LIVRE VU
rail la Tbrace jusqu'à PèriDtbe ; Taulre branche pai-
sait par Sciscia et Tanrunum , depuis Belgrade , sui* vaîl le cours du Daoube , et , parvenue à Tomos , dans la Scy tbie romaioe , revenait par Ostadîzum ea Thrace : toutes deux se réunissaient à Byianee , pour se diriger parNicomédie et par Anlioche jusqu a C>rrhus et Edesse sur l'Euplirale , au point où ce lleuve formait Textrëmlté orientale de renipire. La mesure totale de cette voie militaire fut de quatre mille milles, et Ton sait que le mille romain était de 1,545 mètres.
Sur la largeur de Tempire , la voie militaire de Toecident partait de Cadix , et se divisait à Narfoonne
en deux branches ; l une, temiiaée au port de Coulogoe, l'autre à Leyde. Sa longueur totale , dans chacune de ces directions, était égalenient de deux mille milles. La voie militaire de Torient commençait à
Trapezus , depuis Trébizonde se dirigeait par An-
tioche sur Alexandrie , et traversait l Ëgypte jusqu'à Syéne, d'où elle fut continuée jusqu'au fort de Clysmos , sur le golfe Arabique , lorsque Au^jusle eut soumis rÉthiopie à son alliance. Avec ce prolongement y elle excéda trois mille milles romains.
Les voles militaires peuvent aussi être considérées dans leur direction autour des frontières de Tempire. Elles partaieut de Carliia;;e , et tendaient par Alexandrie et par Anliocbe vers Belgrade y d'où elles parvenaient par Strasbourg et par Narbonne à Cadix. Au delà du détroit y elles reprenaient à Tingis ou Tanger leur direction sur Carlhage , en traversant toute la Mauritanie. Cette courbe immense se développait sur une étendue do huit mille milles romains.
Nous ne ferons pas mention des embrancliements sans nombre aux routes principales qui furent égale-
ment construits au siècle d'Auguste. On n a pas besoin de ces détails pour Juger de Tandace fnne telle
entreprise. Mais, pour en apprécier les difficultés , il ne suffît pas de calculer d'aussi vastes distances.
Les voies militaires n'étaient pas en effet seulement remarquables par leur étendue : on n'a pas moins admiré leur masse si solide et à Tépreuve de tant de siècles » le grand nombre de monts aplanis et de cbaussées élevées pour les prolonger le pins souvent en ligne droite; la hardiesse des ponts jetés sur les fleuves : TAraxe , qui traversait la route de Trèbîsonde à la mer Caspienne » et qui n'avait Jamais souffert de construction dans ses flots , lutta vainement désormais contre le pont dont il s'était indigné. Le pont qui réunissait sur la voie Flaminienne les rochers entre lesquels coulait la Néra se composait de quatre arcades , élevées de cent cinquante pieds au-dessus du lit de cette rivière.
Uacbévement des voies militaires n'atteste pas moins radmlnistration active que la puissance d'Auguste. Les principales furent Touvrage de ses soldats, dont il maintenait ainsi la discipline. Des esclaves publics , des vagabonds, souvent même des malfaiteurs exécutaient les travaux les plus rudes sous leur surveillance » et les contrées voisines étaient taxées à un certain nombre d'ouvriers pour les seconder. D'autres routes furent construites aux frais des pays sujets ou alliés qu'elles devaient vivifier, et les rois eux-mêmes n'obtenaient le plus souvent d'être élevés ou confirmés sur le trOne qu'après s*être engagés ii ouvrir des voies militaires dans leurs états (1}.
(1) Bergier, Du Ckmin9 de Vtmpire. — IHnénUrê d^Anionin.
-*-virg., jEn,, vm» m