‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 99 sur 160 · UVRE VII. U · texte numérisé non relu

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gnste, et qnll avait enfin été amené à les partager. Auguste y dit ce grave écrivain^ se vît accuser de la mort imimiiie de M deux fils, et cette perte irrèpe-» . rable ne fut pas l'unique cause de ses regrets (1).

Mais alors Auguste fut d'autant plus blessé par ies $ 5. murmures des citoyens qall voyait Tibère partager ^^7leur opinion sur sa faiblesse, et oser déjà sollictter Tadoption , qui devait lui assurer les droits des deux fils dont la perte était encore si récente. 11 repoussa le gendre ingrat qui se faisait un titre de ses douleurs ^ et, son indiirnation ranimant ses forces abattues, il porta ses regards autour de lui pour opposer à de lémérmifes espérances des prétentions plus légitimes.

Un dernier rejeton d'Agrippa, celui dont Julie était enceinte à l'époque de sa mort, Agrippa i^oslhume survivait à ses deux frères. Il était prêt d'atteindre à sa' quinzième année, remarquable par ses traits mAles et parsa vigueur, peu lavoi isé des autres dousd(' la nature. Auguste Tavait négligé , soit pour ce dernier motif « soiiqu'il fût absorbé par d'autresaffections :il manifesta alors le dessein de Fadopter. Rebuté bientôt par la violence de son caractère et par la perversité de ses incKnations » dans l incertitude s'il obtiendrait la réforme des vices qu'une éducation trop négligée par sa mère pouvait excuser , il résolut de poi 1er d abord ses faveurs sur Germanicus , iils ainè de Drusus.

Germanicus , héritier de ce surnom dont on avait décoré le cercueil de son père, habitait chez Livie avec Antonia : il en était Tunique souiieu , car sascBur LIvilie , mariée à Gains César ^ était revenue dans les douleurs d'un précoce veuvage , et l'enfance de son

(1) Dion. LV. 11. — Su<^l.,Tib , liri io. — Pline, UUt nal., \I! , iS et fulv. — Taeil. « Aiin. , Ul , SS , el IV, 71.

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fhère Glande se prolongeait par iMmux qui Tayaiml

accablée. Il consolait sa mère dans ces rudes épren« ves, et, quoiqu'à peine ftgè 4e dàx-tiuii aas » il autorisait déjà les plus brittantes espèraaees. Sa noble physionomie offrait Tunion si rare de la force et de la grâce; il surpassait tous ses émules dans ses exercices et ses études; ses manières prévenantes contrastaient avec raccneîl hautain du fils de Livie. Cher an citoyens i)ar les souvenirs de son père, il n'aspirait qu'à faire usage de ses qualités séduisantes pour acquérir de nouveau titres à leors allèetiiNis.

Auguslc avait toujours protégé ce jeune homme , qui lui rappelait son irr^arable erreur envers Dru* SOS. Il lui donna alors nn nonvean gage dis sa fiveiir, en Inl aecordant la main de l'nne des deux filles de Julie. L'aînée , de même nom que sa mère , élait mariée k Lucitts Paulus; la cadette » qui avait reçu le nom d'Agrippine ^ épousa Germanicus. L'Mvatioii de son âme devait la préserver des écarls qui avaient perdu la fille d'Auguste, dont elle rappelait d'ailieiirs te caractère ambitlenx etaltier. Elle inspira soft esprit à Germanicus ; elle s'efibrça d'attirer sur lui la faveur du prince^ et, si elle pouvait lui obtenir son adoption, con$nt Tespoir de s'élever elle-fliéme à la rivaKIé de Fépouse d'Auguste (1).

j 4 Livie était peu émue d'une telle concurrence ; des 767. craintes piu§ sérieuses l'avaient dahord agitée; les impétueux monvemenls d'Auguste dans le premier égarement de sa douleur l'avaient menacée de voir renaître l'iiumeur sanguinaire du triumvir. Rassurée ensuite par ses hésilations , elle avait dédaigné les tar*

; i; Suél. , Calui. . S. — Tacil. , Ann. , 1 , 33. — Dion , iMtf.

