LIVRE Vllf
daiit , pour ailuquer cette place, les renforts qui leur avaient été promis.
Lorsque ces deux généraux avalent traversé la Pan- $ 7. Donte , Pinnès était accouru vers eux avec son année, pour favoriser leurs mouvements. Til>ère se croit menlioé; ii adresse de vifs reproches à Germanicus, qiti vient de Texposer , en laissant arriver sur lui le chef des Dalmates , à être enveloppé par les trois armées ènoemies. Mais« soif par Teffet de la terreur qu'il Inspirait , soK que Balon n*eât pas espéré de le sur-* preiuini , il le se délourncr conlre Cécina , et , peu soucieux du danger d un général qui n'est plus sous ses ordres , il ne sonfi^e qu^à réserver pour lui seul tout riionneur de celte c.impa^ne.
En se portant contre Hinnès, qui reculait devant loi 9 il est instruit par ses espions que ce général évite de- se commettre avec des forces inférieures , et veut attendre les troupes qui viennenl le joincin' ties diverses contrées de la Pannonie. Revenant alors sur ses pas , il suit les traces des deux autres généraux. Pinnès les croit menacés et s'empresse d'accourir à leur secours. Mais Tibère n'avait envoyé conire eux qu une division de son armée ; il laisse passer Pinnès et envoie Tordre à son lieutenant de Tattaquer. Pinnès avait en- * gagé le combal , lorsqu'il se voit menacé sur ses derrières par des forces supérieures qui Tenveloppent de tontes parts. Après une résistance désespérée ; il s ouvre enfin le passage avec un cor[)s (l'èlile , qu'il ramène dans 1 intérieur de la Pannonie ; les débris de son armée se réfugient dans le camp établi près de Sirmium.
Tibère confie à son lieulenanl la {«anle des dêliles qui avaient favorisé leur fuite. Après avoir ainsi assuré
SlËCLË D AUGUSTE.
ses derrières » il sattaclie à la poursuite de Pinnès. Plusieurs des corps qui yeuaiest joiadre ce général sont taillés en pièces ; les autres pairteniient à se réfugier dans des lieux escarpés, ou Tibère n'ose s'engager. Mais il disperse ses troupes autour de leurs asiles» et les réduit» par la disette des vivres^ à descendre dans les plaines. Il était prés de les atteindre , lorsqu'il se voit contraint de revenir sur ses pas. Les deux généraux illyriens avaient forcé le passage des défilés « et se croyaient déjà certains d'accabler son lieulenani; il fond sur eux aussitôt qu'il les aperçoit; mais leur valeur opiniâtre prolonge le combat , et son armée , déjà épuisée par une marche rapide , commençait à se rebuter, lorsque , par une manœuvre hardie sur leurs flancs , il (It i ide enfin la victoire en sa faveur. Cette armée si nombreuse , coupée dans sa reUraite et enveloppée par la cavalerie du vainqueur , est presque entièrement détruite; un petit nombre de fuyards parviennent à s'échapper et à gagner par des chemins détournés les rochers escarpés du mont Claudius. Tibère se porte alors sur les corp^épars qui tendaient à rejoindre Pinnès, et qui sont presque Ions enlevés.
La terreur était répandue dans toute la Pannpnie , un dernier effort eut décidé sa sonmission ; mais Tibère , alléguant les fatigues de son armée , n'attendit pas les rigueurs de la saison pour la ramener dans ses quartiers d'hiver. Cependant ses nombreux émissaires semaient les divisions entre les habitants^ déjà remplis de uicliaiices par l,int de revers. Le chef des Breuces, accusé par les uns de trahison, par les autres d'incapacité y fut destitué du commandement de Tannée , qui passa sous les ordres de Pinnès. Tibère rendit compte à Auguste des divisions qu il avait fomentées,