‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 110 sur 160 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE VU

qui se sigoalait alors par les créations de 1 induslrie oa les spëcolatioDs da commerce.

Le prince le plus éclairé qui ait jamais gouverné les hommes avait alors réalisé les vœux que Tuu de nos pablieistes adressait naguère aux nattons euro* pèennes, « de ramener les efforts de Tindustrie com* merciale au pourtour de la MéditeiraDèe, et de chercher les nouveaux progrès de la civilisation aux lieux où sont nés et se sont perfectionnés les arts qui ont civilisé le monde. i» Ses efforts , également inspirés par la nature de son génie et par les intérêts de sa puissance, étaient secondés par l'activité inqnièle et désormais sans aliments qu'avaient enfantée les guerres Intestines. Il a ainsi justemenl obtenu les constants éloges des historiens, u Le gouvernement d'Auguste, dit Aobertson , fut surtout remarquable par l'union de raetivité à rintelHgence , et par sa mervdlleuse adresse à faire tendre vers un même but les intérélâ si divers de tant de peuples. Il imprima un essor rapide à leur industrie , et les spéculations du commerce acquirent de vastes développements à Tabri de la paix profonde qu il leur avait apurée. »

L'industrie sociale ne dut pas seulement ses progrès rapides aux dons et aux encouragements d'Auguste. Ce prince l avait auï^si favorisée en ramenant par la paix y chez les peuples civilisés , les besoins de l'opulence ; en les fiiisant connaître par les bienfaits de la civilisation aux autres peuples. Il inspirait à tous les arts une émulation qui devait être féconde ea chefsd'œuvse et en inventions nouvelles. Souvent contrarié par rinfluence de l'esclavage , il n'avait pu rendre à lagriculiure en Italie son ancienne prospérité , et nous avons aussi vu Timpuissance de ses efforts pour faire

SÏELLE li'AUGUSTË.

adopter rinvention alors mente des moulins à eau.

Mais Tagriculture^ secondée avec plus de succès dans les provinces , y conserva tovjoars le premier rang parmi les arts de rindnstrie. Elle vivifia surtout par ses bieufaib les (iruYioces récemment soumises. Les prodactions des lieureux climats de rodent y fil* rent natnnlisées. Leseanx corrompue» qol inreslaient l aii , el les épaisses forêts qui gênaient sa circulation , tirent place à des moissons abondantes. On vit s'étendre jasqo*aax climats devenus plus sains et moins rudes cette vivifiante infloence qui avait changé le caractère et les mœurs de leurs habitants (4). $ S2. Le commerce rivalisa de prospérité avec l'indus- 750. trie y dont il échangeait les produits. Dédaigné par les

Romains , il ii eul pas à redouU r la concurrence des hommes puissants ; et les prélen lions rivales des états voisins fiirent constamment réprimées. Ses seules entraves résultèrent des barrières qui avaient été maintenues entre les diverses provinces de l onipire.

Auguste s'attacha surtout à favoriser la navigatioUr dont il avait préparé les progrès en formant des marins habiles par ses guerres contre Sexlus Pompée et contre la reine d'Égypte. il avait aussi rapidement perfectionné , dans ces guerres , l'art des constructions maritimes ; ses navires , d'abord lourds et grossiers , objet de risée pour ses ennemis , avaient ensuite excité l'admiration des navigateurs. 11 en fit la récompense de ceux qui avaient obtenu les plus brillants succès, et ce prix offert à leur audace leur rendit accessibles les côtes les plus éloignées. •

L'adoption des lois Khodiennes , dont nous Tavon»

(1} Braujour, Th. des Gouvern., X, 8. — ilobei bon , sur Tlnder » secl. 2.

UVA£ Vil. at5

\u faire ie droit coiiimuD de rem|)ire , fut un des témoignages les plus signalés de sa protection pour le commerce maritime. Il acheva d'en favoriser les dé-

Yeloppements par Texteiisioa rapide qu'il donna au commerce de l'empire avec les Indes.

La ville de Bérénice , située sur les côtes de la nm Rouge , était le principal enlrepot de ce commerce. Ses navigateurs parvenaient par le golfe Arabique Jusqu'à Océlis, sur le bord opposé du détroit, et se dirigeaient ensuite, par les c6te6 de l'Océan» snr cette partie de l'Inde qu Alexandre avait jadis soumise. A^ugusle leur suscita des rivaux en ouvrant, à travers les états de Gandace, une route nouvelle qui parvenait sur d'autres côtes de la mer Rouge, et en attirant sur cette route tout le commerce de 1 Airique, dont il garantit la sécurité par ses expéditions contre les Marmarldes et les Garamaolfs. Telle fut bientét l'ardeur de leur concurrence, quils ne se l)onièrent pas longtemps à la navigation sur les côtes. Une combinaison hardie, fondée sur Tétude des vents, suppléa à leur ignorance de la boussole. Peu de temps après la mort d Auguste, Hippale , s abandonnant a la pleine mer, se dirigea en ligne droite d Océlis sur la côte opposée de rinde, appelée depuis la c6te de Malabar, et parvint en quarante jours au port de Musiris.

Robertson s'exprime ainsi sur le succès de l impul* slon donnée par Auguste : « Les progrés du commeiic des Rumains avec les Indes furent si rapides, quïls doivent paraître extraordinaires , même dans notre siècle , où Ton a donné à ce commerce de si prodigieux développements. »

La route des Ind<'s par 1 l^iiplirale et par le golfe Per&ique , (|uoique moins facile que celle de TÉgypte,

fui longtemps plus favorable au commerce , qui par^ venait ainsi dans les ▼illes opolentes de l'Aaie eapè*

Heure et de la Chine. Les Parthes l avaient ensuite interceptée , en refusant aux étrangers le passage sar leun vastes états ; m^is Paimyre la rouvrit k son commeroe , en achetant leur tolèranee. EUe s'était ainsi placée au premier rang des villes de l'Orient , lorsque la lutte entre les Romains et les Parthes menaça celte limite commnne des deux empires. La témérité d*An^ toine la défendit contre ses entreprises. Elle n'eût pu résister ensuite aux eflbrls d'Auguste ; mais ce prince pins habile , et conseillé alors par Hérode , accueillit ses propositions. Paimyre conserva les avantagea de sa neutralité , qui fureol étendus, par son entremise, aux villes de la Syrie , dont Topuience s'accrut ainsi sans mesure. Déjà le centre et Tentrepôt d'un vaste commerce , elle s^éleva rapidement à cette prospérité sans bornes dont la reine Zénobie devait ensuite abuser , pour prétendre à la suprématie de l'CMent. Aurélien couvrit alors de ses mines les déserts dont elle était la merveille , mais il prépara ainsi la décadence des villes de la Syrie (i).

j 95. Auguste prodiguait cependant ses trésors pour les 7M. travaux publics qui devaient seconder ou manifester les progrés de Tindustrie sociale. Les bornes d'une histoire ne permettent que d'indiquer les ports , les canaux , les aqueducs sans nombre qu'il fit construire sous son principal. Le port de Misène avait été construit pour la guerre de Sicile ; le port de Ravenna fut un des travaux de la paix. Une rade vaste et priH fonde , creusée dans la l)Ouche du P6 , sur la mer

(i> ftuberuon, sur llr.dc, «6t<f. '

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