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ses honneurs , et ne soupçonnait pas qu il s'èiati ainsi
préparé une semblable infortune.
Sa faveur était le fruit de rintimité de Mécène, qu'ii avait obtenue par l'agrément de son es^tet l'ètendne de ses lumières. Ses talents guerriers avaient peu d'éclat ; il y avait suppléé par une rare capacité pour ie^ affîûres civiles et pour Tadministration des armées. Ses penchants vicieux l'avaient rendu le fléau de la S} rie. EiUré pauvre dans une province opulente, il était sorti gorgé d'or d'une province ruinée*
Âinsi s'exfM'ime Palercolus sur Tindigne successeur de Sentius dans le gouvernement de la Syrie. Varas le remplaçait alors sur le Rhin : après Tavoir fait regretter dans i Orient par sa cupidité , il devait , par sa fidblesse , amener des sujets bien plus graves de
regrets dans rOccidoiU.
Mais Auguste était Qntraiaé, par la nature même de son pouvoir, a ces imprudences, et, eomme l'élévation de sa famille avait troublé sa félidté inférieure , le succès de sa politique lui avait préparé au deiiors des soucis non moins amers. Agrippa lui avait déclaré que l'adoption de la monarchie ramènerait à écarter des honneurs les citoyens trop éminents parleur génie ou par leurs services. Celle prédiclion s'était vérifiée par ses propres disgrâces , et par la retraite prématurée des généraux qui s'étaient formés à son école. Ceux qui les remplaçaient montraient plutôt un esprit souple et fécond eu ressources que des talenls supérieurs. Incapables de passions violentes, ils couvraient leurs vices des apparences de la sagesse; avides de biens et d honneurs, peu jaloux de cette gloire éclatante qu'il eût fallu acheter par des hasards et des sacrifices.; leur corps énervé redoutait les iatigues de la
guerre, et leur âme sans ressort était incapable des , vastes combinaisons qai décèlent les grands eapt-
taines.
Tels avaieot été la plupart des amis de Mécène , et surtout ce Lollius, dont nous avons vu la rapide forlune et la fin ignominiense. Vams , non moins corrompu que lui , avait été plus heureux ou plus circonsj^ct; mais il semblait n'avoir retardé sa chute que pour la rendre plus funeste au prince dont il avait surpris les faveurs.
LIvîe avait fait un habile usage , pour établir sou influence, du ressentiment des généraux qu'opprimaient ces indignes rivalités* Les uns, tels que Sentius et Quirinus , avaient recherché son appui , l'épouse d Auguste avait attaché les autres à ses intérêts, après l'hymen de Tibère avec la fille d'Agrîppa. Les élèves de eet iRusIre capitaine , Messalinus , Gècina , Posthumus, avaient été rappelés au commandement , et Tibère était devenu leur centre naturel et leur chef après la mort d'Agrippa. On peut ainsi expliquer les prétentions audacieuses qui amenèrent son exil , l'in- Iluence qu il conserva, malgré cette éclatante disgrâce, sur les années, et , lorsqu'il reparut à leur tète , le dévouement qu'il Inspira aux chefs qui étaient placés bOus ses ordres.
Auguste ne pouvait désormais sans danger méconnaître dans le fils de Livie le soutien nécessaire de Tempire. Les témoignages impuissants de sa méfiance ne servaient qu'à l'irriter et faillirent compromettre le succès de ses armes en Illyrie. Il voyait enfin se terminer glorieusement cette guerre qui lui avait causé de si vives alarmes , et toutefois de secrètes terreurs l'agitaient encore ; il semblait pressentir la catastrophe
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doDt la fttoeste noorelle lai arrivatt par les courriers
de la Germanie.
La Germanie était Dèanmoins pacitiée lorsque i ^* Yanis avait obteoa ce difficile procoDsiikt. Les sages mesures du lieutenaDt de Tibère, de Sentius, 1 avaient contenue dans la soumission. Il ne permettait aucun relâchement dans la discipline y même pendant la saison où les Germains ne paraissaient occupés que de leurs jeux et de leurs festins Quand le retour du printemps avait réveillé leur ardeur guerrière , il ordonnait des revues, des manœuvres militaires, des délachennents pour la police des marchés ; entretenant ainsi leurs a*aintes par l'appareil de ses forces et de sa vigilante survdllanoe. Par cette paix maintenue avec vigueur, il les détournait des écarts qui Tauraient troublée, et resserrait le joug qui leur était imposé sans le laisser apercevoir. Il aspirait à ne frapper leurs regards que des rapides progrès de Tindustne et du commerce , et à leur faire goûter les bienfaits de la civilisation, pour tourner vers ces jouissances, encore ignorées , leur inquiète et turbulente activité.
