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sista ; alors un des ecclésiastiques, et c'était celui qui était le plus considéré parmi les professeurs, s'avança et dit: “L'objet est à moi—il avait besoin d’être raccommodé—je viens de le descendre, dans l’intention de vous demander la permission de l'envoyer chez l'ouvrier.” Les écoliers se regardèrent en souriant un peu malicieusement, et la contenance du directeur parut embarrassée.
M. DUCHARME
J'ai aussi mon anecdote à raconter quant à la politesse qu'il exigeait des élèves. J'étais alors dans ma première année de collége. Avec deux de mes cama. rades j'avais je ne sais quoi à demander au directeur. La porte de sa chambre était entr'ouverte : nous entrons sans frapper, ni saluer, et exposons ex abrupto notre demande. M. Maguire prend un air de surprise et de mécontentement, et nous dit:—*Qui êtes-vous, d’où venez-vous, qui vous a donné le droit d'entrer dans ma chambre ? ” — Mais, monsieur, nous sommes des écoliers qui venons vous demander une permission. —Vous, des écoliers ? Des écoliers ne sont pas des grossiers : ils frappent à la porte, et saluent le directeur, ils n'agissent pas comme vous avez fait. Si vous êtes des écoliers, faites les choses comme il faut—je verrai ce que j'ai à faire. Nous comprenons la leçon ; nous sortons un peu piteusement. Nous frappons. M. Maguire dit d'une voix forte: Entrez. Nous le saluons de notre mieux. Alors avec un accent affectueux : Bonjour mes enfants; vous -enez me voir, asseyez-vous sur ces sièges. Pardonne:, Monsieur, nous venons vous prier de nous accorder telle permission, —Avec plaisir ; vous faites les choses si poliment que je ne pourrais vous refuser, —Nous !c reinercions en le saluant, et il nous reconduisit jusqu’à la porte.
D'après ces traits, vous trouverez qu'il y avait dans le caractère de M. Maguire une certaine teinte d’originalité : il s'y méêlait quelquefois une finesse un peu malicieuse, Un jour, un bon Curé vit sur sa table un
livre traitant des sciences naturelles. L’ayant ouvert, il vit certains passages qui excitèrent son désir de le lire, et il demanda la permission de l'emporter; ce qui lui fut accordé, Mais, dit M. Maguire, après avoir raconté le fait: Que le diable soit mort, s’il en comprend seulement la préface.
M. VALIN
Je n'ai point connu M. Maguire; mais, entré au collége peu de temps après son départ, j'ai entendu raconter un fait qui montre qu'il avait une manière plaisante et habile de faire les choses. Alors on ne connaissait nile gaz, ni l'huile de pétrole ; on ne s'éclairait même à l'étude qu'avec d’humbles chandelles. Un écolier était chargé de les préparer et de faire de temps à autre le tour des tables pour les moucher, C'était une fonction peu agréable et qui faisait perdre du temps, et l'élève qui la remplissait portait le nom peu honorifique de suiffer. Celui qui l'exerçait depuis un certain temps trouva qu'il avait fait son tour, et qu'il était juste qu'un autre prit sa place. Il demanda au directeur d’être déchargé de ce pénible emploi, Celui-ci accepta sa démission : mais il sentait la difficulté de le remplacer, vü la répugnance des élèves à cet office. Voici comment il se tira d'affaire. A la lecture qui suit le chapelet, il dit : Un de vos confrères, et il le nomma, vous a rendu beaucoup de services dans l'emploi qu'il a rempli : il s'en est acquitté de la manière la plus satisfaisante, il s'est montré digne de la confiance que j'avais reposée en lui. Je le remercie solennellement pour moi et pour vous. Il lui faut un remplaçant. Cette charge demande de la part de celui qui doit l'exercer, beaucoup de propreté, de vigilance, et un grand amour du devoir pour ne pas manquer à la règle du silence en passant si souvent au milieu de ses confrères pendant l'étude : la nomination à cet office est un témoignage d'estime et de confiance : Je trouve que M. ün tel le mérite, et en conséquence je le proclame Surintendant de la lumière, L'élève décoré de ce titre pom-
