LIVRE Vil
Mcord pour la prévenir, et leur ardeur à se eonniH-
niquer leurs desseins ue pouvait en trahir le secret. ' Ces fauûlles patriciennes , depuis longtemps uaies par la même ambition qui les avait jadis trop souvent divisées , s'étaient maintenues dans des rapports intimes et dans une iiiuluelie lidéUté qui bravaient la plus active survdllance.
Cornélius Cinna fut choisi pour chef. Il descendait de Sylla par son père, et avait pour mère la fille de Pompée ; succédant ainsi aux droits des deux rivaux de Jules-César. Génie téméraire, dit Sénéque , car on ne peut en tendre que dans ce sens Tex pression diversement expliquée par laquelle ii désignait un jurisconsulte aussi distingué. Cinna s'était réfugié dans œtte profession lorsqu'il eut succombé dans les rangs des républicains. Auguste, qui désirait se rattacher, Tavait réintégré dans ses biens , nommé pontife , et fait élire à la préture. Mais Cinna ne se crut pas en- |];agé ])ar ces bienfaits à laisser établir 1 iiêrédiié de , la tyrannie.
Il avait d'abord proposé d'immoler Auguste dans le
sénat; mais un objecta que ce piince avait trop pourvu à sa sécurité dans une assemblée qui lui rapf»elait le meurtre de Jules-César* On préféra eu conséquence, pour rei;écution du complot, le sacrifiée solennel dont les apprêts se faisaient alors dans le Capiloie. Ën présentant l'encens à Auguste , comme pontife , Cinna porterait le premier coup , et serait aussitôt secondé par le grand nombre de conjurés que leur rang pu leurs fondions rapprochaient du prince pour, cette cérémonie solennelle. Dans la soirée qui précédait le jour fixé, il provoqua chez lui une dernière réunion des coiyurés.
356 SIECLE i> AUGUSTE.
H Lc^jour est onfin venu, leur dit-îl , où le lyran 4111 nous opprime doit porter la peioe de ses attentais ? Ennemî de la patrie au début même de sa carrière , il tournait contre elle les armes qui Ini étaient confiées pour la déleudre ; il cbaogeaU de braves soldais en de vils bouireanx , recevait de leurs mains , sur la tn* bnne aux barangues , les tètes les plus ilhistres , et surmontait les rostres de ces infâmes trophées. Il a t'ait périr la plupart des citoyens échappés auji proscriptions y ou dans les champs de Philippes , ou sous les murs de Pérouse; il a réservé Télite de ses prisonniers pour les immoler comme des victimes à l'autel de Jules-César; et il expiera un si barbare sacrifice , immolé liii*méme à Tautel de Jupiter protecteur do Rome.
» Que nous a servi , eu efiei, de contenir nos ressentiments et d'espérer dans son repentir? A ses violences san^inaires ont succédé de sourdes manœuvres non moins perûdes, plus funestes même pour la liberté. Le sénat , déchu de sa puissance , est tombé dans ravilissemenl ; tes ma^stratnres ont été dépouillées de leur autorité légale ; les niuruiures contre «es attentats ont été punis comme des crimes , et tes accusations de majesté sont devenues plus redoutablesque les proscriptions.
» iNous nous étious du moins flattés que sou âge avancé promettait un terme prochain à sa tyrannie. Il ne dissimule plus son intention de nous ravir ce dernier espoir. Peu satisfait de nous avoir soumis à une épouse impérieuse y et d'avoir accru, noire opprobre par la domination d*une femme , il se dispose à transmettre son jjouvuir usurpé comme un héritage ; il veut rassurer à ce Tibère , qui se croit digne îles
Claude , i l n'imile (|ue leur orgueil el leur cruaulé; quoot égaré dès sa première jeunesse les tIaUeurs de son beau-pére , puis des consulats et ëes trknupbes prématurés ; donlia perversité s'est aeerne par ses disgrâces nieiiies, et |>ar lesempor(efneii{s et lesdébaurhes de son exil, li se désigne pour successeur cet Agrippa Posthume, non moins grossier que stupide, et dont les vices précoces ont été le premier titre à son adoption. Mais quand, avec i aide des dieux, nous éiouÛ'enousces monstres , enfantés par leur colère , deux jeunes gens sont eoeore appelés à la lète de Templre et s^accorderont pour le luaintenir sous le joug, s'ils ne se divisent pas pour le déchirer.