Varus, à qui la mollesse des peuples de TOrient avait inspiré une aveugle confiance, ne soupçonnait pas même les obstacles que lui préparaient les mœurs indociles des Germains. Tandis que par d'avides exactions , on même par de Justes rigueurs , il provoquait leurs ressentiments , il négligeait d'entretenir leurs craintes par ces mesures militaires dont son prédéeesseur lui avait donné l'exemple. Plus occupé des soins de radministratlon que des devoirs du commandement, il ne s'offrait le plus souvent à leurs yeux que sur son tribunal, pour terminer leurs ditlérends par ses décisions , ou pour réprimer leurs délits par
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la verge de ses licteurs Co proconsul des légions campées sur le soi toujours inenaçaot de la Gennaaie aemblail n'avoir à remplir que les fondioiia aUribuèes au préteur qui présidai! dans Rome aux pacifiques audiences du Forum. Il dédaignait les objeciious de ses officiers» se flattant toujours d'accoutuflier les Germains au frein des lois et aux habitudes d'ane police régulière.
Dansi espoir de gagner TalTection des Germains par des preuves de sa conflanee, Varus ayait accordé à leurs principaux chefs des grades dans son armée. Mais ces chefs ardeuls et superbes dédaignaient de vaines distinctions , trop inférieures à leur aneienae prééminence, et reportaient leurs regards sur ces brillantes expéditions d'où ils avaient si souvent ramené leurs guerriers triomphants et chargés de riches dépouilles. Leurs regrets les poursuivaient dans leurs exercices , où Us revêtaient comme un vain ome0ietti leur brillante armure ; au fond de leurs vastes forêts, errants sur les traces des daims et des sangliers, ils s arrêtaient tout à coup saisis de douleur , et s'aflUgealent d'être réduits à cette vaine image des combats. Leurs ressentiments éclataient surtout dans les assemblées de leurs clientSi qu'ils avaient rendues plus frëqimleB quand ils avaient aperçu qu'elles n'étalent plus surveillées. Ils flétrissaient par leurs censures ces mœurs lâches et efféminées qu'un vainqueur insidieux voulait leur imposer pour les façonner à la servitude, et retraçaient avec un brûlant enthousiasme ces souvenirs de la liberté et des mœurs antiques qu ils opposaient à leurs récentes humiliations.
Maraboduus» qui jouissait d'un grand ascendant sur les (lermains, depuis les menaces restées sans eOet
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du chef de Tempire , les excitait à imiter sod courage* Ils obtiendraient le même succès s'ils metl aient un terme à leurs divisions. Les Chénisques devaient Texempie; leur traité d'alliance avec les Romaina n'avait profité qu'à Tambltleux Ségeste; Ils avaient ainsi préparé la domination étrangère, et ne pouvaient expier leurs torts qu'en prenant les armes pour la renverser. Le roi de Bohême» ayant ainsi obtenu la. promesse d'une insurrection générale, s^occupa de trouver un clief capable de la diriger, et jeta les yeux sur Ârminius.
Arminius , fils du chef des Cattes » de Ségimer , n'avait pas seulement mérité ce choix par sa haute stature , son activité , son audace. On admirait surtout sa rare pénétration , son génie capable de vastes projets , et ce caractère si ferme , à Tépreuve des séductions de la prospérité, de rabattement des revers. L'ascendant qu'il s'était acquis sur les Germains lui avait obtenu d'Auguste Taoneau d*or des chevaliers romains. Appelé ensuite par Varus au commandement d'une légion , il s'était maintenu dans sa confiance sans inspirer aux siens de Tombrage. Son habile circonspection ne s'était pas démentie , et les Germains ne connurent ses vrais sentimènts qu'après l'avoir désigné et accepté pour leur chef. On les vit , sous ce nouveau guide, dissimuler leur animosité» et rivaliser de zélé pour seconder les desseins de Taras. Amenés
par de feintes querelles à son tribunal, ils exprimaieul Ifur admiration pour cette sage police qui substituait aux luttes sanglantes du glaive les pacifiques débats du droit et de l'équité.
♦ Ces ruses de barbares en imposèrent au crédule proconsul ^ il se laissa persuader d oilVir de plus près
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à leurs regards cet appareil de jusliee qui lui eoncU liait leurs afléctions, et de porter son camp sur la
courbe saillante du Weser, continue au pays desChérusques , peu éloignée du lieu où fut depuis bàlie la ville de Miuden. Tandis qu'il s'avançait ainsi dans les pays les plus hostiles à sa domination, il négligeait davantage les mesures de prévoyance qui l'avaient jusqu'alors maintenue. Sa dangereuse indulgence et les habitudes de mollesse qu'il tolérait dans son camp énervaient la discipline. Son armée était affaiblie par les nombreux détachements que les Germains avaient obtenus pour la sûreté des chemins , pour la police des marchés, pour le maintien de tous les bienfaits de la paix dout ils lui étaient redevables.
