‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 105 sur 160 · LIVRE Vlï · texte numérisé non relu

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plèèreni aux faibles ressources du reste des haMlanls. . Mais et» mesures n'avaient fait qu'ajourner la crise

qui s annonçait, et qui ue larda ^uis a devenir immineate. Auguste venait d être informé par ses agents que les greniers publics ne renfermaient plus d'approvisiounements que i)Our trois jours, et lel était sou désespoir, suivant le témoignage dAurélius Victor, qu'il délibérait d'attenter sur sa vie. Il fut alors instruit que les flottes de TÉgypte et de l'Afrique venaient d'entrer dans les ports de i'Ualie. Le peuple, toujours extrême « attribua ce secours inespéré à Theureuse fortune de son prince.

Les premiers soins d Auguste , lorsqu il lut délivré de ce danger , eurent pour but de le prévenir désormais» et il voulait même abolir les distributions gratuites de grains, qui entretenaient le dégoût des citoyens pour les travaux de fagriculture. Mais les grands de Home auraient pu obtenir par ces distributions une dangereuse popularité ; il se borna donc à prendre des mesures pour assurer contre les caprices des éléoients les approvisionnements de Rome. Ce fut Tobjet des édits que le préfet des vivres publia , par ses ordres , pour régler les obligations des marchands de blé , et de ceux qui sous- louaient aux fermiers des impôts les terres publiques.

Les sollicitudes du prince dans ces pénibles circn»stances avaient été aggravées par d*atroces libelles , qui appelaient sur sa tèle les vengeances populaires : il ordonna d'en recbercber les auteurs, et c'était pour obtenir cet ordre que Livie avait secrètement provoqué la publication des libelles.

Livie aspirait à consommer la perte dAgrippa Posthume. Tibère ne concevait plus d'alarmes sur ce

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rival de|>uis son exil , et croyait n'avoir à redouter qoe GeruumicHs. Mais la politique de Livie èUit plus profonde et plus prévoyante. Elle s'alarmait des regrets {fAnguste sur la disgrâce du (ils de Julie et ne devait être satisfaite qu'après Tavoir rendue irrévocable. Une occasion favorable venait de s'offrir ; ses agents avaient intercepté une lettre de Panlos , époux de la jeune Julie; Paulus encourageait les espérances d'Agrippa Postbume, et lui promettait l'appui de Plan* Uns y bomme obscur, mais très-influent sur la multitude. A la faveur des rcclit^rclies ordonnées par Auguste > Livie diaugea ea prqjets de conspiration ces vagnes indices.

Les délateurs accusèrent Paulus et Piautius d'un complot formé pour ramener Agrippa Poslhume dans Komeet provoquer sous son nom une révolution dans le gouvernement. Dion n'a pas compris Paulus dans celle accuhalioQ : pour en justifier Plaulius , il se contente d'aiiégucr son incapacité.

$ 15. Livie ne redoutait ni Piautius ni Paulus ; elle les poursuivait comme les instruments de ses ennemis se*» (•rets, et voulait proûler de leur témérité , pour consommer la perte d' Agrippa Postbuoie. Les rapports doses agents avaient ranimé les ressentim^ts d'An* guste contre ce jeune homme, dont un exil peu rigoureux aurait dù amener ie repentir, et n avait fait qu'accroître la dépravation et ringralitude.

La complicité d' Agrippa dam les projets formés pour sou l'Icvaliuii iiaraîl d'ailieurs assez établie. Mais ces prc^ts n élaieul dirigés que contre Livie , dont les ennemis voulaient renverser l influence. Livie su|>posa au petit-lils d'Auguste des vues plus élevées, â autorisant même dcsmutils qui semblaient les rendre

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invraiseniblables , de la faiblesse de son âge et de l'enfance prolongée de sou esprit. Incapable de les concevoift il était donc secrètemenl dirigé par des liommes habiles ; et que ne pouvaient de tels hommes lor»-> qu'ils abusaient de sou iiooi et de ses aveugles transports * pour tenter» sans péril pour eux-mêmes, les pfais aodadeiises entreprises ?

Plantius et Paolus , victimes des eraliites inspirées par leurs complices , furent condamnés à la rélégation. Cette peine était prononcée par un sénaluscoBsaite qu'Auguste venait de provoquer contre les libelles, mais , ainsi que nous le verrons , pour saUsfaire d autres ressentiments.

La seut^ee portée contre les compiiœs d'AgHppa Posthume fut le prélude du triste sort que lui destinait Livie. Auguste consentit enfin à prendre contre son petit-lils les mesures qui avaient rendu la perte de sa flUe irrévocable ; un séuatus-consulte le relégua dans nie de Planasic, et ordonna la confiscation de ses biens. Agrippa fut gardé à vue dans son ile par un tribun militaire » et toujours menacé de la mort , dont le signal devait être donné par le dernier soupir d'Auguste.

Si l'on en croit Patercuius, le iihî de Julie avait mérité , par la férocité de ses mœurs et son incorrigible dépravation , une aussi cruelle destinée. Le témoignage plus grave de Tacite lui est aussi plus favorable. Ses torts n'eurent d'autre cause qu'un naturel altier et les vices de son éducation ; son infortune fut le crime de Livie, qui abusa contre lui de 1 ascendant qu elle exer^'ait sur la vieillesse d'Auguste.

Ainsi s'annonçait , dans un avenir plus éloigné , mais déjà presque inévitable y le sort qui était réservé

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a Geiiîianicns. Ce brillant ieîine hoiunic êlait alors sous le eharme des preuves de tendresse que lui donnait Livie , et des espérances qui entretenaient son aTeuglement Avant de montrer par quelle funeste politique ses illusions devaienlêlre déçues, nous allons offrir les détails qui oui été annoncés sur les denx lois dont la publication avait été la première came des troubles de cette année (1 ) ^ 16. Ces lois avaient pour objet , Tune de fonder un Irésor militaire , l'autre d'établir un Impôt du vingtième sur les successions collatérales. Elles devaient compléter le système des lois militaires et des lois liseaies , dont nous avons vu la fréquente analogie, malgré la dlflérence de leur nature. Auguste alléguait en elTet la nécessité de pourvoir à la défense et à la izloire de i empire pour amener les citoyens romains à supporter leur part des charges publiques , et ses lois fiscales étalent ainsi le plus souvent anlorisées par des lois sur ie service militaire.

Les dépenses de l armée s'étaient même fort accrues; le trésor s^épuisait sans cesse pour satis£aire aux exigences de ses soldats, qui disposaient de Tempire; la solde des légionnaires avait été doublée sous Jules-César, et portée à dix as par Jour ou huit décimes. Celle des soldats prétoriens avait alors été fixée à quinze as, et Aup^iiste layant fait doubler encore par un décret du sénat, elle s élevait depuis à trente as par jour.

Lessoldats recevaient de plus des distributions connues sousie nom de donaii^um , réservées d abord

(1) Dion, LV, iO el suiv — Aur VicL, Épll 1. — Palerc. . U . I!2. — Suct. , Aun. , 10 , i > et — Tacit , Ann. 1 , 4 cl suiv. Biarkwel, tom. Vit , pa^. liô. — kou , Rom. , toui. U, pag. 54.

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