LIVRE Ylll. m
Le§ kistorieD» foal BMKioD à la mèflue époque ée lâ mort de Sfemia , qtii ne soeconiba nèffomoiiie <fi]e
(fuekfues années après, à Yèt^t de soixanic (]ix-$epl ams. Ton» deux inspirèrent en effet de semblables regrets aux anisde la liberté ; teos deux , recheteM» par le prince , éludèrent ses faveurs. L'éloquence de Messala , insinuante , pieine de grâce eè relevée par la dignité de sa dédamaticm , brilla plus soweut dam les eâloies disenssions du sémt que dam les tailM de la tribune. H fut aussi , dans un autre j^enre , le rival dePollioa, et Ton a vanté son histoire des derniers teuip» delà république.
I>e9 travaux trop assid'ts avaient tellement usé ses organes que , dans les deux dornières années de sa vie f îl perdit la mémoire et oublia Jusqu'à so» uomv Smteme^ TéreuHa , élall la même que Gleérou avail jadis répudiée , et qui avail épousé en secondes noces i'bistorien Salluste. Celte femme extraordinaire coutrsteta blentM une quatrième uirlofi avee Yîbius Rti^ fus, et prolongea sa carrière jusqu'à Tàge de cent sept an8(l).
Les tradltlofis républicaines avaleni semblé dispa* $ is.. raHre avee ees deux hommes doul l'utf , patf sa mêle
énergie, maintenait sur tes esprits leur influence; Taulre , par ses vertus aimables , leur eenciliait toos" les eœm. Leurs fils devaieut être comptés parmi les flatteurs de Tibère; ils avaient été entraînés par le^ flots de cette génératiOD nouvelle qui u aspirait plus au pouToir et m% honneurs que par la faveur dtt prince. Le gouvernement d' Auguste ir'éprouvalt pld^ de résistance; mais ses mains trop affaiblies en lais-
(1) DloD , LVIL Quint. , X* - Pline, VU , 13. — Maerob. , Sat. , If. — Stnec. , Dè ira , m* — Conlrov. , 4..^Tacil. , De Oral. 17 e! sui«..
UO SIÉCLB ir AUGUSTE.
êmoBi échapper les rftnes. Épuisé pir les alarmes où ravaienl Jeté les crises de la guerre ; troublé par les
manœuvres d un fils atloptif qui voulait s assurer et peut-être liàter la succession à Tempire , il semblait réduit à accepter l'impérieux appui de Livie.
L'abaissement d'Auguste sous le joug imposé par son épouse avait toutefois des causes plus anciennes et slétait manifesté dés le temps de ses imprudentes rigueurs envers Julie , la seule riTale qu'il eût pu lui opposer avec succès. Cet acte de faiblesse était même sans excuse , et l'équité lui eût prescrit plus d'indulgence pour des désordres qu'il avait autorisés par son exemple. Mais une justice souveraine s'était appesantie sur le prince qui méprisait celle des hommes , et l'aveuglement qui lui inspira une si cruelle sentence contre sa fille fut la peine trop méritée de sa propre corruption.
Ses yeux furent bientôt dessillés par une lettre ira.prudente de Tibère , qui demandait la grAce de Jolie, on du moins le maintien des stipulations de son contrat de mariage. Auguste connaissait l'âme haineuse de son gendre , incapable d'une telle démarcbe s'il avait pu en redouter le succès. Apercevant alors toutes Les conséquences de cet éclat dans raccusatioii, de cette sèvëritë dans le jugement, qui lui avaient ravi envers sa ûiie le même droit de gràee dont il pouvait user envers les plus grands coupables : « Mon premier mouvenieiit a tout perdu ! s'écria-t-il avec un sentiment de désespoir ; si Agrippa ou Mécène eussent vécu» }e n'aurais pas commis une telle faute*. ».
Nous avons vu Livie en abuser pour ranimer le zèle de ses partisans, et bientôt après pourperdre les jeunes Césars » ainsi privés de l'appui de leur mère. Lorsque
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ce ooop imprévu yint frapper Auf^aste, ses regrets sW
crurent encore par les propos des vieillards sur le double crime ^ui avait jadis préparé sob élévatioo ; par la bassesse de ses faux amis , que Tatrocîtè même de tels attenlats coiUii mait dans leur dévouement pour Livie y eu manifestant cette influence sans homes qui avait pu seule lui eu assurer lïmpunité. Mais il eut valuemeiit recours à l'adoption d'Agrippa Posthume , viclinue bientôt de perUdes calomnies ; à 1 élévation de Germauicus^ dont le caractère faible et présomptueux devait rendre inutiles les rares talents. Sa résistance ne pouvait plus se prolonger, et Livie ne devait pas tarder à le dominer sans partage.
L'épouse d'Auguste achevait d'établir, son ascen* $ le. dant par la constante modération dont Mécène lui avait donné l'exemple. Elle semblait étrangère à ce conseil du prince dentelle dictait les résolutions , et Salluste était seul instruit qu'elle 1 avait rempli de ses partisans. L'histoire fait à peine mention de ce confident intime qu'Auguste s'était laissé imposer , et toutefois il le visitait souvent dans ces jardins somptueux où se décidaient tes affaires les plus importantes de l'empire.
