‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 11 sur 160 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

» De m'acceptez pour caaiion de Junie , envoyez-moi » avec elle y chargé de fers , devant Octave, n Balbi-

nus fut si vivement ému , qu'il dispensa môme Junie de donner caution.

Octave pouvait laisser le titre de souverain pontife sur une tète ainsi humiliée. Mais il ne s était pas borné à exercer les attributions de cette dignité , il les avait fait étendre en sa faveur. L'un des décrets rendus après la victoire d'Actium lui conférait le droit de nommer à tontes les places vacantes du sacerdoce, et d'en créer à son gré de nouvelles. Par Teffet de ce décret, son autorité religieuse acquit l'extension illimitée qu'avaient déjà reçue sa puissance militaire et sa puissance civile (1).

La prudente réserve d'Octave avait prévenu les i g* ombrages que devaient inspirer des pouvoirs si éten- ^"^^ dus. Tacite nous Ta montré tel qu*ll paraissait alors à tous les yeux : dissimulant le titre de triumvir et ne se présentant que comme un consul , qui avait reçu les privilèges du tribooat pour protéger les plébéiens. Au 1" janvier de Tan 726 de Rome, il parut à rassemblée du peuple , pour déposer les faisceaux du consulat qui venait d'expirer, et prêter ie serment accoutumé, qu^il avait rempli ses devoirs avec toute rhabileté dont il était capable; prenant ensuite les faisceaux du nouveau consulat , pour lequel il avait été désigné par les comices , il jura de n'employer son autorité que dans Vintérèt de la république.

Agrippa prit en même temps possession (hî la souveraine magistrature , en vertu de l'élection qui i avait donoé pour collègue à Octave. Si toutefois on peut

(1) Monum. . Jncyr.y lab. a. — Sainic-Croix ; Mémoire sur l autorité légale d'Auguste , Acad. des Inscripi. , tooi. 49, pag. 364.

SIÈCLB D'AUGUSTE.

coDsidèrer comoie son eoilègae cekii qm lui ^réUil ators et qui faisait prêter au peuple aaiemMé un aer-

ment sur ses actes : en d autres termes, le sermeiit qui imposait aux citoyens l obéissaiice militaire.

Octave se trouvait ainsi dégagé , comnp fteènii , de la responsabilité imposée aux raagfistrats; il n'avait pas laissé de Taccepter, pour rassurer les esprits. Par l'efièt de la même politique , il affecta une couatasle égalité avee sou collègoe; voulant que ebactn ë'ettx eût tour à tour les faisceaux , ou donnât le mot d'ordre, et que leurs tentes fussent absoluBieot semblables.

Aux fonctions du consulat , Octave léunissait in puissance de la censure , qaon lui avait accordée sous le litre de direction ou de préfecture des mœurs. Pompée i'avait jadis pbtenue ainsi pendant son consulat sans collègue , mais seulement comme une.ooncession annuelle. Octave l'exerça comme attachée à ses consulats sucoessifs, jusqu'à 1 époque où il la reçut pour tonte sa vie.

Ckttave voulait alors user de la préfeclure des mœur» pour réformer le sénat et le remplir de ses partisans. Étrange abus de la censure , primitivement instituée pour régénérer la république, et qui allait ainsi servir à jeter les fondements de Tempire! Toutefois , la nécessité d une réforme était évidente : le sénat, qui ne devait être composé que de six cents .membves » en avait reçu plus de mille , la plupart indignes de eet honneur. Octave tenta la voie des démissions volontaires ; mais il ne put y décider que cinquante membres , qui conservèrent les privilèges .liottorifiques de ledi di{>nité 11 arracha ensuite cent soixante démissions par la menace d'une exclusion et d une note fléirissante.

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