‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 118 sur 160 · LIVRE Vlli. 4lft · texte numérisé non relu

LIVRE Vlli. 4lft

Dalmaiie loréqu ii aperjotl Batoa ie Dalmate, revenu rar MB p«» a?C€ dei corps d'élile qui formaienl plus

de viBgl mille homiBes. Digne héritier de la valeur de soB père, Messalinus Taliaque sans hésiter, et ie met en déroute après une lutte opiniâtre. Appelant ensuite son lieutenant , il recueille sur sa route les corps épars des Romains , et arrive saus obâtacle au rendezvous de Sciâcia.

Balon y intimidé par sa défaite , rappelle à lui le reste de son armée, et se dirige vers ia Mœsie. Cécitfa en couvrait les frontières avec ses légions ; il iui dérobe sa marche » et parvient sur le mont Aima » près de Sirmium , où Cédna tente vainement de le forcer. Une invasion des Sarmates et des Daces, provoquée par d'autres intrigues , lit alors soulever la Mcesie , et ne tarda pas k le dégager.

Cependant Tibère arrivait à Sciseîa , glorieux de Topinion unanime qui i avait prociamé i'unique recours de Tempire dans ces diificiies dreonstaaces. Les renforts dirigés sur cette ville portèrent son armée à quinze légions et à un nombre très-supérieur d'auxiliaires. Bhémétalcès , roi des âapéens^ qui lui avait amené un puissant secours de cavaliers tbraces, reçut le commandement de sa cavalerie.

Ses premières mesures tendirent à signaler Timportance de cette guerre et sa propre supériorité. Dédai* gnant les habitudes de mollesse .introduites par les autres généraux, il voyageait a ciieval et prenait assis un repas très-simple ; Fusage de la litière , des lits autour de la table et des mets recherehés était réservé pour les malades. Sa vigilance s'étendait aux moindres détails; ses ordres dirigeaient seuls les mouvements de Tarmée, et il surveillait toujours par lui-même leur

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exéealicm. Fier et sévère jusqu'alors avee les soldats,

il se familiarisait désormais avec eux et couvrait leurs fiautes par soa indulgence, aspirant à se concilier ainsi leurs atTeclions. Il entretenait d'ailleurs leur confiance par le succès de ses liabiles manœuvres , et leur imposait par son ascendant coDime fils d'Âuguste, revêtu de son pouvoir absolu et unique arbitre de lenr fortune.

Dans la guerre de Germanie , il avait réussi le plus souvent par sa promptitude et par son audace. Lia lenteur calculée de ses opâvtions étonne d'abord et bientôt t^nhardit ses adversaires. Batoii le Dalmate , ralliant à lui Farmée des Pannoniens , s'avance pour prendre Tofiensive. Tibère lui dérobe sa mardie^ coupe et disperse son arrière-garde , enlève ses convois, et , séparant par de fausses attaques ses divisions, tourne contre lui-même cette supériorité de nombre qui avait fait sa confiance. AfiSaiblls par leurs pertes et découragés , les deux généraux regagnent le mont Aima» pour se couvrir de ses défilés. Tibère, resté midtre de la campagne , s'occupe de faire évacuer la Macédoine.

Pinnès avait d'abord eu la turluue contraire , dans un combat livré prés d'Apollonie. Secondé ensuite par les mécontents et par de nouveaux renforts , il avait repris la supériorité et pénétrait dans la Macédoine. Atteint alors |;ar le lieutenant de Tibère, il fut complètement défait , et contraint de ramener les débris de son armée sur les frontières de la Dalmatie. ^ î«. Ces succès, glorieux [)our Tibère, ne pouvaient d'ail- 1^9. leurs suffire pour arrêter dans son cours une si vaste insurrection. Les chefs ennemis s'étaient même instruits par leurs revers ; évitant les actions générales»

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ils se mainlenaieDt sar la défensive dans leurs noin*

breux déâlés. Favorisés par la connaissance des lieux et par leurs secrètes intelligences , les uns attiraient mr eux les efforts de Tarmèe romaine par de brusques attaques sur ses flancs et Tenlèvement de ses convois , tandis que les autres pt^nétraient dans les contrées qui liésitaient encore et en provoquaient le soulèvement. Cette population belliqueuse parut enfin tout entière sous leurs drapeaux au nombre de près de tiuit cent mille hdVnmes. Sur ce nombre , deux cent mille fantassins et neuf mille cavaliers avalent d^à fait plusieurs campagnes dans les corps auxiliaires ; les autres se formaient sans relâche aux exercices de la discipline romaine. Tel était l'aspect de TlUyrie lorsque la saison pins rigoureuse obligea Tibère à ramène r dans leurs quartiers ses troupes épuisées de fatigue.

Auguste ne lui avait confié d'aussi grandes forces que pour arrêter les progrès du soulèvement en se

hâtant de rétouflTer par une répression vigoureuse et par des actions décisives. Trompé dans son attente , il attribua cette lenteur inusilèe de son gendre au dessein de se perpétuer dans le commandement , et ses méfiances s'accrurent par la conduite qu'il lui vit teniraprésla campagne. Tibère avait jusqu'alors suivi Tosage établi par les autres généraux , de venir lui rendre compte de ses opérations ; et cet usage , suivant la remarque de Dion , favorisait même les secrètes intrigues qu'il venait concerter avec sa mère. 11 s'y refusa alors , malgré les instances d'Auguste , alléguant qu'il ne pouvait sans danger s'éloigner de son armée.

D'autres sujets d'alarmes souffraient à Auguste dans

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Komc oi dans ITfaîie. De [iroinples mesures les avaient firéservées de U femine ; mais le danger allail renaître : se» grenier» s'étalent épuisé» pour les eoD-

voisqu il faisait diriger sur Ullyrie. Les ciloyens, déjà mécontents des levées de troupes inusitées , et des inipM» auxquels il» venaient d'être soumis , eflhiyé» alors de l'élèviilion rapide' du prix des grains, faisaient retentir ie Forum de leurs plaintes séditieuses.

Auguste attira leur attention sur le» besoins du trésor militaire , que les grandes forces rassemMée» en Illyrie rendaieal plus pressants. 11 ordonnii aux préfets de ce trésor de faire vendre à son profit les biens confisquéssur Agrippa Posthume, et les autorisa à se mettre désormais en possession des biens des condamnés , jusqu alors dévolus au fisc ; mesure salutaire et qui eût prévenu les exeé» de setf successeurs , eii leur 6tant tout intérêt à provoquer les confiscations. Mais elle devait Atre hieulôt abandonnée, et ne fut remise en vigueur que sous le principal d'Adrien.

L'arrivée des navires de l'Afrique ramena enfin labondanee et le calme dans Rome. Auguste , satisfait d avoir pourvu aux besoins du peuple , cessa de fournir à ses divertissements , et ordonna de verser dans le trésor militaire tous les fonds qui avalent été destinés aux jeu\ publics et aux combats des gladiateurs. 11 voulait porter ^attention des citoyens sur les dangers de la guerre dlllyrie ; mais , craignant bientôt qu Us nen tussent trop alarmés, il (il rouvrir tous les théâtres.

Ces hésitations manifeslaient les craintes dont il était agité ; il acheva de les trahir par ses conférences

secrètes avec une devineresse qui jouissait d'un grand crédit sur Tesprit du |ieuple. Par son conseil ,

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