryer, défenseur de M* de Montalembert, demanda et obtint la remise de Tafiaire à huitaine, c'estrànlire au 2/t novembre.
Dès le matin, des groupes stationnent aux abords du Palais de justice; plusieurs escouades de sergents de ville les surveillent. La salle d'audience est bientôt envahie par les privilégiés, porteurs de cartes, par les
PROCÈS DE M. M MONTÀLEMBERT. 4ii
magistrats et les avocats ; MM. Villemaio, le duo de BrogUe, Odilon Barrot, lord Howdea, M. et M*"' Bocher, M"* de MoDtalembert, un grand nombre d'anciens députés et de notabilités administratives assistent aux débats,
MM. de Montalembert et Douniol sont assis à côté de leurs avocats. M' Berryer et M*' Dufaure.
Le siège du ministère public est occupé par M. le procureur impérial Cordoën, assisté de M. le substitut Ducreux. L'audience s'ouvre à midi.
M. le président Berlbelin , s' adressant à l'auditoire i « Je préviens les assistants que toute marque d'approba* » tion ou d'iraprobation est sévèrement interdite, qu'elle 9 serait réprimée immédiatementi et que nous saurions, » pour cela, faire usage de la force dont nous disposons. » Le président, s'adressant ensuite à M. Douniol, rappelle les divers chefs de la prévention ; le prévenu déclare qu'il n'a lu l'article qu'après sa publication, et qu'il s'en rapporte à ce que diront ses défenseurs.
L'interrogatoire de M. de Montalembert commence ainsi :
a n. Comte de Montalembert^ quel est votre prénom?
9 £. Charles.
» D, Votre profession?
» JL Ancien pair de France, membre de T Académie française, i
M* le président rappelle à M. de Montalembert qu'il est poursuivi pour avoir contrevenu aux lois des 11 août 18/i8 et 17 juillet 18/i9 sur la presse. M. de Montalembert répond qu'il o'a jamais eu l'intention d'attaquer des lois par lui votées, et qu'en écrivant son article il s'est borné à constater des faits^ sans aucune arrière*pensée d'injure ou de dénigrement. M. le président lui fait observer qu'il
ili L'EBIPIllE.
est précisément poursuivi pour avoir coDstaté de prétendus faits, et qu'il aggraverait sa situation en renouvelant publiquement à Taudience le délit qui lui est reproché. M. de Montalembert ajoute qu'il ne peut pas mentir à sa conscience en niant, par exemple, que la France ne soit pas aussi libre que le Ganada« Le président reprend son interrogatoire :
a n. Vous avez, dans un des passages incriminés, divisé la société française en deux camps : l*élite des ?ionnêtes gens dans laquelle tous yous rangez, et les lâches^ c'est-i-dire, suivant vous, les huit millions de Français qui ne partagent pas votre manière de voir?
D H. Il a toujours été permis de dire qu'il y a dans le monde des honnêtes gens et des Iftches, je n'ai désigné personne individuellement
n n. Vous connaissez mieux que personne la valeur des mots, et si, dans un salon, vous divisiez ceux qui s*y trouvent en lâches et honnêtes gens, croyez-vous que ceux que vous désigneriez comme des lâches ne se trouveraient pas outragés?
B A. Si je disais quMl y a de par le monde des lâches et que quel* qu*un me répondît : Vous parlez de moi ; je lui dirais : J*en suis fâché pour vous, mais vous vous désignez vous-même.
» D. Au début de votre article, vous nous comparez à ces soldats vaincus dont parle Horace : Suave mari magno twrbantibus œquora vmtis >
M. Yillemain, en entendant attribuer à Horate un passage de Lucrèce, ne put retenir une exclamation. « Sergents de ville, s'écria le président, veillez, etexpuln sez la personne qui troublerait l'audience. 3»
M. Cordoën, procureur impérial, bon administrateur de parquet, orateur nul, traita l'article du Correspondant d'œuvre « impie et antifrançaise ». Il fit ensuite la leçon au prévenu. «Ce qui vous porte, monsieur, à attaquer » la dynastie, c'est Toi^ueil, ce sentiment qui fait que les » hommes qui s'éloignent du pouvoir deviennent les » ennemis de r autorité; ce que vous auriez dû emprunter » à l'Angleterre, c'est son respect pour la loi et pour l'au-'
l>UlDOlRIfi DE M» BERKYEn. 113
» torité. Vous vous prétendez privé de liberté en France,
> vous vous trouvez enchaîné, bâillonné par les lois : eh
> bien ! je vous dirai, moi, que la France ne craint pas la
> comparaison avec TAngleterre : elle a la liberté de la
> presse^ la liberté d'enseignement, la liberté de con- » science, Tégali té civile, Tinamovibilité de la magistra -
> ture, un corps électif nommé par le suffrage universel,
> et quoi que vous en disiez, j'affirme que je vis sous un » gouvernement libre. » M. Gordoën, après cette solennelle affirmation de la liberté française, et comme pour mieux la constater, invoqua l'enthousiasme spontané des populations sur le passage de l'Empereur, a Ce spectacle, ajouta-t-il, en s'adressant une dernière fois à M. de Mon-* talembert, est un spectacle plus grand que celui des meetings anglais. » M. de Montalembert et son défenseur, M* Berryer, méritaient un adversaire plus éloquent.
