LIVRE I
«Ufriott , par Ja motatiede va^ /dUpaosos jimonml-
les , par votre munificence pour les jeux publics et le3 édifices de Rome. Vous maaifesterez ainsi sa supré- ; et vous ae permalUrez pas aux wtres vitlai d'affecter une splendem* égale. Mais après avoir sa* tîsfait à l'orgueil du peuple romain, vous aurez soin de prévenir ses écarts, ^e souffrez pas surtout sa daagereuse intervention dans les affaires du gouverne* ment , et , dés que la prudence vous le permettra , abolissez 1 usage des comices. Pour lui rendre cette IMrîvation moins douloureuse » .eommeneez par supiprimer les asinemblèes du peuple dans les provinces.
» Mais en vous réservant les droits de la sauveraiuGiié, ayez soin d'en faire discuter les actes dans lesé- .0t de les pubJiereii son nom; vous prévieudrei ainsi la jalousie et-les ombrages des citoyens. Assoelet également le sénat à l'administration de la justice , et jrenvoyez-lui les aecusitions formées contre ses memjbares.Vous doveas surtout dâfiérer à son jugeneut Jes attentats dirigés contre vous. Je ne parle pas des propos io^urieux : ils ne blessent que les tyrans , et votre gloiie 9 <iui vous a rapprœhé des dieux immortels , vous a placé comme eux au-dessus des blasphèmes. Les complots seuls autorisent une accusation , que vofis ne pourriez iaire porter devant vous, sans en* cotti:lr des soup^on^ d«:b4in6 0tt,de vengeance. Ne réprimez par vous-même que la révolte à main armée ; U ne. s'agit plus alors déjuger la trahison , mais de la .pupir.
»yottS pr^drez pour assesseurs dans radministra* tion de la justice, les principaux des sénateurs et de» fhevjsiliers , ^ûn d'apprécier leur mérite y et. d inspirer .plliS'de confiance eii vos décisions. JUts causes qui Uv-
à3 SIECLE D AUGUSTE.
téresMiit lâ vie ou l'honneur des chevaliers , des chefe
de l'armée , des magistrats de Rome ou des provinces , vous seront toujours réservées. En recevant Tappei de toutes les décislOM des magistrats , vous préviendrez leurs abus d'autorité ; mais vous les en détoumerez bien plus sûrement, en leur offrant votre constante équité pour modèle. Généreux dans vos récompenses , soyez avare de vos censures; en privant les dtoyens de la considération publique , vous ôteriez le plus puissant mobiie à leur repentir.
» Vous n'accepterez ni des honneurs inuMtés , trop suspects de flatterie; ni des statues, car vos images doivent être dans le cœur des peuples. Rejetez surtout l'offre de construire des temples en votre honneur : vous ne sauriez acquérir la divinité par les suffirages des hommes ; qu'il vous suffise de vous élever jusqu'À elle , en l'imitant dans ses bienfaits.
» Vous protégerez la religion de nos ancêtres , et préviendrez , par des peines rigoureuses , l'invasion des superstitions étrangères ; le zèle pour un nouveau culte sert trop souvent de prétexte aux menées qui troublent Tétat. Les pratiques de la divination continueront d'être le privilège des augures; chassez les mag^iciens , leurs prc dictious ont souvent inspiré de coupables projets. Etendez votre surveillance sur lous les philosophes ; quelques-uns ont Justement obtenu votre estime , mius la plupart ne s'attachent qu'à égarer les citoyens par de \ aines et dangereuses théories.
» Ën protégeant par une force imposante les frontières de Tempifè^ sans chercher à les étendre , vous maintiendrez la pait'au dehors ; vous rassurerez au dedans par la surveillance de vos agents, mais en prenant des mesures pouf n'être pas abusé par des