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chanret de Dur les et qui plissait lui qui l avait prit sa rgé de ission :
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peux et revêtu si solennellement de cette fonction
l’accepta avec fierté, et pour soutenir son honneur l'exerça avec exactitude,
M. RICHARD
M. Maguire aimait à prendre les élèves par le sentiment de l'honneur. Il punissait quelquefois ; il n'infligeait point de peine corporelle, mais rappelait le délinquant au devoir en lui faisant sentir par des termes énergiques ce qu'il y avait dans sa conduite de répréhensible,
M. VALIN
Son âge, sa dignité, lui donnaient une autorité qui lui permettait d’en agir ainsi. Quant aux punitions corporelles, je répéterai un mot célèbre, S'il y a de grands exemples contre, il y a de fortes raisons pour. Dans tous les cas elles ne doivent avoir lieu que rarement, avec mesure, pour des fautes d'une grande gravité, seulement à l'égard d'élèves incorrigibles par d'autres moyens de répression, et avec une expression de la part de celui qui les fait subir indiquant qu'il agit par devoir et dans l'intérêt de l'élève qui les a méritées,
M. RICHARD
La gravité de M. Maguire ne l'empéchait pas de se montrer aimable envers les élèves : il leur parlait avec bienveillance, prenait plaisir à regarder leurs jeux, et quelquefois il les amusait lui-même par certains tours qu’il appelait ses sortiléges. Il passait ses récréations entières au milieu des écoliers malgré le bruit étourdissant, et la poussière qui était étouffante dans la salle si basse du vieux collége. C'était pour lui un devoir ; il le remplissait. Detemps à autre il lisait, ou assis sur un banc il regardait. Un soir, il vit venir près de lui un des plus jeunes élèves qui lui dit : Monsieur, deux autres écoliers et moi nous voudrions jouer aux cartes ; mais il nous faudrait être quatre pour
faire la partie : nous avons demandé à plusieurs qui nous ont refusés : vous ne paraissez pas occupé dans ce moment ; venez donc jouer avec nous autres.—Le directeur accepta, et s’'amusa beaucoup avec ses partenaires,
Quoiqu'il y eut plus de trente ans qu'ileut quitté le séminaire, et que ses fonctions de curé dans une grande paroisse eussent dû être chez lui un obstacle à la vie régulière d’une communauté, cependant on le voyait avec admiration se rendre avec la plus ponctuelle exactitude à tous les exercices. Il apparaissait à son poste au premier coup de cloche ; il souffrait pourtant presque habituellement du rhumatisme, mais il surmontait ses douleurs pour accomplir ses devoirs. Il a été d’ailleurs pour les professeurs et les élèves du collége, un sujet constant d’édification par sa grande piété. Son recueillement dans la prière, et la vivacité de sa foi, qu'il manifestait en toute rencontre, étaient une leçon bien efficace,
M. Maguire faisait le catéchisme de la manière la plus instructive et la plus propre à captiver l’attention : les élèves aimaient à l'entendre, et ils regrettaient qu'il ne vonlût jamais leur faire de sermons proprement dits.
M. DUCHARME
Il faut bien dire qu’il ne voulait non plus confesser personne :etils’en suivait un grave inconvénient ; le vicaire désigné pour la confession ne pouvait pas toujours se rendre à l'heure fixe : quelques uns s’adressaient à M. Girouard, et il fallait alors aller à la sacristie de la paroisse, attendre son tour au milieu des nombreux pénitents du vénérable curé; ce qui faisait perdre beaucoup de temps ; et puis, pour aller du collége à l’église, ou revenir de l’église au collége, il y en avait qui, vu que cela leur est propre, faisaient le tour des écoliers, allant dans le village, s’arrêtant chez un parent ou une connaissance aux dépens de la contrition et du ferme propos.
Un trait frappant dans la conduite de M. Maguire