‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 106 sur 160 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

pour des circonstaBces extraordinaires, elles deye» liaient de jour en jour plus Wqiienles.

Une cliarge bieu plus onéreuse pour le trésor étail l'effel des récompenses pècitnîaires promises aux soldats à Texplralion du service militaire, qui avait d'abord été réglé à vingt ans. Auguste les avait longtemps satisfaits par des concessions de terres prises sur les confiscations qu'avaient produites les guerres civiles; obligé ensuite d'y suppléer par des assignations sur le domaine de l élat, la dioiioulion rapide des revenus publics Tobligea bientôt de suspendre ces concessions. On vit alors s'accroître sans mesure le nombre des vétérans qui restaient attachés à leurs légions y dispensés de tout service , et sollicitant en vain des récompenses. Leurs murmures, déjà trop con* tagieux, éclatèrent avec violence lorsque Auguste réunit huit légions dans les Gaules pour la guerre sieambrique.

Ce prince recevait alors de Rome les plaintes de ses

agents sur la résistance des citoyeiis au sénalus-consuite sur le mariage, ii ût annoncer que les réclamations des vétérans ne pouvaient plus être ajournées, et que la pénurie du trésor public allait le réduire à de nouvelles ( oncessions de terres. Les citoyens crurent voir renaître les désastreuses époques des conlis« cations, et leurs terreurs firent cesser tous les obstacles à Texécution du sénatus-consulte.

Auguste, rassuré sur les embarras du trésor public, s'occupa alors de satisfaire ses vétérans. Ce fut Tol^et de lun des édits qu'il fit lire dans le sénat , Fan 741 de Rome , à son retour des bords du Khin. Le temps du service miiilaire était réduit à seize ans pour les légions, et à douze ans pour les cohortes prétoriennes.

m SIECLE D'AUGUSTE.

Une récompense en argent était assignée après ce

terme aux vétérans.

Les citoyens applaudirent , déli?rés de leurs alarmes. Les soldats firent entendre des nnrmures ; ils avaient espéré des concessions de terres. Auguste contint les uns par ses ineoaces , et les plus séditieux par la secrète promesse de les établir dans ses colonies. Les oflSders Airent surtout Tobjet de ses soins : Il accroissait par ses dons les récompenses qui leur étaient assurées en raison de leur grade , coastaainient occopè de pourvoir à leur atsance, dit Suétone. Il voulait ainsi les préserver des inspirations de la détresse; eux seuls en eiîet pouvaient rendre les soulèvements des légionnaires dangereux » en abusant de leurs anciennes relations dans les armées.

Pour donner une juste idée des charges qu'Auguste imposait ainsi sur le trésor public, il nous reste à Aiire connaître Tétat militaire qu'il avait fondé. Ces notions font d'ailleurs partie de son histoire.

§ i7. Les institutions militaires , à 1 exemple des institu- * tiens ci viles^ avaient conservé leurs anciennes formes. La légion était toujours une armée complète qui se composait de dix cohortes de cinq cents hommes pour Tinfanterie, de trois cents cavaliers, de frondeurs et autres troupes légères, en tout, d*environ six mille hommes , et qui était pourvue de tout Taltirail du campement et de toutes les machines de guerre. Le mode du recrutement et les régies de la discipline étalent aussi restés les mêmes : le fond seul et Tesprit de larmée était changé ; les soldats, qui n'avaient pas cessé jusqu'alors de se considérer comme les citoyens de la république , lorsqu'ils -passaient sous les drapeaux pour sa défense , étaient devenus les soldais du

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