M* Berryer répondit au réquisitoire :
« D*abord, peuUon £iire an reproche à M. de Montalembert d'avoir rappelé qu'en France, le journaliste, Técrivain, l'éditeur lui-même ne doit jamais se départir de la scUtUaire terreur â^un avertissement.
n En Térité, messieurs, je me demande comment il y aurait là un délit; Vavertissement est légale l'administration peut dire à chaque instant à l'éerif ain : je vous avertis une fois, deux fois^ et faites-y bien attention, à la troisième fois je vous supprime^ j*anéanlis votre journal, la pensée même de votre propriété ne m'arrêtera pas; c'est donc un avertissement salutaire que celui qui peut prévenir une pareille suppres-^ sion, et le mot salutaire est juste.
» Mais pour qui sait les choses, et ici il faut dire toute ma pensée, car dans un débat judiciaire on ne peut parler à demi-mots et à voix basse comme on le ferait dans la chambre d'un malade : — Le bâillon offidel, c'est autre chose que l'avertissement légal; il n'y a pas un journal «qui n'ait reçu, à certain jour, la visite d'un monsieur en habit noir» ayant quelquefois Tapparence d'un homme respectable, et qui, envoyé par ordre officiel, vient» sous forme d'invitation^ dire au gérant ou à l'éditeur : dans tel procès vous ne parlerez pas de ceci, dans telle discussion vous ne répondrez pas à telle attaque; vous voudrez bien ne
pas reproduire telle pièce Il y a même des fêtes dont on avertit de
ne pas parler.»
ait L'EHPIRE.
M. le président interrompt l'orateur :
c M* Berryer, vous parliez tout à Theure de la chambre d'un malade, vous Yous trompiez ; mais, maintenant, vous vous croyez à la tribuDC, vous vous êtes défendu de la pensée d'attaquer les lois, et c'est précisément ce que vous alliez faire.
» M* Berryer : C'est précisément ce que je n'allais pas faire {rirei prolongés) y car le bâillon officiel qui intervient pour empêcher le journalisme de s'aventurer sur un terrain périlleux, ce n'est pas l'avertisse' ment légale c'est Tavertissement administratif, avertissement qui, loi aussi, quoique illégal, doit inspirer de salutaires craintes. Et cet avertissement, on peut bien, sans crainte d'être accusé d'attaquer les lois, l'appeler bàiUoii. Ce n'est pas là l'attaque à une loi», c'est au plus la censure de certains actes de l'administration, censure qui, aux termes mêmes des lois que vous invoquez, est expressément autorisée. >
. M* Berryer termina sa plaidoirie par cette péroraison:
c M. de Montalembert a obéi à une double inspiration : il a voulu exprimer son regret des libertés perdues et protester énergiquemest contre les écrivains soi-disant religieux, soi-disant catholiques, qui, méconnaissant tous les principes de la religion , de l'humanité et de l'honneur, ne craignaient pas d'insulter l'Angleterre et d'applaudir aux massacres de Delhi et de Cawnpore.
» En glorifiant l'Angleterre, M. de Montalembert n'a commfs aucun délit, on le reconnatt ; et quant au conlraste mis em relief par l'écrit incriminé entre les institutions des deux pays, M. de Montalembert ne Ta pas cherché, il l'a trouvé. Dire que ce contraste doit cesser, le désirer, l'espérer, ce n'est pas insulter la France, c'est l'honorer.
> Quant aux lois que vous invoquez, elles ont été faites pour déleadre les institutions que M. de Montalembert défend et regrette; vous ne voudrez donc pas les lui appliquer, et vous ne le pouvez pas, car ea matière pénale on ne procède pas par analogie.
)) Ah! messieurs, ne nous faites pas un crime de nos légitimes re« grets. Nous vieillissons, notis n'avons plus qu'une chaleur qui s'éteint, laissez-nous mourir tranquilles et fidèles ! Nous sommes assez malheureux de voir notre cause, noire sainte et glorieuse cause, trahie, vaincue, reniée, insultée; laissez-nous croire que nous pouvons lui garder, au fond de nos cœurs, un inviolable attachement, laissez-nous le penser, laissez-nous le dire 1 Laissez-nous garder et rappeler le souvenir de ces grands combats de la parole qui nous ont fait connaître, qui nous oat fait aimer les généreuses institutions que nous avons défendues, qtie nous défendrons toujours, et auxquelles nous serons fidèles jusqu'à notre dernière heure» »