‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 117 sur 160 · LIVRE VIJI · texte numérisé non relu

LIVRE VIJI

communiquer ces sentiments. Il était cliet des Dèsidiatei ouDéciates , dont le lerriloire s'èteodaltsar les frontières conttguës à la Liburoîe. Ambitieax , entreprenant , fécond en ressources , il aspirait à diriger une vaste insurrection ; ses troupes étaient déjà secrètement réunies dans le voisinage ; il va les joindre au sortir de rassemblée , attaque à Timproviste les cohortes romaines i{u\ présidaient au recrutement , et les contraint à prendre la fuite. Cette heureuse audacf^ ayant réuni tous les Dalmates sous ses drapeaux , illl^tionduit surSalone , jadis capitale et boulevard de la Dalmatie , alors colonie romaine et instrument de sa servitade.

Mais , à la nouvelle de ces mouvements , la garnison avait reçu des renforts, et les Dalmates ignoraient d'ailleurs fart des sièges. Bâton ^ repoussé dans un assaut et grièvement blessé, apprend qu'un corps ennemi marché au secours de Salone. Il le surprend dans le désordre de la marche et couvre la honte de sa retraite par f éclat de sa victoire.

^La renommée de ces exploits s'étend bientôt dans la Pannonie. Le chei des Breuces , peuple établi sur les bords de la Save , au-dessus de Sciscia , portait , comme celui des Déciates, le nom de Bâton. Ce nom exalte son courage et rallie à lui tous les Pannoniens. Il court attaquer Sirmium : mais la garnison romaine était sur ses gardes , contraint de se replier » atteint et battu sur les bords de la Drave par Gécina Sévérus qui coiiimandait en Mœsie , il rallie ses soldats sur les confins de la Pannonie. Céc'ma n ose abandonner sa province pour l'y suivre , et Bâton parcourt librement ces contrées qui rivalisent de zèle pour lui fournir des renforts

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L'aspect de la goem devenait formidable ; des

corps nombreux se formaient à Tenvi , les RomaÎDS établis dans les villes et les vëtéraos qui rejoignaient leurs drapeaux étaient partout massacrés; les peuples de rilljrie s'étalent Instruits pendant la paix dans les arts de leurs vainqueurs , ils sorganisaient alors en cohortes et s'exersaientà imiter leur discipline. Bâton le Dalmate , qui dirigeait leurs conseils , avait fait décider la foruiation de trois années. L'une, sous les ordres du chef des Breuces , fut ciiargëe de la défense du pays ; Pinnés , autre général des Pannoniens , devait pénétrer avec une autre armée dans la Macé* doine , dont les dispositions hostiles pour les fVoniaius s'étaient manifestées au temps de la guerre de Thrace. Bâton devait former* l'attaque principale à la tète de la troisième armée. Il dirigea sa marche sur Trieste, promettant à ses soldats le pillage des villes les plus opulentes de Tltalle.

Auguste fut m proie aux plus vives alarmes; il déclara dans le sénat que les Uiesures de défense étaient urgentes; que si 1 ennemi n'était arrêté dans sa marche, il pouvait arriver en dix jours aux portes de Borne. Les levées furent pressées avec activité, et lous les vétérans rappelés sous le drapeau ; les riches furent taiés à un certain nombre d'esclaves qui étaient aussitôt affranebis et enrôlés; les sénateurs et les ebevaliers furent invités à concourir de tous leurs moyens pour la défense de la patrie. Ce lut alors , dit Patercultts , que la république demanda pour cbef Tibère , comme son plus sûr rempart dans le danger.

Messalinusavait reçu Tordre de prendre les devants avec sa légion , pendant que Tibère traitait de la paix avec le roi de Bohème. Il touchait aux frontières de la

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