‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 134 sur 160 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

réunis à rextréinitô du eaïup et se moDtraîeot dëter*-' Diioé» à vendre chèremeDi leur vie ; mais la détresse

et les angoisses de la nuit abattirent leur yourage. Cédant enfin aux lâches conseils de Gésonius » préfet du camp, autre créature de Varus, ils eovoyèreDt des députés à Arminius et se rendirent à discrétion.

Les aigles de deux légions étaient loiulftHJS au pouvoir de l'ennemi : la présence d'esprit de Taquilifère sanva la troisième ; il la détacha de sa pique et la eonvrit de son baudrier ; s'enfonçant ensuite dans un marais , il parvint à regagner le fort d Alïson.

Arminius abusa de la victoire avec l'insolence d'un barbare ; il parvint à retrouver le corps de Varus dans un fossé où les soldats Tavaient enseveli , lui lit couper la tête , et prodigua les outrages à sou tronc mutilé. La tête fut portée comme un trophée de la victoire à Maraboduus , qui la renvoya à Auguste , et déposée ensuite avec tous les honneurs funéraires dans le tombeau de la famille de Varus.

Les aigles et les autres enseignes furent traînées dans la poussière jusqu^au tribunal d'Arminius , qui les foula sous ses pieds. Les prisonniers coiiip;n urent ensuite chargés de chaînes et furent tous condamnés à mort. Les uns étaient suspendus à des gibets ou attachés sur une croix : on enterrait les autres tout vivants dans de grandes fosses ; les chefs étaient immolés sur les autels comme des victimes. Caldus Cœ*lius, jeune homme d'une iilustre naissance , prévint le supplice qui l'attendait en se brisant la tête avec les anneaux de sa chaîne. Ceux des prisonniers qui avaient plaidé les causes au tribunal de Varus étaient surtout en butte à la rage du vainqueur : les Germains prolongeaient leur supplice par des tortures, leur cou*

SIÈCLE D'AUGt'STE

fiaient lesmaios , leur crevaient lesyetix : Tun d euxar* racha la langue de sa victime > et > Télevant toute sanglante, il s'écriait : Vipère ! tn cesseras enfin de siffler.

Un pelil nombre de capfifs durent la vie aux chefs des Germains et devinrent leurs esclaves. L'ancienne discipline romaine interdisait de tes racheter ; plus

tard ils obtinrent la permission de payer leur rançon, mais sous la condition qu ils ne reparaîtraient jamais en Italie (i).

Tel était Taffreuic désastre dont fa nouvelle avait

répandu dans Rome une si profonde consternation. L'efTroi général s'accroissait encore par des rumeurs que propageait une secrète malveillance. Asprénas » qui accourait au secours de Varus« avait succombé comme lui; Armiuins arrivait sur les bords du Rhin ; des corps nombreux, avaient traversé lËibe pour te seconder ; les Gaules armaient en sa faveur ; uue seconde irruption des barbares du Nord allait fondre sur i Italie.

Les dépèclies d Asprénas mirent un terme à ces alarmes. Aussitôt que le message de son général lui était parvenu , il avait levé son camp pour accourir le dégager; informé de la catastrophe commune par les braves soldats que Thabileté de leur chef venait d'y soustraire, il avait pris d'habiles mesures pour conjurer ses propres dangers. Se détournant des routes déjà frayées, ii avait traversé le pays des Marses et des Bructéres , qui n'étaient pas encore instruits du complot et du succès d'Arminius, et avait atteint sans obstacle nie desBataves. Les corps épars des Ko-

(1) ScbuteD, llisl. Westpb. , lib 1. — Furstenib. Monum. , Padeb. — Rflchcrchei rar la bstallle contre Varat , par Tappe^ 1820. — Du iiaa où périt Varqa , par CknCennayer, im.

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