Yarus accroissait ainsi par ses témérités les dangers qu'avait préparés son Imprévoyance , et cependant les ordres avaient été donnés , le temps et le lieu des emhûcbes désignés , toutes les mesures d'attaque et de perfidie concertées. Une voie de salut lui restait encore , et le chef des Ghérusques vint la lui offrir. Ségeste , dont la lille , déjà fiancée à Tun des membres les plus influents de sa nation , venait d'être enlevée par Arminius , avait été amené par la poursuite du ravisseur sur les traces du complot qu*il tramait , et fit part à V ai us de ses soupçons. Le proconsul donnait un repas aux chefs des Germains ; il proposa de les faire tous arrêter « et lui-même avec eux. Les Germains privés de leurs chefs n'oseraient rien entreprendre ; on discernerait à loisir les innocents des coupables.
Mais, suivant Texpression de Paterculus,yanisétaî(
alors frappé de cet aveuglement , funeste avani-courcur de la chute des mortels, lorsque le Dieu qui règle
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leurs deslins l a |)roiîoncéc. Dédaignant les alarmes de ses officiers et sourd aux avis de Sègeste , il m pré* tait ToreiUe qu'aux propos flatteurs d'ArminiHS » qui reotretenait daos la persuasion que sa popularité et sa Jublice lui avaient gagoè le cœur des Germains.
L'iosurrection éclata au milieu de Tautomne» mais seulement dans quelques cantons du pays desCattes» et à son extrémité la plus éloignée du camp de Varus. On voulait qu'il la jugeât peu dangereuse et n'emmenât qu'une partie de ses forces. Laissant, en efféti sons les ordres d*Asprénas , son neveu et son lieutenant » deux léf^ions et la plupart des corps auxiliaires, il part avec trois légions , trois divisions ou ailes de cavalerie , et six cohortes de troupes légères. Une multitude de chariots encombrés par les bagages , les valets, les femmes, les enfants, suivent sans aucun ordre et comme en pleine paix. Arminius et les autres chefii se séparent de lui pour amener les corps qu'ils commandaient. ; mais ils les conduisent sur les détache* ments que le proconsul leur avait confiés , et qui sont tous surpris et massacrés.
Varus poursuivait cependant la marche téméraire que sa déplorable issue devait rendre si fameuse. Nous emprunterons y pour la décrire, les récits des savants modernes qui ont paru le mieux s'accorder avec les relations contemporaines , et nous adopterons , à leur exemple , les noms modernes des lieux. Le lendemain de son départ, le proconsul avait dépassé Salz-Uffeln, et se dirigeait sur Herford, lorsqu'il fut engagé par rinfidélité de ses guides au milieu d une forêt obstruée par les débris des vieux arbres et remplie de marécages. Les travaux nécessaires pour s'ouvrir un passage , l'encombrement des chariots, un violent orage
qui ranr toi , le retinreot longtenpft dans ce dèftié. Parvenu eoAii à son issue » il aperçut dans le lornlam
les corps des Germains, Arminiiis à leur têfe , Séjsreste lui-même réuni aux autres chefs, entrainé par un mouvement qull avait sans fruit voulu prévenir. Va** rus , toujours aveuglé , crut d'abord les voir arriver comme auxiliaires ; mais ii remarqua bientôt que la route qui s'ouvrait devant lui était embarrassée par des arbres récemment coupés, que de nombreux fos* sés 1 interceptaient , que les ruis3eaux, qui venaient d'y être détournés , commençaient à Tinonder.
A ces indices trop certains de la perfidie dont il devait être la victime , Varus fait suspendre la marche des lésions et les dirige sur une roule qui remontait le cours de la Verra. Arminius arrivait alors à la léte des corps nombreux des Germains et voulait aussitôt engager le combat : les voyant hésiter sous l'impression de la terreur que leur avait tant de fois inspirée la yaleur romaine, il les disperse en corps détacliés pour harceler Tennemi ^ et , lorsque cette lutte a ranimé leur courage , il les forme en ordre de bataille dans le voisinage de Siegkrug.
Varus repoussa Tattaque des Germains , mais la suit qui s'approchait ne lui permettait pas de les poursuivre. Il se dirigea sur un plateau situé dans les environs de Lage, y fit établir son camp et dépêcha des eoorriers à Asprénas pour l'appeler à son secours. Le reste de la nuit fut employé à la destruction des équi* pages superflus et aux autres dispositions nécessaires pour assurer sa retraite.
$ 7. Dés le pmnt du jour , Varus traverse la Verra et se dirige sur le fort d'Alison ; il avait dépassé Eichenkrug , et, pour atteindre Lager, pressait les travaux
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