LIVRE I
rapports infidèleg. Ne MuffireE que yos aMifl ou vos
affrancbis abusent de leur crédit ; contenez les citoyens puisfiaBts pour leur inspirer de la modération ; protégez les faibles pour enconragir km industrie. Réprimez les querelles privées , eelles méfnesqui naissent du zèle pour lo |)iince; car l espril de faction porterait atteinte à la soumission que tous vous doivent également.
» Par ce système de gouvernement , vous gagnerez TalTeciion des citoyens et v ous jouirez avec sécurité de tous les biens de la vie , les dispensant à ceux qui se montreront dignes de les partager avec vous. Acceptez les laveurs de la fortune , si vous ne vouiez pas encourir ses disgrâces. Craignez-vous que le titre de roi ne soit odieux aux Romains, gouvemex-les sons le nom de César, sous le titre d'empereur, sous tout autre sigue de prééminence ; vous éviterez ainsi les préventions qu'inspire la royauté , et vous en conserverez les prérogatives. »
Telle Tut cette coniéreiico , justement célèbre, et que les publicistes ont vantée comme uo monument de la plus sage politique. On ne doit pas la confondre avec les ingénieoses fictions , dont Hérodote a offert un modèle dans la conférence supposée des grands de la Perse , qui avaient immolé le mage Smerdis : car les monuments de la conférence d'Oclave sont authentiques. Suivant un usafçe assez familier aux Romains, il apportait toujours à la discussion un discours écrit, et Texigeait aussi de ses deux amis. Ces discours avalent été transcrits dans les mémoires de sa vie , qui furent continuées jusqu'à la fin de la guerre Cantubi ique , et dans lesquels Âppien et les autres auteurs <ïontemporains avaient recueilli de si précieux renseignements.
La ^nèttimioe dOolave pme te ptaJi habitoMBt
calcalé far Mécène «e pou^alC pM être doaleiiie.
Mais son ingénieuse adresse pour en déguiser l'exécutioD abusa seftcmtomporaiaa, et prépara les errewrs qui n'ont été relevées que par ta savants do siéele dernier. Secondés par leurs rechercbes , nous pourrons apprécier la nature diverse des deux autorités , qu'Octave avait alors obtenues , et qu'il eser^t sms un même titre » sous le titre de oonsol.
Ces deux sortes d'autorités différaient par leur origine , et surtout par leur dur^. L'une était son autorité temporaire , qui lui avait été conférée par le triumvirat, et quil allait bientôt abdiquer» pour la reprendre sous la forme d une commission déceuuaie . de gouvernement ; la seconde et ia ploB^iniportapte , ' puisqu elle devait le eimdmreÀ la puissance UnpérMe, était inamovible; elle lui appartenait en qualité dlié* ritier de Jules-César, ou en vertu des décrets qu'il avait obtenus après la victoire d'Âctinm. Pour -bien suivre les progrés de cette anloiité , il convient d examiner d abord quelle était , à cette époque , son étendue.
Octave avait reçu la pmsanee militaire sous le titre
d imperator. Avant Jules-César, ce titre n'était qu'un surnom purement honorifique , et fréquemment accordé au général qui commandait en cbef une armée ; Jules-Gésar Tobtlnt comme un prénom qui lui attribuait le commandement suprême des armées , et qui devait passer à son héritier. Octave Tavait recueilli dans sa succession ; mais iJ ne le prit qu'après la défaite d'Antoine , et quand la prérogative dont ce titre était le signe ne lui pouvait plus être contestée. Pour en faire apprécier rimportance , il suffit de rappeler .
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que les consuls et autres magistrats ne recevaient, par le titre de leur électioQ , que la puissance civile ; ils n'otitenaienl la paimnce utilitaire » désignée cbei lee Romains sous le nom A^imperiwn , qu'en ¥eiia d'une loi spéciale. Octave, en faisant par de^és linnber cette loi eu désuétude, réduisit tous les magistrats à la paissance civile , et sa pntosance mtUlaIre , qoi n'était d'abord qu'illimitée . devint alors entièremeut ' exclusive.
Quant à sa puissance civile , il lui avait assuré une extension sans bornes par les prérogatives du Iribn-
nat , obtenues aj)rès la chute de Sextus en Sicile, et accrues par un décret rendu après la défaite d'Antoine à Âclium. La compétence des tribuns était restreinte au territoire de Rone, la sienne fut élendne jusqu'aux limites de l empire. Leurs droits se bornaient à empêcher l'exécution des décrets d'un magistrat; Octave fut aotorisé à les réformer, et même à faire grâce aux condamnés , réunissant ainsi , à la suprématie de Tautorité civile, toutes les prérogatives de la souveraineté judiciaire.
L'autorité religieuse n'était pas d'une moindre importance aux yeux d'Octave , et Ton en trouve la preuve dans ses soins assidus pour exciter en sa faveur la superstition des peuples. Dés sa première jeunesse et quand César renvoya à Apollonie , il avait eu Tar t d accréditer l'opinion qu'il était fils d'Apollon ; il avait ensuite présenté ses succès comme de constants témoignages de la protection de son père céleste. Ce fut par une fable semblable, et comme fils de Jupiter, que Scipion l'Africain, bien avant i âge prescrit par les loiSy obtint, jadis, le consulat et la mission de réparer les désastres de Rome.
i6 SI£CL£ D AUGUSTE.
Pour s'assurer rantoriié reliçîieuse, Octa\e devait se laire accorder le souverain pontificat , ou |>lutôt le recueillir dans la succession de Jules-César, qui Tavait fait déclarer héréditaire en faveur de ses enfants , même adoptifs. Mais Lépidus avait profité des troubles qui suivirent la mort du dictateur, pour se faire élire à cette dignité par les pontifes. Octave , Tayant ensuite dépouillé dn tilre de triumvir, recul du peuple le souverain pontificat ; mais , pour ne pas altérer le caractère inamovible de cette dignité , il en conserva les honneurs à Lépidus , affectant de ne voir, dans le décret du peuple, que rautorisation de faire valoir son droit héréditaire. « Quelques années après la mort de )) mon père , dit-il dans le Monument d'Âncyre, j*ai If pris possession du sacerdoce qu'il m'avait transmis. » On le voit, depuis cette époque, en exercer toutes les attributions , ou les déléguer aux pontifes qui lof étaient snl^ordonnÀ. Lépidus n*eût osé les réclamer : n'aspirant qu'à se faire oublier d un vainqueur qu'il savait implacable ; accablé d'ailleurs par les suites de rattentat de son fils. Son épouse Junie avait été accusée de complicité ; le consul Balbinus , un ancien proscrit , lui déclara qu il la ferait conduire par ses gardes à Octave , à moins qu'elle ne fournit caution. Lépidus , après avoir cherché vainement un ami qui ' la cautionnât, fut réduit à solliciter le consul , dans son audience du Forum. Longtemps heurté par la foule et repoussé par les licteurs , il parvint enfin au pied du tribunal. « Balbinus , dit-il , je suis innocent M du crime imputé à mon fils : et ce ne fut pas moi qui » inscrivis votre nom sur la liste des proscrits. Ecoutez n les supplications de Lépidus! Laissez- vous fléchir » par cet exemple des caprices de la fortune ! Si vous