‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 128 sur 160 · LIVRE Vlil · texte numérisé non relu

LIVRE Vlil

un ii grwd^lat ^ dàgéAérait fioui rintoiace des nou* Telles iasUtiitioBs. Aux nobles aceents d'uoe âme

libre et lière avaient succédé les sarcasmes d une indigoalion vainement réprimée ; aux développements phHosopliie géuérev^ auraieni &tîgoè des Juges amollis ou corrompus , on avait substitué les vives expressions et les brillants résumés d'un esprit ttcood eu saillies. Nous avons vu que Sévérus obUat le premier rang parmi les orateurs qui ne reeberchaient pas les foudroyants effets , mais les rapides éclairs de l'éloquence ; il eut poursuivi sans revers celle orageuse carrière » s'il ne se fûl pas engagé dans une biUe que PolUou avait jadis plus habilement éludée , en déclarant qui! ne voulait pas écrire contre celui qui pouvait proscrire.

Auguste avait amené celle lutte en s'aulorisant de sa feinte popularité pour intervenir dans les jugeimui» du préteur , lorsqu'ils couceroaient ses amis ou ses partisans. C'était ainsi que , au temps de la guerre sleambrique , il avait tait absoudre l'un de ses vétérans près de succomber dans une accusation de violence. Alarmé par les murouires qui reteniissaienl dans le Forum , il s'ètut promis de renoncer désormais à ces dangereuses interventions.

Mais, peu de temps après » ^onnius A^i^rénas fut cité devant le préteur pour un crime atroce. L'empoisonnement dont on Tacciisait avait coûté la vie à

cent trente convives.

Auguste ne put se résoudre à laisser condamner rua doses partisans les plus dévoués. Il sollicita rassentiment des sénateurs : chacun d eux intervenait comme patron dans les causes de ses amis ; le prince du sénat poovait*-il se refuser à ce devoir de Tamitié ^

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SI£CL£ i) AUGUST£.

S'il y manquait , ne semblerait-il pas porter témoignage contre 1 accusé ? Les flatteurs applaudireni à ces aliégatioDS , et naile voix n^osa s'élever pour les combattre.

Sévérus était 1 accusateur d Asjnônas ; Irop averti par la présence Auguste de Tissue du jugement , il ne put contenir Texcé» de son indignation ; il semporta aux allusions les plus amères coutre l odieuse intervention qui arrachait un tel coupat»le à la vengeance des lois , contre cette puissance nouvelle qui se déclarait elie-ménie incompatible avec la justice.

Auguste dissimula ses ressentiments ; il déclara même ensuite qu'il voulait tolérer la licence dans les discours pour adoucir les haines secrètes , en leur . permettant de s exhaler ; qu il se bornerait à réprimer les attentats. Sévérus ayant été peu après cité à son tribunal pour un délit assez grave contre les mœurs , Il le renvoya absous ; mais sa vengeance if}onrnèe n'en était que plus redoutable.

Sévérus ne s'en laissait point imposer par cette feinte modération. En se bornant aux discussions des causes civiles, il évitait les atteintes des délateurs. Mais enfin des ressentiments privés vinrent seconder cen qu'Auguste bésitait à satisfaire. Dans une cause digne de la corruption de ce siècle , et où de graves personnages étaient compromis , Sévérus avait soulevé contre eux l opinion publique par un mémoire qui dévoilait leurs turpitudes. Un émissaire secret offrit de servir leur vengeance. Assuré de leur appui , il accusa Sévérus devant le préteur d'avoir abusé des écrits publiés en fitveur de ses clients pour déchirer les plus illustres citoyens par ses calonuiles.

C'était le temps ou Tibère se disposait à partir pour

LlVliK VUl.

M deraièro empÊgae €m Illyrie. Uvie avait fait mettre

en cause Sévérus pour obtenir d Auguste des mesures contre les libelles , car l'accusation ne pouvait d'ail-

leurs être admise par le préteur. La publication des libelles était au nombre des délits privés, dont la poursuite n'apparlotiail qu'aux offensés, et aucun d'eux œ voulait intenter uneaction qui eût amené la preuve des torts imputés par Sévérus.

Une loi privée , présentée au séiiat par Tibère , satisfit à ces haines conjurées. Le sènatus-consulte imposait à la publîcatioD des libelles la peine du crime de niaîestéy et la loi, qui n'avait réprimé que les actions» fut ainsi étendue aux simples écrits.

Le sénat procéda ensuite comme juge à l iniormalion du délit qu'il venait de créer comme législateur. Chacun des membres , avant de donner son suffrage, prononça la formule extraordinaire du serment » comme pour donner plus de solennité à cet acte d'oppression. Sévérus fut condamné, en vertu du sènatùs* consulte, à la rele^^ation dans I1le de Crète.

Cet orateur devait éprouver un sort plus rigoureux encore après son retour» sous le principat de Tibère. Accusé de nouveau et pour le même délit , il fat déporté à Sériphe , rocher aride qui forme l'une des ilesCyciades. Comme ia déportation entraînait la coniseation des Mens , il y finit ses Jours dans la plus affreuse misère , après avoir passé successivement en exil vingt-cinq années.

La condamnation de Sévérus avait mis d'abord un frein à la publication des libelles qui dénonçaient les manœuvres de Livie et qui l'avaient déjà vivement alarmée. Elle fut bientôt exposée de nouveau à leurs atteintes» parce que le sénatus^consnlte restait sads

SIÈCLE D'AliGLibi£.

exécution , confondu avec ces mesures exiraordioaire» dont Auguste usait dans les époques diffidies de son piinfiipal, ei qu'il ratégiiait entniie pftrmi ies iBSliiiments secrets du despotlsne. Un nouvel aeCe du prince devenait indispensable pour le remettre en vigueur, et LIvie liéiitail à le provoquer, craignant de dévoiler les 8eereUnM»lif8 qui lui inspiraient eettedèmardie. Toutefois, ces motifs devenaient pressaots, el 1 audace des libeilistes s'accroissait de jour en jour; mais elle venait de s'assurer le anoyen de les r^rimer en olilenant rassociaUm de Hiièio an' principat. $ SI. La mandat du prince, souscrit par Tibère, ordonna alors l'exécution du sènatu&consuite. 11 était adressé auK édiles de Rome et aux principaux maffistrats de l'Italie. Leur zèle répondit à i attente de Livie , des répressions sévères mirent un terme à la publication d^ lilieUes.

Toutefois les alarmes de Tépouse d'Aufvste a*é-*

talent pas calmées. D'injurieux propos Finsultaient publiquement dans Rome et mettagaient de pénétrer dans le palais du prince. Lenr répression ne pouvait être l'objet d'une loi pénale. La pudeur publique s'y opposait et ne permit pas , dit Gronovius, aux plus cruels successeurs d'Auguste de compreiidre expressément parmi les crimes de majesté les simples dis^ cours. Livie y suppléa par uoe interprétation du sénatus-consulte sur les libdles. Le secret instigateur des jurisconsultes du prince se traliitdaBSl'audaeiease ironie de leur réponse, a Le sens du sèoatus-consulte, dirent-ils , est que le crime de majesté ne se commet pas seulement par des actes , mais aussi par des propos impies ; il ne fiiut pas néanmoins que 4^ qui aurait échappé à la langue autorise trop aisément 1 ap-

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