LIVRE VJI
officiers et de ses aigles victorieuses. Les Caaques dèAlèreni devant lui , et , fléchissant le genou , déposèrent les armes à ses pieds II leur avait accordé des conditions de paix honorables , comme un liom* mage à leur bravoure. Mais il était en eflM empressé de terminer cette guerre , pour courir au secours de son lieutenant.
Sentius avait néanmoins tiattu 1^ Loml»ards et ré<duit les d^ris de leur armée à chercher un asile au delà de l'Elbe. Mais, à la u(3uvelle du désastre de ce peuple » qui faisait partie de la ligue des Suèves , les Semnones , chefs de cette ligue « Tava^nt appelée à prendre les armes. Ils s'avançaient pour accabler tes Romains avec des forces supérieures.
Tibère les prévint par sa diligence , et recueillit la division de Sentius. Par les soins de ses nouveaux alliés , les Chérusques , les vivres parvenaient avec abondance à son armée. Il pressait sa marche pour atteindre les Semnones , qui s'étaient repliés en appre* nant son arrivée , et semblaient fuir devant lut. Parvenu dans uii vallon couvert de marais . il reconnut qu'il était la du|)e d une ruse souvent i^^uployéc par les Germains 9 et que les défilés qui Teutouraient étaient déjà occupés. Son âme était intrépide et semblait inaccessible à la crainte ; touteluis, I idée de voir iM>mpromettre cette gloire militaire sur laquelle il fondait son orgueil et son avenir, le jeta dans Taccable* ment, et ses terreurs, qu il ne put dissimuler, se communiquèrent à toute i armée.
Cette imprudence , qui devait lui être fatale , lui ramène au contraire la fortune. La fougue naturelle des Germains s'accroît par TelTroi qu'ils inspirent ; abandonnant les défilés , ils se précipitent sur le camp
des Romains. Tibère leur oppose la division de Sen-
liub, t'I, sortant |>ar la porle opposée d» rainp , prend eo flanc les assaillanis, qui se dispersent dans la piaiue el s'elTorcenl de gagner les défilés ; mais il les avait prévenus par sa cavalerie, el , aclievaiU de les envelopper, il en (ait un liornble carnage.
Les débris de l armée vaincue avaient fui au delà de TËIbe , où de nombreux renforts déjà rass^nblés raniment leur contiance Ils se disposent a défendre le passage , et s'encouragent par i hésitation a()parente de Tibère , qui semblait n'oser le tenter. S'avançant sur les bords du Heuve , ils provoquent par des acclamations insultantes les légions qui bordent la rive opposée. De nombreux navires paraissent alors au loin sur le fleuve , qu'ils remontent à force de rames. Tibère les avait l'ail amener par le eaiial de Drusus sur les cètes de I Océan , et son était servi pour son expédition contre les Gauques. Tandis que les Semnones admirent leurs formes inusitées el les tours qui les surmontent , les machines disposées dans ces tours lancent des pierres énormes qui écrasent des rangs entiers. La terreur les disperse , et Tarmée romaine , qui trave^^a aussitôt le fleuve , ayant pressé vivement les fuyards, cette armée, qui était ie dernier espoir des Semnones , fut presque entièrement écrasée.
Leur constance élait abattue , el ils demandèrent la paix, libère reçut leurs soumissions avec la même bienveillance et le même appareil qu il avait montrés après sa victoire contre les Canques. 11 dirigea aussitôt les légions sur les bords du Kliiti , pour réprimer là ligue que formaient les Canninéfates. Ce peuple , le plus puissant des peuples bataves, avait étendu par les armes, au delà du Kbin, les limites de son terri-