» Que les maux qu*il nous prépare retombent sur sa tête î Que son san^i,, versé au pied des autels, satisfasse à la justice tardive de la patrie ! Que dans la tombe du tyran soient ensevelis avec lui ses projets , ses machinations et le redoutable avenir quil a osé lui préparer î »
Lesconjurés fontéclater leurs transports; ils renou^ vellent leurs serments ; Ils concertent leurs dernières mesures. Auguste , sans méliance , devait succomber, et! empire, qui respirait sousson principat, allait être replongé dans les horreurs des guerres civiles. Cette inévitable issue , que Torateur avait dissimulée , mais querendaieul toujours présente les suites du meurtre de Jules-César , frappe surtout fun des conjurés, qui .n*en peut soutenir TeAfrayante image; aussItAt que rassemblée est séparée , il se rend en secret chez le phûce.
Auguste est saisi d'effroi à la révélation inespérée { 7. d'un complot si près d*éelater , si redoutabk; par le 717.
nom des conjurés et pa^ le Ui^stére profond qui avait
SIECLE n'AUGUSTE
aoosirait leurs démarches à sa vigiianec. 11 ordonne de conroqoer m point dn jonr ses plus inthnes conseillers, et se retire pour recueillir ses idées dans le silence de la nuit. Mais , ne pouvant ramener le calme dans sm âme égarée par ses ressentiments et par ses 1er* reurs , il s'abandonne an plus sombre désespoir. H n'avait donc abusé que lui seul par sa niodéralioii si constante , par ces formes républicaines si tidélemeni respectées! Il avait envenimé les haines lorsqu'il croyait les apaiser; il n'avait éloigné les dangers que pour les accroître et les réserver à sa vieillesse , épuisée par les travaux de Tempire et par ses infortunes domestiques. Ces illustres citoyens avaient para sensibles à ses bienfaits, et leurs démonstrations n étaient qu'un voile à leurs criminelles manoeuvres. Doit-il les ft*appersans pitié? L'opinion publique se soulèvera en leur faveur, il éprouvera de nouveau Timpuissance du ^ang versé pour prévenir de semblables attentats. Mais peut-il avecsécurité les épargner ? Leur impunité paraîtra reflet de ses craintes, ranimera Taudace de ses ennemis, leur suscitera des complices. Troublé par cette aflkeuse image , et ramené par un danger si pressant aux passions crueHes de sa Jeunesse : « Qu'ils périssent ! s'écrie-l-il avec fureur, quHs portent la peine de leur forfait I que ceux qui auraient été séduits par leur exemple solentépou vantés par leur su ppliee ! »
Livie , qui l'observait en silence , I ayant alors interrompu, il lui apprend les détails de la coospiration. ^ Vous le voyez y ajoote-t-il , ceux qui ont juré ma perte ne craignent point le sort de ceux qui ont succombé avant eux ; ils accourent dans les mêmes rangs, comme slls marchaient à la gloire , déterminés à périr ou à les venger. Quelfe est ma défense contre des
htitM autti adMnées?S1li nençaient la république, j'opposerais mes amis à s^'S ennemis. Dans les périls qnito ma susciteal, je n o6e me fier à Jm» ainîs» à ceux mèfliadoiiton vante le plus la probité et iavertn. Toaa se dégagent sans scrupule de la foi qu'ils m'ont jurée; les soupçons dont ils empoisonnent ma vie me la rendent odieuse ; ils ne TeDlenl me laisser d'asile que dans la mort Abu» ils D'auronC pas à s'en applaudir , eeoK qui me réduisent à la désirer. Si telle est la condition du souverain pouvoir , ils la subiront avant moi ; si leur parti doit triampher . ils ne jouiront pas de çe triomphe. •>
« JNe dédaignez pas le conseil d'une femme , dit Livie ; vous Tattendriez en vain du m^lleur de vos amis ; leur dévouement ne peut égaler celui de votre épouse. Je vous suis unie pour l luforlune comme pour la proapérilé ; vos succès seront les mioDS ; je n'évite*rais point ma perte , si les dieux re|etaient mes vœui et vous laissaient succomber.
