LIVRE I. as
enthonsiatiiie par un aete josl^meiit uémorable. La
puifisanoe extraordinaire du triumvirat , qu'il dissimulait avec soio , fut déployée dam toute sua étendue 9 mais pour le solennel désaveu de ses exeès* Il abrogea par un édit tous les déetela et les aotes dont l'effet n'était pas consommé cL qui avaient eu lieu depuis l origine des troubles civils jusqu à son sixième consulat : rejetant ainsi sur ses deux collègues les torts du triumvirat , justifiantla lutte dans laquelle il leaavaiC abattus, et signalant son triomphe comme celui de la justice et des lois. Par cet tiabile et noble usage d'une autorité tyrannique » il se préparait à en offrir sans danger 1 abdication.
Après avoir, le premier janvier de Tan 727 de Rome, pris possession de son septième eonsulat » avec Agrij^ pa , Octave parut avec lui dans rassemblée du sénal ^ convoquée pour le 7 janvier. Le discours qu'il y prononça avait été rédigé par écrit. « Je viens , dit-il, pères conscrits» vous annoncer un dessein que plusieurs d'entre vous croiront peu sincère : le» uns ^ parce qu'ils ne lauraient pas conçu à ma place; les autres, parce que I éclat de ma fortune, qui les blesse^ leur fait trop apercevoir les moyens qu'elle m'offrirait de manquer à mes promesses. Mais je ne viens point faire des promesses , je viens les exécuter : ceux qui manqueraient de confiance en mes paroles^ ne la pourront refuser à mes actions.
)j II m'est aussi facile de retenir que d abdiquer Tempire. Mes ennemis ont invoqué leur pardon; le dévouement de mes amis s'est confirmé par le sue* cès ! ma puissance s'est plehiementaffermie, soutenue par des soldats éprouvés , par de ricbes trésors , par de nombreux alliés , mai» surtout appuyée sur lei
suffrages ila sèBai et du peuple. Cet empire, dont Ub m'ont confirmé la possession ^ et que nulle force hu-
maiue ne saurait me i it vir , je viens, de mon plein gré, le déposer entre vos maios.
» Qui pensera désormais que f avais pris les armes pour obtenir l'empire? Quand j'aurai rendu ces légions et ces provinces qui étaient le prix de mes travaux y quelle envieuse malignité se flattera d'aecréditer encore de pareilles allégations? Ah ! sans doute , des motifs personnels n auraient pu sutlire pour in'engager dans des luttes si incertaines , si périlleuses , soutenues pendant tant d'années. Il a fallu que la piété filiale mimposàt la loi de punir les assassins de mon [wro. [Mais j 01 n'hissais surtout à la voix de la patr ie qui m'appelait à son secours et m'ordonnait de ia défendre contre les attentats des iiommes qui avalent juré sa perte; »
Déroulant alors sous leuis yeux celte longue série de calamités qui avaient affligé la république , il montra que ses dangers ravalent surtout excité à prendre les armes , mais toujours en se promettant de les déposer, dès qu'il l'aurait délivrée de ses ennemis. a Ce dessein , contlnua-t-il , ne pourrait surprendre que ceux qui n^auront pas sn m apprécier. La justice, que j'ai toujours prise pour ^uide , me prescrivait de restituer le pouvoir à ses légitimes dépositaires. Il eût suffi de la prudence , que personne ne me conteste , pour m'engager à m'affranchir ainsi de soins accablants et à prévenir les embûches d'une haine mal dissimulée. Quand mémej eusse été entraîné par cette passion qui ne redoute ni les travaux, ni les dangers, par la passion de la gloire , ne m'eût-elle pas inspiré de me montrer supérieur a ma fortune , et lorsqu on