‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 124 sur 160 · LIVRE VIIJ · texte numérisé non relu

LIVRE VIIJ

duU le général des Dalmales à l'attendre dans ses

relraiichoments. Mais BatoQ avait voulu seulement l'attirer sous la place forte de Khœtiaum. Il se défend avec vigueur et s'éloigne ensui té à la faveur de la nuit. Comme il s en était llatlé, les Romains, qui trouvent le camp abandonné, et que tant de fatigues avaient rebutés , obtiennent de mettre le siège devant Rbœ-* tinum.

Repoussés dans leurs premières attaques , ils donnent enfin un assaut général , et parviennent sur la brèche. La garnison s'était retirée dans une place si* tuée au centre (]v la ville ; après un nouveau combat, ils lobligent à fuir vers la citadelle. Mais , tandis qu'ils reformaient leurs rangs , pour la forcer dans ce dernier asile, les maisons voisines des murs, que les habitants avaient abandonnées et remplies de matières oombustibleS} paraissent tout à coup enflammes. Entourés ainsi d'un vaste incendie , les Romains fuient en désordre , et sortent par toutes les portes de la ville. Bâton était accouru avec son armée ; secondé par la garnison , il fond sur ces soldats dispersés et se croit certain de la victoire.

La discipline romaine l'emporla néanmoins. Germanicus assura sa retraite , mais il avait perdu dans le combat ses phis braves légionnaires. Une circonspection timide succède alors à son imprudente^ confiance et favorise les manœuvres de Bâton pour ' prolonger cette* guerre. Alarmé enfin du fâcheux efiet de ses lenteurs , il se dirige sur Sérétium, colonie des Pannoniens, et emporte d'assaut celte ville, jadis vainement assiégée par Tibère. Mais la saison devenait plus rigoureuse, les chemins plus difficiles, les convois plus rares. Ses soldats, dont le découragement

SIÈCLË D*Al3GUSTE.

s'èlail accru par de secrètes manœuvres y éclatèrent en murmures quand its se virent en^a^irt^ de nouveau dans des marches sans résultat. Dût-on les exposer à de plus grands périls , ils réclamaient un terme à leurs fiitigues.

Tibère triomphait à Rome, témoin des alarmes d'Auguste , dont la prolongation de la guerre épuisait les ressources » et qui voyait renaître en Italie la ter* renr de la famine. Ses ambitieuses espérances furent enfin réalisées: il of)tin( l?i délépration de la puissance proconsulaire , et 1 ordre d aller prendre le commandement des provinces iilyriennes(l).

J 11. Aussitôt après son arrivée à Sérétinm , Tibère fit la 703 reyue des légions de la Daiinalie, et fut frappé de leurs dispositions séditieuses. Cette nouvelle preuve qu'une main trop faible les avait guidées acheva de ie rassurer contre une iin[)iiishanle rivalité. Toutefois il attendait avec impatience ses légions de la Panno* nie y et apprit enfin avec Joie qu'elles venaient de franchir les frontières sous la conduite de Lépidus.

En s'éloignant de Sciscia , Lépidus avait d'abord sans obstacle poursuivi sa marche; mais, aux con« fins de la Liburnie , il trouva tous les habitants en armes, sous la conduite des agents de Bâton , et les Pirustes, peuple guerrier, opposèrent une vive ré- ^sistanee au passage de leurs défilés. Les Désidiates et les Mazœens, accourus à leur secours et protégés par leurs sauvages montagnes, retardèrent aussi sa marche par des luttes fréquentes. Parvenu enfin dans un pays plus ouvert , il les enveloppa , détruisit leur armée et s empara des forteresses qui renfermaient les

(1) GéMi., Pis y pag. fOT.^avM., Oc Pnfilo, 11, 5.

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