‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 12 sur 160 · LIVRE · texte numérisé non relu

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PêBfUmt celte dii&fereiise nég^ociation , il n'entrait

au sénat qu'avec des armes et une cuirasse , suivi de dix sénateurs également armés sous leur toge. Nui membre de ce corps n'était admis à son audience que Mil M après êifiAt été fouIHé. N'osant pousser la r^ forme plus loin , il ne sonj^ea plus qu'à se concilier ceux qu ii n'avait pu intimider. La loi Senia , rendue deux ans auparavant pour Fautoriser à créer de nouveaux patriciens , lui offrit les moyens de s'attacher presque tous les plébéiens , qui étaient membres du aèaai. Il abusa du droit de former les listes des magistratures /potir en conférer, ainsi que Jules-César, le titr^ à ceux qui ne les avaient pas exercées ; Cluvins et Furnius, que te trop grand nomkM*e de désigoations avait empêchés cette année d'entrer en possession du consulat , furent néanmoins inscrits sur ta liste des consulaires. Octave s'attacha d'autres sénateurs par ses libéralités; aux uns , ii complélait le cens de 800,000 sesterces , ou 160,000 fr. , prescrit par les lois ; aux antres , il payait les frais de l'édilité curule, magistrature dispendieuse , mais qui seule ouvrait r«ccôs du consulat.

Agrippa cependant l'avait remplacé , comme son dèléofué, pour toutes les autres fonctions de la censure. En cette qualité , il avait procédé d'abord au cens ou dénombrement du peuple, interrompu depuis quarante-un ans. La clôture du lustre eut lieu bientôt avec les solennités accoutumées. Elle constata que le nombre de ceux qui jouissaient dans Tempire du droit de citè s'élevait à 4,161^,000 : ce nombre, d'après les calculs usités , supposait plus de 16 millions d individus , de tout âge et de tout sexe , composant la grande Aimille romaine.

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Les réformes terminées y Agrippa fîat chargé de dresser la liste du sénat. Il plaça en téte le nom d'Octave , et lui conféra ainsi le titre de prinee. Cette nomination était conforme à l'usage ordinaire , car le censeur qui lormait la liste avait constamment mis en tète le plus ancien des censeurs ou le plus éminent des citoyens. Octave se trouvait seul avoir exercé la censure , depuis si longtemps interrompue ; il était d'ailleurs reconnu pour le premier des Komaios. Le titre de prince n'attribuait , au surplus , ni pouvoir ni prérogative, pas même celle d'opiner le premier dans les délibci allons. Mais nulle distinction n'était plus républicaine ; la politique d Octave se décèle tout entière dans cette puissance souveraine, exprimée sous le même nom de principat , qui avait si longtemps désigné la prééminence Lonurilique des Scipion et des Méteilus.

Le zèle d'Agrippa fut récompensé par one alliance qui le consola de ses infortunes domestiques, n avait

épousé Attica, fille d'Atlicus, et cette union avait d'abord été heureuse. IVIais , pendant la guerre contre Antoine , Attica perdit son père ; et , pour distraire sa douleur par la culture des lettres , elle se retira à \i\ campai^ne avec Caecilius , son afiranclii , qui dirigeait ses études. L abus de cette familiarité trpp intime devint public ; Caecilius se réfugia en Égypte» auprès de Gallus qui le protégeait , et Agrippa répudia son épouse. Octave lui lit accorder en mariage Marceiia , rainée des filles du premier Ut d'Octavie.

Parmi les Jeux donnés à celte occaston , on distingua les courses à pied et les combats d'athlètes. Dans Jin stade qu Agrippa avait fait construire au Champ* de-Mars, il offrit pour la première fois aux Romains

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Fimage iidèle des jeux gymniques de la Grèce. Octave et Agrippa célébrèrent ensuite l'anniversaire de la^ victoire d' Actium par les Jeux équestres , ou jeux de Troie. Uii décret du sénai ordonna que ces jeux seraient renouvelés tous les cinq ans , et tour à tour, par Tun des collèges de pontifes.

L'assemblée des comices pour réleeUon des magistrats était cependant convoquée. Octave fut élu consul pour cinq ans. Cette nomination anticipée attira peu rattentioD ; on en avait vu de fréquents exemples depuis le triumvirat. On se la rappela lorsque Octave, au terme de cinq ans ^ abdiqua la souveraine magistrature (1).

Mais Octave ne tarda pas à reconnaître que ni son $ 7.

principal ni celte magistrature annuelle ne pouvaient ^ao. désormais se concilier avec le titre de triumvir. 11 ne devait plus se borner à dissimuler ce titre , mais se résoudre à l'abdiquer ouvertement; C'est en vue de cette mesure décisive, qu'il avait redoublé de sollicitudes pour foire chérir ou admirer son gouvernement. Il avait ordonné que les distributions de blé, souvent interrompues depuis les ( iraeques , seraient à l'avenir régulières \ il avait porté à deux cent mille le nombre des citoyens inscrits sur la liste , et accordé une distribution quadruple pour cette année. Il ne s'était pas seulement occupé de pourvoir aux besoins du peuple : l'éclat des jeux publics » le choix des bêtes féroces , dont le sang coulait à longs flots dans Taréne , les luttes fréquentes des gladiateurs, attestèrent le soin qu'il prenait des plaisirs des citoyens : si toutefois son zèle était désintéressé» car c'était surtout pour

(1) Mémoires ffp Jilackwell SUT la cour d'Augusle , fin du liv. 13. Suet. Aug. S7. Tacit. Aoo. 111, as. Gaiaob. in Suet. Ces. 76.

