‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 100 sur 160 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE VU

tibéralités , et s'atlacha plusieurs des chevaliers par de flenblableB largestes.

Dans la revue des citoyens, Auguste évita de rappeler la préfecture des mœurs , deveaue presque aussi odieoseqae la censure» Ce fut en vertu de la puisaanee proconsulaire qu'il ordonna le cens dans l'empire, et qu'il procéda ensuite dans rassemblée des 4M>aiiees aux cérémonies solennelles du lustre.

Mais les dispositions hostiles des citoyens n'avaient pas été inspirées par la prélecture des mœurs. Leur véritable cause était dans les adoptions qu'Auguste venait d'accord«r , et dans les espérances déçues des répubHeains ; preuve nouvelle du succès de la politique qui avait jusqu'alors entretenu leurs ilIusiousUes regrets qu'ils éprouvèrent , en les voyant pleinement dissipées, devaient produire le plus dangereux des complots qui eussent encore été tentés contre la vie d'Auguste. Je veux parler de la conjuration de Cinna, que la clémence» qui lui fut inspirée par Livie, a rendue si célèbre.

Auguste semblait plus exposé qu aucun autre prince aux conspirations. Des citoyens éminents qui Fentouraienty les uns étaient provoqués à Timiter par le fiuccés même de son audace , les autres étaient animés à le punir par Texemple de ceux qu'ils appe^ bdent les derniers des Bomains. Toutefois, il n'avait couru de véritables dangers qu avant son avènement à Tempire , lorsque Salvidiénus , qui aspirait à le remplacer , en faisant soulever contre lui les vétérans , fut trahi par Marc-Antoine, et lorsque le complot pour 1 assassiner, formé par le jeune Lépidus^ fut dé^ couvert par la vigilance de Mécène.

Depuis ce temps , loin de redouter les conspira-

tiosÈS y Augii3te avait fait de cette arme , souvent fu* iieste à Tautorité légitime , Tun des instraments ée sa puissance usurpée. Il faisait dénoncer, comme fauteurs de complots, les citoyens qui moDtraieat un génie entreprenant 9 des vues dangereuses, on même me trop grande licence dans leurs discours. Ainsi périrent Muréna , Cœpion , Égnatius et leurs prétendus complices. Les mécontents, intimidés par ces violentes raesnres , n^esaient armer contre Ini que des hommes oiïscurs, on esclave en démence, un goujat de Tar- ■iée dlllyrie , et ces timides efforts furent réprimés ' sins éclat par le snppllce des coopabics.

Les membres des familles illustres , que les ffens formés par d'anciennes iigues ou l'influence qu'ils conservaient auraient pu rendre redoutables , étaient contenus par cette haUle politique. Les uns étaient d'ailleurs séduits par les avances du prince , qui leur rouvrait la carrière des honneurs ; les autres s'en laissaisnt imposer par son respect affecté ponr les formes républicaines : tous, abusés d abord par sa faible santé, rassurés ensuite par son âge avancé , envisageaient mmune peu éloigné le terme de sa tyrannie. L'adOj^ tion des fils d'Agrippa n'avait pas dissipé leurs Moh sions ; ils redoutaient peu de jeunes princes déjà -amollis par l'adulation ou par des faveurs précoces; ils se croyaient même ainsi délivrés des prétentions de Tibère , qui leur avait seul inspiré des craintes Sérieuses.

Leurs dernières espérances venaient d'être déçues par les adoptions simultanées qui appelaient au principal, Tibère et Agrippa Posthume , et , avec le fils de Tibère , Germanicus , âls de Drusus. Menacés d-une irrévocable servitude , ils se levèrent - d'un commun

Page 1