C'était aussi dans les jardins de balluste que Livie tenait ces conférences secrètes dont on n'a connu que les résultats. On la voit , dans la seconde année de la guerre d lllyrie , y concerter les mesures qui devaient attacher à ses intérêts les sénateurs les plus influents. Nous les verrons , à l'avènement de Tibère, obtenir pour leur corps les élections aux magistratures; elles leur furent promises à cette époque » comme on peut en juger par les prérogatives qulls reçurent pour préparer les esprits à cette dernière concession. Jusqu'à-:
442 SIÈCLE D AUGLSTE.
lors, è 1*e^enple de Jules-César, Auguste ê^èMî allrîbué la oomÎDatioo des deux consuls et de [a phipart des autres magistrats ; les candidats qufil avait ehoisis se prfcenfaieDt mm ehefs des tribus «ycie été lettres du prince qui invitaient (e peuple à confirmer levrétection par ses suffrages.
Mais , pendant son séjour à Rfanini , le consoF ^ol prèsîdalt atiic comices hs sépara sans procéder amc élections , sous prétexte qu'elles étaient troublées par tes factieux. An retour d'Angoste , nn sénatns-coirsvite qnt nommait tons les magistrats fat publié par
on ëâh du prince.
L année suivante» l'absence d'Auguste i'utle prétexte d>ne concession non moins importante. Le sénat ne pouvait conrrattre des aflTaires ou des causes qn'eff vertu d'un renvoi du prince , qui devait ensuite satictiomier ses décisions. Auguste, avant son départ pour Riminl , autorisa fe sénat, par un édit, à conmdtredes affaires et dos causes qui lui paraîtraient urgentes , e% à publier ses décisions sans les lui soumettre.
Ces déH^fafions , qui étendaient Isa juridiction du sé^ nat, ffétafent pas, au surplus, moins favomblesrà laulorilé d'Auguste. 11 les accordait en effet comme' une émanation de sa prérogative , et ce même corps , dont les concessions avaient Jadis (brmé sa pofssanoBr, n'exerçait plus désormais qpi'uue autorité formée par ses concessions.
Le prince reprenait même à son gré cette- autorHê, et, la première année dela^erred'Illyrie , il rexerça* dans la Sardaigne , Tune des provinces qu il avait cédées au sénat. Les habitants soulevés avaient réduit le proconsul à se renfermer dans sa capitate , où*iis Ile tenaient assiégé. Au lieu de donner des ordres pour
faire déga<jt*r le proconsul, Auguste lui nom ma hr siiccesfievr, qui iut revêtu de iautorilô milttaîre, et qui gottverM la Sardaigne , apièa Tavair savuiiBe. Une semblable noœinalion eut lieu pour d autres provinces» et devait passer en usage. liiUe n'avail sm effet que pour den ans^ à la difitreoce des proTincea du priMe , qui fixait arbitfatremeDt le terme du pouvoir de ses propréteurs.
Taodifi que Livie avait profité à Home de If abseece i i7. du prinee pour a'&ttecher les membres Tes pins i»llueiils du sénat, tes témérités de Tibère en Illyrie avaient favoriâé ses adversaire». Elle tes avait vus abuaer des ombragea d'Auguste pour attira touftea ses fiiTeors sur Germanicus el Mre rappeler libérer à Rome. Son influence compromise fut rétablie parle sacritice d'une nouvelle viciime.
La jeune Jolis ètati l'agent le plus actif die leuf» manœuvres. Elle n'était pas seulement animée par i exjà de Pauius, son époux ; elle espérait même suecéder m crédit de Livie , abusée par l'ioflueuce que sas gràees oatuvettea et les rliaraies de sa coimrsation lui avaient acquise sur l'esprit du prince. Mais, aux biillantes qualités- de sa mère , elle uaissait des peochants non moins vicieux. Sllanus eu avait abusé pour Tëgarer , digne d'ailleurs de ses afiectkHis et at* teotif à dissimuler ses écarts. La jeune Julie se trahit par sa grossesse , el quels mystère:^ H^eusseul: paa dfailleues pénétré les regards jaloux qui liasurveOlaient!
Auguste hésita lonf?temps, et ne pouvait se résoudre à cette dernière iaii^iesse : l'ascendant de Livie trimnptia de sa résislAuee. Il relégua Julie sur les c6tes de TApulie^ et défendit même d'élever Tenfant dont oHo élait enceinte. Singulier exemple de l'exposition
444 SIÈCLE 1) ALGLSTE.
d*iin entai ordonnée comme un acte de jostice!
Silanosse croyait perdu; quand il apprit qu'Auguste lui avait seulement interdit 1 entrée de sa luaiiOB y il n'osa se Aer à cette indulgence et partit pour nneiii volontaire. Après la mort d'Auguste, Il obllot la |)ormission de retourner à Rome.