» Les peines qui intimident les criminels vulgjaires ne servent qu'à enhardûr les conspirateurs; elles exaltent les nobles sentiments qui les animent ; le désir de justifier un grand nom , le dévouement pour la patrie , la gloire dune lutte audacieuse. Suivea Texemple des médecins, qui retranchent un membre s'il est gangrené, et qui emploient des remèdes plus doux s'ils n y reiuarquent qu'une violente irritalion. Soyes sans pitié pour les crimes qu'Inspire uoe Ame perverse; montrez- vous gén^eux dans les attentats politiques. Vous calmerez ainsi les haines que suscite toiyours l'exercice de la souveraine puissance. Vous les envenimeriez par des supplices , car Toplnion est toujours favorable aux conspirateurs; ou les suppose
ipielimeg de la jatousie éa prince , jqme leor mérile «
bles-sée ; de sa cupidité, qiii ronvoitail leurs rirbeîses; des cakMEDÎes de ses déiatears , qm n oBt pu ûâre «eheter lenr silence. On ne Teul pas croire à Taiiiaœ de quelques hommes qui auraient bravé le dépositaire d'un si graud pouvoir , armé du glaive de tant de légions. On excuse le citoyen qui exerce une vengeance personnelle , on ne la pardonne p<^nl au dief de Tèlat. On ie ju^c irop élevé au-dessus des autres pour être atteint par des injures; trop sûr de sa force, pour èprovver do justes craintes ; trop engafçé par ses de* voirs à la protection des citoyens, pour élre jamais intéressé à leur perte.
• Si vous étiez résolu d'infliger des peinea. Je pré^ férerals celles qui feraient sentir à vos ennemis leur impuissance; telle serait la relé^alion dans une île ou dans un coin reculé de l'empire ; entourés de voa provinces , de vos magistrats , de vos années , il»
u apercevraieiU d autre asile tjue dans la sincérité de leur repentir. Mais je vendrais une indulgence plus entière pour les conjurés dont la vie est entre voa mains. Considérez ce grand nombre d'illustrée citoyens , leur chef digne de sa naissance par ses talents et par leur noble usage , tous environnés de restime publique , coupables envers vous seul et de ce senl crime. Lvnv perle est inutile à votre sûreté; leur pardon en est le plus sûr garant. Il prouvera que vos rigueurs passées furent Tefiét du malheur des temps ; que vous versiez le sang à regret , ei pour épargner celui qui coulait dans la guerre civile. Si on les voit se renouveler , on s^a convaincu qu un naturel implacable les avait seul inspirés. Le désespoir endurcira tous les cœurs; les citoyens, que votre générosité
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aurait désarmés , n attendront plus leur salul que de votre ruine. »
Auguste «ppiaiidH à la sagesse de son épouse , et $ s, ordoone d'ajourner son conseil. Dès le matin , il Mt ^3^* appeler Cinna.
« Prends un siège , lui dit-il , et promets de ne pas m'inlerrompre ; tn auras ensolle tout le tmps de t'expliquer. Je l'avais trouvé , Cinna , dans le camp de mes adversaires, plutôt né que devenu mon en- Mmi. Je te donnai la vie, je te rendis ton patrimoine, je te is nommer anx magistratures. Tes nombreox concurrents au sacerdoce réclamaient le prix de leur zèle, je préférai celui qui les avait comliattus. Tels sont à présent tes honneors et ta fortune , qfi» le sort du vaincu est un objet d'envie pour le vainqueur. Tu dois tout à mes bienfaits» Cinna, et tu veux m'assaaiaier l )>
Cinna se récrie à ces mots , et proteste de son horreur pour un tel attentat. «Tu violes nos conventions , dit Auguste , tu m'avais promis le silence. Oui, tu yeux m*assassitter! » Il nomme le lieu, le jour, les compilées , eeini qui devait port^ les premiers coups. Le voyant alors, moins par soumission que par désespoir, réduit au silence ;
« Quel fut ton dessein ? reprend Auguste ; d'obtenir l'empire? Je plains le peuple romain, s'il te suffît de me perdre pour lui imposer des lois. Tu ne peux même toujours déféndre tes intérêts privés, et, récemment encore , tu succombais au crédit d*nn simple aCTranchi. Tu seras peut-être plus fort contre César. Mais suis^je donc le seul obstacle à tes prétentions? Mais n'aurais tu pas à lutter contre lesPaulus , les Fabius , les Servilius , contre (ant de citoyens qui
m SIÈGLË D'ÂUGUI^E.
peamil alléguer d'MirM IHl^ que kB iiiafBf 4e towe
ancèlres? »
Angnete poursuivit pendant deux beuree ce diecoara, la eeale peiae qnll eAt réaolii dioMger. «nefeia
encore la vie , Cinna ! dit-il en le termiiiant ; je Tavais accordée à mou euDeiui , je la donne à mon parricide nmmtàn. SojroM amte désormis : rlraliaiNW de cèle , nMl pour moflnner, toi pomr Juftiier mes blMiMtf. »
Peu (le temps après, il lui annonça qu il 1 avait désigné pour le consulat y lui reprochanl de n avoir pas aaseï OMnpté sur sott amitié pour te éemwÊétr. Cian hii montra dq>uis un dévouemaiit sans borneiet ri»stitua à sa mort pour son unique tièritier.
