‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 116 sur 160 · LIVRE VUL itt · texte numérisé non relu

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exercée à la diâcipiiue des Kooiains. 11 aj)[)uyait ses frontières sur les vastes contours de la forêt Hercy* Dienne ; attentif d'ailleurs à s'y renfermer , prodige même de ses hommages envers le chef de l'empire. Mais, sous ces respects affectés, il laissait entrevoir le sentiment de ses forces , et dissimulait ses soins pour les accroître. Les habitants des provinces voisines , appelés dans ses états par des agents secrets , déser» talent en foule leur patrie , qui leur était devenue odieuse depuis qu'elle avait subi le joug des Romains.

Tibère exposa ces laits dans le conseil d'Auguste. Maraboduus avait acquis une puissance redoutable , et que cette émigration trop contagieuse fortifiait de . jour en jour. La position de son royaume était d*ailleurs menasaute ; ses frontières sur la ^oricie n'étaient séparées de celles de ritalie que par une route de deux cents milles, et Ton ne pouvait compter sur la soumission déjà chancelante des contrées qu'il aurait à franchir. Ses projets ambitieux s'étaient assez dévoilés: il fallait se hâter de les prévenir.

Auguste olLïiîoraii pas Tambition de Tibère et ses motifs pour eiLagérer des dangers incertains ou éloignés ; mais son conseil était formé des partisans de Livie. Il avait fini par céder à leurs instances , et Tibère avait re£U Tordre de préparer celte expédition.

Déjà deux années s'étaient avancées sur deux pointa différents en vue des frontières de la Bohème. Six légions du Rhin , sous les ordres de Sentius , avaient traversé le pays des Cattes , et établi leur camp non loin de la forêt Hercynienne. Six autrfBS légions avaient été réunies à Caruunte sur le Diinube , vers le point où la Morawa se jetait dans ce lleuvc , après avoir traversé la Moravie ; elles arrivaient de Tltalie et de

i'illyrie ; et Meâsalinus , qui commandait en Dalmatie, avait amené la vinj^lième légion.

Tibère passait en revue l'armée de Carnunte et se préparait à donner le signal d'une invasion dont ii se promettait un nouvel éclat pour sa renommée. Il reçut alors un courrier d'Auguste , qui lui ordonnait de conclure la paix avec Maraboduus , et d accourir avec toutes ses forces disponibles pour réprimer les soulévemenlsqiii avaient tclaté dans les provinces illyriennes.

Ses propositions de paix, furent accueillies avec empressement. La puissance romaine imprimait un tel respect qu'il suffisait à la gloire du roî de Bohème d'à* voir traité comme é^a\ avec le chef de FeTopire , et nous en jugerons par Tinfluence qu'il sacquit ainsi dans toute la Germanie.

Tibère renvoya alors Sentius sur le Rîiin avec trois légions et de nombreux corps auxiliaires. Il partit ensuite en diligence pour Sciscia, où ses autres lieutenants devaient le suivre à marches forcées avec le reste de Tarmée (1).

$ 5. Le soulèvement des provinces illyriennes avait été provoqué par les préparatifs de l'expédition contre la Bohême. Lorsque Messalinus était parti de la Dalmatie pour Carnunte, il avait cliargé son lieuteuaut d exiger le contingent de la province pour les corps auxiliaires de Tarmée. Les chefs des Dalmates s'Indignent à la vue de cette florissante jeunesse qui va prodiguer son sang pour étendre ia domination de ses oppresseurs ; sa généreuse ardeur serait bien mieux employée pour affranchir sa patrie !

Batoa avait le premier exprimé et s'eiTorj^ait de

(1) Dion, LV. — Palerc, U, 19. — Sirab.» lib. VU/

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