‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 122 sur 160 · LIVRE YIII · texte numérisé non relu

LIVRE YIII

mena son armée anx environs de Scisda : il avait

annoncé soo intention do passer l'hiver dans cette ville, pour coDiirmer par sa présence ia soumission encore ehaooelante des Pannoniens y lorsque les ordres d' Anpiste lé rappelèrent à Rome. Suétone r considéré ce rappel comme Je terme de la guerre dllU r ie , qui ne dura y suivant lui / que trois ans. Mais les récits de Dion attestent , suivant Tobservation de Gibert et de plusieurs autres savants , que cette guerre avait encore exigé deux campagnes.

Cette divemté d'opinions parait avoir eu pour cause l'empressement d'Auguste à motiver le rappel de Ti* bère. Soit par ménagement pour son orgueil superbe, soii parce que Livie lui persuada que ia terreur inspirée par le seul nom de son fils était encore nécessaire pour contenir la Pannonie, il le confirma dans le proconsuiat de cette province , et lui permît de laisser le commandement de Tarmée à ses lieutenants. Mais il affecta de regarder la guerre comme terminée par la soumission des Pannoniens et par la retraite de Bâton y et de ne voir dans la Dalmatie qu un reste de soulèvement qui n'exigeait pas la présence de son fils adoptif. Germanicus reçut le proconsuiat de cette province , et le commandement de l'armée qui était sous les ordres de Sylvanus (1).

Nous avons perdu de vue Germanicus depuis que j 9, Tibère Tavait fait rappeler de la Dalmatie. L année 7W. qu'il venait de passer à Home n avait été perdue ni pour sa réputation , ni pour les progrès de sa faveur auprès d'Auguste. Il se distinguait au sénat par sa capacité dans ia discussion des allaires ; il se conciliait

(I) Dion , iùid. — Suél. , Tib. , 19. — Gibert , Acad. des Insc. , lom. f7.

ail barreau le^s afleclions ilu peuple par un zèle infatigable pour la défense de ses clients; son ëlocution hriiUote et le charme de sa dèelamalion attiraient toujours un concours nombreux dans le Forum.

Anlonia sollicitait Livic pour uu petit-tils qui se moolrait si d%iie de sa lendresse » et en oliteiiait du noios pour lui les apparences; Agrippine d6pooillait son caractère hautain pour lui concilier la faveur d'Auguste. Mais .ractivité intérestée de leurs démarches n'égalait p»is le zèle de la jenne Julie, animée par Texil de son époux , el qui se flaltait de satisfaire par le crédit de Germanicns des projets de vengeance que nous la verrons bientôt craeilement expier.

Auguste , mécontent de Tibère , et encouragé par les succès populaires de Germanicus , consentit à lui donner un témoignage éclatant de sa bienveillance» Dans une revue générale des chevaliers romains, il lui décerna le titre de prince de la jeunesse , qui avait jadis manifesté la prééminence des jeunes Césars. Celte concession , attestée par une inscription ancienne , et célébrée dans la suite par Ovide , inspira une jalousie violeule à Tibère. Le cardinal Norris s en étonne et |ait observer que le fils de Livie avait obtenu Tassociation à la puissance tribunitienne. Mais rexemf)!e récent d'A grippa et de ses deux fils faisait assez voir à laquelle de ces faveurs Auguste attachait Tespérance de l'empire.

Germanicus avait été peu après nommé au proconsulat de la Daimatie , el s était éloigné de Rome au milieu d'un nombreux concours de citoyens, qui faisaient des vœux pour le succès, de ses armes. Après un com l séjour dans Riinini jxxu or^^aniser les nombreux renibris qui lui étaient destinés , il fut

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