‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 109 sur 160 · LIVRE VJI · texte numérisé non relu

LIVRE VJI

Auguste se conleDlaii même rarement de leurs dons

volonlaiK s ; on a pu en juçrer par Texemplo tl liérode, dont le testameol portait des legs considérables eu sa faveur , et doot rentière succession fut néanmoins tfr

proie des agents du fisc.

Les procurateurs du prince avaient aussi fait comprendre dans les droits du tisc une partie du revenu du trésor , et spécialement toutes les prestations en nature. Ils accroissaient leurs récoltes par les plus étranges sublililés» comme le prouve le délit qu ils avaient qualifié de quasi-péculat. Lorsque , par Tordre du prince, ils prêtaient une somme sans intérêt, la caution était tenue de garantir le double de la dette. La dette était en effet doublée à défaut de payement au terme prescrit , parée qu'ils faisaient condamner le débiteur aux peines du pèculat, comme détenteur des deniers publics.

L'attribution au fisc des prestations en nature avait amené rétablissement d*une nouvelle classe d'agents connus sous le nom âe/rumef/t aires. Ils veillaient aux rentrées de ces prestations et en dirigeaient l'emploi; ils étaient aussi chargés du service des postes du gou- vernement et de toutes les fonctions de police. Leui surveillance s exerçait par ées station nau es ou soldats établis en station dans chaque relais , et ils adressaient directement leurs rapports au prince. Leurs dénonciations fréquentes et les mesures arbitraires dont ils étaient les provocateurs ou les instruments les avaient rendus TelTroi des provinces.

Pour compléter ces explications sur les flnances de Tempire, il nous reste à faire connaître ses dépenses. :Nous avons exposé celles qu'entraînait Tétat militaire; révaluation des autres dépenses exigera quelques

:m SIECLE D AUGUSTE.

Mois piéaliblM «or l'ateteistralîM d^Ai^OBleU). {Si. La sagesse de TadmiDistratioD d'Auguste devait être

son plus beau titre de gloire , et suffirait pour ju&tiiier tes iMHiiiiuigci qu'il a obteoos de la postérité la plus recalée. Quand on la considère dans ses cèéts , on

croit voir un astre vivifiant se lever sur Tempire pour dissiper les sédiments impurs qu avaient déposés les guerres civiles, pour féconder les germes réparateurs de rindustrie commerciale et agricole qu'elles avaient frappés de stérilité. Elle a produit le plus briUaut exemple de prospérité publicpie dont riiîstoîre ait conservé le souv^ir dans ses annales.

L'histoire, il est vrai, n'a jamais offert d'empire aussi justement célèbre par le génie audacieux et élevé de ses fondateurs , par Timposant ensemble et raccord de ses parties. La mer Méditerranée en formait le centre, et unissait tous les peuples qu'il comprenait dans ses vastes limites. Du sein de Tltalie y que Ton voyait s'avancer an milieu de cette mer comme un vaste promontoire, Rome dictait ses lois à Tantique Orient, premier berceau de la civilisation naissante; aux contrées de rOccident , qui devaient Toffrir un jour dans les prodiges de sa maturité. Sur toute Tèten» due de celte mer, de vastes ports et des côtes d'un abord facile offraient des abris à ses vaisseaux. Seule elle y exerçait la domination longtemps disputée entre des cités jadis si puissantes , désormais humbles rivales pour les faveurs de la cité souveraine. Des îles sans nombre , et qui formaient la cinquième partie de son empire , développaient sous sa protection ce génie entreprenant, jusqu alors fécond en troubles civils, et

(1) Gicer. ad AUlc. , II . 16. Svét. , Géf 49. - Dion, XLVII , 51. * Pilisc. » Antiq. , ¥<> Portorimn. Bumas, Veeltg. , X.

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