Ovide , déjà le rival des deux poètes qui avaient le plus illustré le siècle d'Auguste » fat traité atec plus ' éd sévérité que Silanus. Parmi les conjectures imaginées pour expliquer celte rij^ueur , ou ne saurait admettre celles qui concernent la mère de Julie , déportée depuis dix ans. Nous croycms plus vraisemblable que Livie avait voulu punir, dans le complice des écarts de la petite- fille d'Auguste , l'un des agents de ses intrigues politiques. Il fut condamné à la relégation dans la sauvage ville de Tomos , située sous le ciel rigoureux de la Scythie roTiiaine. Vainement il se rabaissa ensuite par d'humiliantes supplications. Loin de fléchir une haine implacable ^ il ne parvint quà Tirriter ; en célébrant le triompbe de Tibère sur rillyrie, il avait adressé au ciel des vœux pour la gloire de Germanicus. Se mort , qui arriva trois ans après la mort d'Auguste, devait seule mettre un terme à son irrévocable infortune.
$ 18. Livie s'applaudissait d'un succès qu'elle venait dob- 703. leoir en usant sans détour de son impérieuse influence. Cette épreuve l'avait enhardie , et ce fut le moment^ observé par Tacite , où elle cessa d'employer d'obscures manœuvres» résolue d'exercer ouvertement sa domination. Elle voyait ses adversaires n'aspirer qu'à calmer ses rcsscnlimciUs , et les partisans de la faveur ne fonder leur espoir que sur son crédit. Éloignant des regards du prince cette Térentia qui les avait si
longtemps cbarmés, ce i^roculéiiis dont il avait voulu faire son gendre ; ne lui laiflnnt que de bibles amis, qui redoutaient et souvent même trahissaient ses confidences , elle imilait , pour le captiver, la politique dont lui-même avait jadis usé pour soumettre tant de nobles caractères.
Auguste s étail lassé d'une résistance toujours iml^uissante, et de nouvelles habitudes vinrent alors confirmer sa dépendance. Avant la guerre dlllyrie « Il n^avait pas cessé de briguer les aflèctions populaires , parcourant la vilk^ presque sans suite, aflable envers tous les citoyens , assidu aux spectacles et aux jeux publics; il vivait familièrement avec les sénateurs, les attirant à sa (able et acceptant leurs invitations. Les alarmes et les nécessités d'une guerre dangereuse Tavaient ensuite retenu dans son palais. Livie maintint cet isolement , en alléguant les soins qu'il devait à sa vieillesse , et exi^rca qu'il offrît cette excuse aux sénateurs et à ses autres amis*
Rassurée désormais par sa retraite , elle ne s'occupa plus qu à la lui rendre agréable. Elle lui forma une société choisie d ingénieux courtisans, de femmes aimables , d'écrivains r^ommés. Des questions littéraires ou philosophiques s'y discutaient avec Turbanitè exquise qu'avaient introduite de nouvelles mœurs. D autres fois , suivant un usage déjà familier aux Romains , on Causait appeler des sophistes pour entendre leurs piquantes discussions ou leurs leçons improvisées. Le jeu de dés ou un autre de ces jeux de hasard qu'Auguste avait toiyours aimés terminait sa soirée ; Il saluait les convives , après leur avoir Âstribué des présents sous la forme d'une loterie.
Les danses pantomimes que l'on exécutait après
èteteBl nèâttiMiw le ptos «wrxnt ytiiU'Iiw»
Lorsque Auguste les avait introduites pour amollir les mceurs des citoyens, il n'avait pas soupçwné ftt'dlM aerrireiettl bb Jrar à le subjvgiier tai-mêiM.
C'était par de telles adresses qne IJvie captivait nm prince dont Tautorité était au loin si respectée y et ^*elle dérobait à ses regards les maiMMYres drat elle «sait pour rexercer sous son nom* Les mesures qu'elle prit alors [)aur s'attribuer la puissanee souveraine ayant été peu remarquées , nons avons cru devoir les eftrir avec quelques dèvéloppements (t).
5 19, Les graves ûmovations que Livîe autorisa du nom 763. d'Auguste ne se rapportent pas seulement au temps de la gnerre d'IUyrie ; elles allaient être lavorisées par le désastre des légions dans la Gemanie et par Ta^ sociation de Tibère à 1 empire. IN ous les offrirons dans kem ensemble , pour faire apprécier des mesures qui 4X>BSonimèrent roppreaslondes&omainaetpt^^parèrent les excès 4n prineipat de Tibère.
La première de ces mesures lut un sénatus-conaalte qui prononsait des peines contre les libelles. Lavie avait abusé des libelles paor obtenir la dépwrta^ tioa (1 Agrippa Posthume ; maisccs traits empoisonnés |K>uvaient alors la frapper elle-même et francbîr les barrières qu'elle avait élevées autour du prince* Les ressentiments d'Auguste contre Sévérus lui fournirent l'occasion de conjurer les périls dont elle était trop justement alarmée.
Caasitts Sévérus avait débuté dans les audiences dn Forum à 1 époque où l'éloquence^ qui leur avait donné
(1) Dion, LUI, SielLV, lOcUuiv. — Suét. . Aug., iO. — Tib., 10. — Ovid. , de Ponlo, li , 1 — Floros. ÏV, 12. — Cénol. , Pis, , pag. 180 4t sttiv.