LIVRE Vil
Adriatique , prépara la grandeur de cette ville , qui devait être l'un des boulevards de Tempire.
Parmi les autres ports constniits en Italie, on re« marqua le port de Rimini , pour la forme heureuse de son enceinte et la richesse de ses quais, revêtus en marbre. Le nouveau port d'Ostie, commencé avec de graods frais , fdt ensuite abandonné par Auguste , mais ses travaux pour rencaissement dn Tibre assurèrent Técoulement des sables qui avaient comblé Tancien port , et préparèrent le succès des efforts de Claiide pour rachévement de celui qu'il n'avait pu terminer.
Des travaux plus dispendieux encore furent entrepris aux marais Pontins; le rétablissement de l'anden canal de Géthégus et Tonverture de nouveaux canaux, ne purent toutefois rendre à la culture qu une partie de ces marais. Leur dessèchement complet devait être un desbienCidts du principat de 'iDniJan.
Nous ne trouvons que des renseignements imparfaits sur les aqueducs construits par Auguste, et sur les ports ou canaux creusés par ses ordres dans les provinces. Les historiens n'en font le plus souvent aucune mention , et le canal qui détournait un brat du RUn sur ie iac Flévo ne parait avoir attiré leun^ regards que comme une des opérations de la guerre de Germanie. On est sans cesse obligé , dit le commentateur de Dion , de suppléer à leur silence par le témoignage des médailles et des inscriptions. Mouf ferons donc seulement observer qu une partie de cet immenses travaux fui ent exécutés aux frais d' Agrippa, de plusieurs grands de Rome et des citoyens opulents des provinces. Auguste était parvenu à maintenir sous la monarchie ce zèle des citoyens pour les dé-
penses publiques qui semblait ne pouvoir èlrc l'effet qae des inslitotioDs républicaines, li devait ce sQccès à son respect constant ponr les formes de Tètat populaire, toujours rhères aux Komains et à une partie des peuples de i empire.
DÂns plusieurs villes opulentes de lt)rient, Tor- ^ueW national s'était manifesté par des basiliques et des théâtres construits avec une splendeur qui semblait ne pouvoir être égalée par la cité souveraine. Mécène avait proposé de ne pas tolérer ces rivalités; mais Auguste eût craint d'affaiblir l'émulation générale qu il avait inspirée. Kome conserva par ses soins la supériorité dans cette lutte de magnificence ; il s'an* torisait ainsi à déclarer ensuite à ses amis qu'il avait reju une ville de briques y et quïl laissait une ville de ^ marbre (1).
{ 94. Toutefois , ce fut surtout dans Jes voies militaires
qu'Auguste laissa Tempreinte du génie supérieur qui présidait aux. destinées de l empire. Mous avons fait connaître plusieurs de ces routes , les unes construites en Italie, les autres creusées dans les âpres rochers des Alpes , ou dirigées à travers les Gaules et les Espagnes. Nous nous bornerons , pour les autres provinces , k considérer ces routes dans leur ensemble , en réunissant sous un niùiiic nom celles qui avaient une direction commune.
La vole militaire qui traversait Tempire dans sa longueur, de l'occident à lorient , partait de Lisbonne et aboutissait sur Aquilèe , où elle se divisait en d( n\ brancbes. L une de ces branches , se confondant à Dirrachium , avec raocienne voie Ëgnatia , parcou-
(1) Reymar, sur tUoii, LXXV, 10. — Suél.. Aug., 49. - Pline, Hisl. ml., Ul.^Sirab , lib. V.