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diis efforts tun ▼mlUrrd qa'eftie voyail sak^agmè. sans velovr. Elle loiiriatt alors av«e dédain à ces jeunes

époux et à des prétentions dont leur politique oovice n'avait |ias nième aperçu la témérité : elle semblait wakBB kafiiToriser, car Tib^ en paiaissatt vivement alarmé , et cet instrument nécessaire de son ambition ne iui semblait jamais assez résigné a la dépendance; mais elle allait acbever de Taccabler par le sentiment ée sa sapériorité , en obtenant pour lot cette même adoption , dont la demande imprudente venait de lexposer aux ressentiments d'Auguste.

L'occasion qu'elle cbercbait s'offrit bientôt par la nouvelle dun souièvemeuL dans la Germanie; la guerre était toujours imminente , et les revers de Loiiios avaient fait voir qu'elle n'était jamais exempte de graves dangers. Les exploits de Drnsus et ensuite de Tit>ére avaient fait du nom de Claude, qu ils portaient également , un si^et de terreur pour les Germains. Livie s'autorisa do cette rwommée. Tibère était dans la force de l'âge , des succès constants attestaient sa prudence, ses défauts s'étaient ciorrigés par les rudes épreuves de sa disgrâce, et , quand Auguste voudrait achever d'épuiser une santé déjà chancelante pour soutenir avec des enfants le iardeau deTempire, qu ob* tiendrait-il par ce dangereux essai ? Réformerait*!! lea vkes d' Agrippa posthume en secondant leur essor par des honneurs prématurés ? Voudrait - il corrompre Vheureox naturel de Germanicus en favorisant sa présomption, déjà trop excitée par son épouse ? Trouverait-il un guide pour sa jeunesse parmi ces ambitieux qui n'aspiraient qu'à abuser de sa faveur? N '^It'-ce pas d'ailleurs au frère de ENrusus qu'apparlenait le soin de former la jeunesse de son fils?

SIËGLË D'AUGUSTE

L adoption de Tibère eut lieu le 27 juin , et ii fut aMocié pour dix ans à la puissaiiee tribumlieDDe. Le discours d'Auguste au séaat fit assez Toh* , dit Tadtey sa répuguaoce à cette démarche ; les traits qu il lau^a sur la figure et les nuBors de Tibère , sous Tapparaiee d'une apologie , cachaient nne satire.

Le même jour, Aiif?iiste adopta Ai^i ippa Posthume, et Tibère adopta Germanicus> quoiqu iieùtdéjàun iils dn premier lity qui portait le nom deDn]sua.Livieavait applaudi au témoignage de TaffectioD d'Auguste pour le lils d' Agrippa y et protesté de celle qu elle portait au fils de Drusus ; ou plut6t elle avait favorisé ces rif alités , qui lui garantissaient la soumission de Tibère.

Ce fut ainsi que Liviealleriuil bon ascendant, odieux sans doute, et fondé sur de criminelles manœuvres. Mais on est contraint d*avouer qa*elle le méritait k d'autres égards par sa rare prudence dans les occasions dilTiciles. Cette femme bautaine et perfide se montrait alors la digne épouse du maître de Tempirei et devait bientôt le prouver, en lui inspirant une

politique toute nouvelle.

Auguste venait de reprendre possession de la pré* fecture des mcBurs , et se préparait , suivantson usage,

à la revue du sénat et des chevaliers. Il fut frappé de la licence inusitée qui se manifestait dans les propos des citoyens. Attribuant la fermentation des esprits aux craintes qu'inspiraient ces revues, il choisit par fa voix du sort six délégués , dans la liste de ses assesseurs ^ et forma ainsi les deux triumvirats dont parie Suétone, Tun pour le sénat, l'autre pour leselie¥a<^ liers. Il maintint sur la liste les sénateurs qui n avaient pas le cens nécessaire , porté alors à dou^e cent mille sesterces , ou 240,000 fr. , en le leur assurant par ses

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