Auguste avait ensuite fait appeler les autres conjurés. Ses moovements généreux lui avaient bit recouvrer les grâces et l'ancien éclat de son esprit : il les renvoya pénétrés de reconnaissance et dadmiration.
L'wflwHwc des eitoyeos qui exprimirteat eee mi-
timents les rendit durables, et le prince ne devait plus voir de complot formé ^ntre lui* Suétone cite , il est vrai , deux coMpiratiODs postérieures , celle de Plan-
tius et celle d'Andasins. Mais nous verrons qu^elles avaient pour unique but d'ébranler le crédit de Livie et de l'ibère. Aussi Dion , qui devait ensuite raconter celle de Plantius , afflrme-t'^il que , députe k pardon accordé à Cinna , il ne tut plus tramé d'attentat contre Auguste. «Si ce n'est, ajoute-t-il, par cette épouse ^ qui devait trancher les jours du prince dont elle avait
obtenu la vie de Cinna (1). »
$ 9. 1 ibère se montrait le digne fils de Livie. Cooiblé
(I) Scncc. ,Dc(.l('iiu nt., luel 37.— Dion,LV, lielsuiv., liLVI, 13. - PuUiici, atl Pau». Prol , U, I.
UVft£ Yll. m
des hieDfaiU d Auguste , il demeurait inflexible au myiea des eDnemîs <|oe sa cléinence avait dèaamiés; pour priK de TadiqillfMi ipii TaTait expoaè à leurs complots, il lui préparait de nouvelles sollicitudes. Il s'indignait de cea faveurs qu'il était cwtraiat da part»* ger» Bon^-sauleiDaiit avec Germanicm , qui du iMiii lui était subordonné, mais avec Agrippa Postliuiiio, qui lui était imposé comme son ^al. li soupjfOBDail même Livie de le proléger» trop aveuglé par les préventions de son orgueil pour apprécier Thabile politique de sa mère.
Livie n'avait surmonté la résistance d'Auguste à radoplien de Tiliére qu'eu iattant sa tendresse pour le jeune Agrippa. Mais elle était d'ailleurs résolue de venger sur le ûls de Julie âoo odieuse origine et les méoMS resseuIlHients doul ses deux frères avaient été si eruellement puuis ; non qu'elle eût conçu Tlmpru* dent dessein de reproduire un attentat dont elle avait si difficilement obtenu Timpunité. Les mesures qu'elle préparait contre lui devaient ackever de eoufondre ce lier Tibère , déjà humilié devant son génie supérieur : elle voulait frapper le fite adoptif d'AugosIe par la main même de son pére.
C'était dans ce but que ses agents dévoués entouraient Agrippa Posthume et sollicitaient sa confiance, ils flattaient ses passions , déjà trop foogoeiBes , et le provoquaieiit , par leurs exemples, aux excès les plus scandaleux. Ils s attachaient surtout à irriter ses ressentiments contre Auguste , qui avait recueilli la succession de son pére à son préjudice , et qui vemnt de refuser si durement la grâce de sa mère aux sollicitations unanimes des citoyens. *
Tibère n'était pas instruit de ces détours ^ et déses-
pèrail d'exciler sa meie contre ses rivaux 11 vouiail du moins qu'elle le mit désormais à Tabri des caprices ét la fortune, en aecondaDt ks projets qu'il avait eooçus pendant les longues années de son esiil. C'était en vue de ces projets que ses iolrigues secrètes avaient ralluaié en Germanie la guerre imprévue dont la noavelle avait favorisé le suecés des eflbrts de Livie pour obteuir son adoplion. Mais il faut remonter à Torigiue des mouvements qu il venait de provoquer. $ io. Noos avons perdu de vue la Germanie depuis Tépoque où Tibère était revenu à Rome, et où ses témérités avaient provoqué sa disgrâce et son exil dans 1 ile de Rkodes. Donhius lui sueoèda au oommandeinent de ramée du Rhin. Fidèle anx Instruetions d'Auguste, il se contenta de terminer les chaussées qui ouvraient l accès du pays , et d'occuper le cours des fleuves par des postes fortifiés. Du sein de la Vindélicie , ou il avait établi le quartier-général de son armée , il dirigeait ses troupes sur les pays où se manifestaient quelques mouvements; attentif à. leur èter tout préteiLte par la sévérité de la discipline ; satisfisit d^obtenir des vivres pour ses légions , des ouvriers pour ses travaux et des recrues pour ses corps auxiliaires. Par cette sage politique, il rénsail à maintenir pendant six ans la paix dans la (kTmanie.