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les èlaiguer du Forum qu il les aUirait ainsi aux combats du Gmiae. Il voulait , suivant TexprasiM anère de Juvénal , amener ce même peuple , qui avait dooué

les faisceaux et l'empire, h n'élever plus la voix, que pour demander du paio et des spectacles.

Cependant un décret du sénat relevait les citoyens (le tous 1( s ongagements , au 1res que les baux à loyer, contractés envers Tétat, et leur taisait, sans distinction y Tatiandoa de tons tes arrérages. Pour rassurer le peuple sur la crainte des nouvelles recherclieSy Octave brûla les registres constatant leurs obligations. Tl s était ménagé un prétexte à ces lit>éralités en rétablissant le trésor public , dont les triumvirs n'avaient laissé que le nom, lorsqu'ils s'étaient emparés de tous les revenus de 1 état ; il ie distingua du lise , ou trésor particulier du prince , et pourvut à ses premiers be- '.soins en lui prêtant sans intérêt des sommes considé» rables. Les emprunts, qui achevèrent de le remplir, eurent surtout pour but d intéresser les citoyens au maintteo de la paix , en liant leur fortune à la fortune publique.

La garde du trésor avait été de tous temps confiée aux questeurs. Octave allégua que cette fonction si importante ne convenait pas à des Jeunes gens qui débutaient dans la carrière des magistratures; il la fit conférer à deux anciens préteurs , que Ton appela les prêteurs, et plus tard les préfets du trésor. li laissa d'abord leur nomination au sénat, et ne tarda pas à se l'attribuer. Ce fut la première de ses entreprises pour faire passer les magistratures républicaines à ses délégués ; et ses concessions ne devaient être le plus souvent que le voile d'une usurpation nouvelle. Il conserva néanmoins aux questeurs.

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dans les provioces, TadmlDistnition des finances.

Au surplus , les revt iuis du lise étaient égalemeot consacrés à l'utilité publique ; Octave les prodiguait alors pour élever dans Rome des monuments dignes de la capitale du monde. 11 venait de iaiie la dédicace d'un temple desliné au culte d'Apollon -Palatin. Il terminait les portiques circulaires qui entouraient le nouveau Forum , et qui devaient être décorés par les statues (les grands hommes de la république; hommage qu il avait déjà rendu à Pompée , eu plaçant sa statue sous l'arcade en marbre de son théâtre. Dans Fenceinte formée par les portiques, il faisait construire plusieurs édiûces, et le temple de Mars- Vengeur, qu'il avait voué au moment d'aller combattre Bru tas et Gassius. Tel devait être ce Forum, qui attestait , ditSénèque, les progrès de la corruption publique. L'ancien Forum et celui de Jules-César ne pouvaient plus contenir cette foule de plaideurs sans cesse accrue par la multitude de larcins, de fraudes et de violatiouâ de dépôts qui se commettaient dans Rome.

Agrippa , de son côté y faisait un semblable usage de sa grande opulence. Plusieurs grands de Rome consacrèrent aussi leur fortune à des monuments publics. Plancus construisit le temple de Saturne , Corniûcius celui de Diane , Pliilippus celui d'Hercule- Musagète ; Taurus et Balbus terminèrent chacun leur théâtre. Pollion flt élever un vaste portique devant le temple de laLiberté ; liommage tardif à cette déesse, qui avait eu ses premiers vœux , mais qull avait abandonnée lorsque, le sentiment de ses forces le jetant au milieu des factions , il était devenu le lieutenant de Jules-César. Octave i'avait vu à regret s'autoriser d€s liaisons qu'il conservait avec Antoine, pour restér

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B0Oti«ëaas la dernière guerre; U n'avait pas laissé de M témoiipBer de la bieBTeillance , et il se montra flaltë de l avoir associé à ses travaux.

Le prince attachait d autant plus de prix à entretesir cette wjhie èmalation , que le penchant nouveau dee eitoyena pour la magnificence privée se manifestait dans les nombreux édiflces qu'ils bâtissaient de toutes parts. I^'osant les interdire , il voulut du moins restPBlBdre leur élévation , et il défendit de la porter an delà de soixante et dix pieds dans le voisinage des mes et des places publiques. Il s ellorrart cependant de réveUter lezélepour les monuments publics , qui s'était perpétué dans tontes les grandes familles» et comme plusieurs avaient perdu leur fortune , il en éleva sons leur nom , ou iit restaurer ceux qui étaient l'ouvrage de leurs ancêtres. L'inflaenoe de ces exemples ne se benui pas à Rome et aux contrées voisines» elfe s'étendit à tout l'empire ; et Jusque dans les provinces les pios reculées , les habitants rivalisèrent de zèle pour concowir à l'embelUssement de leur patrie.

Octave ne s'était pas borné toutefois à favoriser les créations de Topulence. Il avait aussi imprimé une impulsion féconde au commerce et à Tindustrie , dont yessor était fiivorisé par les ricbeflses qu'il avait rapportées de rOrient. La rémion de TÉgypte à l'empire semblait assurer la durée de ces heureux résultats : &ome attirait dans son sein Targent qu'un vaste commerce maritime faisait attuer dans Afexandrie » et le faisait circuler ensuite dans les provinces , pour y vivifier toutes les sources de la prospérité publique, j 3 Par ces résultat» si prompts et si brillants ^une sage 797. ndarinistf atien» Octave s^étatt concilié raflfection prèsque unanime des citoyens. Il mit le comble à leur

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