Sous le consulat de Caïus César , Domitius fut instruit que des corps nombreux d'Hermunduresse portaient en ardies sur leurs frontières , et accourut à ta tête de ses légions. Leurs chefs ayant allégué pour excuse qu'une population suratH>ndante quittait le pays pour chereher de nouveaux établissements , il leur permit d occuper les terres que les Marcoiiians avaient laissées vacantes après les pertes essuyées
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dans leur agfresskm contre Dnims. Prarral^tBl ensuite sa marche pour calmer l'eflervescence que le bniil ëe ces mouvements avait excitée , il parvi«l jnsqu*à TElbeet se présenta comme ami sur la rive (Iroilc (\v ce lleuve. Ses offres d'alliance furent accueillies par les peuples qui 1 Iiabitaieni; il fit avec eux un traité solennel , et le jura sur un autel qu'il avait fait élever en l'honneur d'Auguste.
Mais , à son retour sur le Weser , il remarqua des dispositions moins favorables. LesChérusqoessemontniieni alarmés par le voisinage et par Fasoendant toujours croissant des liomains. ïnvUés ])ar Domitius à rappeler leurs exilés , ils lui reprochèrent de vouloir int^enir dans lenrs querelles domestiques, et continuèrent à autoriser de ces démêlés leurs prépara^ tifs hostiles. Domitius proposa alors d'envahir leur territoire; mais Auguste ne voulut pas le permettre : il soupçonnait son généml d'exagérer les causes de rupture pour faire naître des occasions de se signaler.
Cette démarche lui avait même inspiré des ombrages^ et Tibère» qui fut rappelé l'année suivante , s'empressa d'en profiter. Le fils de Domiâus ayant sur ces entrefaites encouru , par ses cruautés , la disgrâce de Caïus César, Livie, qui avait jusqu'alors protégé son père , consentit à le faire rappeler de la Germanie.
Vinieius , qu'elle venait do porter au consulat , obtint le commandement de 1 armée du Rhin. L'arrivée d'un nouveau général semble justifier les craintes des Chérusques , et tous les cbefe des Germains les manifestent dans leurs assemblées. Les Romains, s'écrientils , ne dissimulent plus leurs desseins ; c'était pom* nous asservir qu'ils construisaient leurs forts sur nos neuves, et qu ils élevaient leurs chaussées sur notre
territoire, c'était pour façonner au joug noire jeunesse qulis renrôLaient dans leurs armées. Bientôt ils M«s imposeroDl des tributs, et nous confoodfoiit avec ces nooibreiix sujet» qui gémissent sous leor oppression. Prévenons ce daoiîcr: les circonstances sont dereoues plus favorables. Drusus n'eusle plus ; Tibère est dans la disgrAee; Auguste ne se moatre plus à la tête de ses armées. Unissons nos forces contre oes généraux sans gloire qui les coHunaBdent ; obligeonft4es à f epesser le Rbia , et reporioas nos limites sur cette barrière , qui a si longtemps protégé notre indépendance.
Les Germains ètaiei^ animés par oes discours; mais ils hésitaient encore , et les désastres récente des Sicambres intimidaient les plus hardis. Une perHdein triguedétermiua les Bructères à donner le signal de rinsnrreelion.
Ces peuples , moins voisins de l'empire que les Sicambres , avaient jadis refusé d entrer dans leur ligue. Le brait se répand néanmoins parmi eux^ue les Romains leur réservent le même sort , et que dés ordres sont donnés pour les transporter sur la rive droite du Rbin Dans la violence de leurs ressentimenl&, sans remonter aux sources suspectes de cette nouvelle , et appelant tous les peuples de la ligue a leur secours, ils se jettent comme des furieux sur ceux qui ne veulent pas abandonner l'alliance des Remains.
Vinieins , guidé par de secrètes instructions , avait entretenu, par les mouvements de son armée, les alarmes^ des Bmctéres : il les surprend dana cette invasion , les disperse et les oblige d'abandonner leor butin. La rigueur de la saison le ramena bientôt dans ses quartiers d Uiver.