‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 136 sur 160 · LIVRE IX. ' m · texte numérisé non relu

LIVRE IX. ' m

de la Concorde , et le rendit sur les bords da Rhin.

Il partait animé d'une confiance sans bornes dans la fortune , qui Condalt son élévation sur les désastres mêmes de rempire ; qui avait, par le soulèvement de riHyrie , préparé son ascendant ; qui venait de le confirmer par les revers des Romains dans la Germanie. L'organisation de Tannée fut Tobjet de ses premiers soins. Elle se composait de buit légions, qui formaient plus de cinquaute mille liommes, d'un nombre trèssupérieur de cohortes auxiliaires, et d'une formidable cavalerie.

Dès les premiers beaux jours , et après une revue générale, les ordres furent donnés pour le passage du Rhin. Les moindres détails avaient été prévus dans ses instructions aux oflRciers; leurs équipages avalent été réglés suivant leur grade. Tibère arrêta son cheval à la sortie du pont , pour voir défiler tous les corps et réprimer toutes les contraventions. Il avait prescrit d*obflerver la plus sévère discipline , et Tun des tri* buns de légion , qui avait permis à son affranchi d'emmener à la chasse quelques soldats , fut puni par une note d'infamie* Lui-même afféctait de donner * Texemple ; faisant admirer d'ailleurs son activité et sa tempérance , prenant ses repas sur le gazon et passant fréquemment la nuit hors de sa tente. Contre son usage accoutumé de diriger seul les opérations, il avait formé un conseil des principaux officiers, et le consultait pour tous les mouvements de Tannée. Ses ordres étalent donnés tous les soirs ; tout ordre imprévu était transmis par écrit ; tout officier qui éprou. vait des doutes ou prévoyait des obstacles dans leur exécution, devait s'adresser au général, sans intermé^ diaire , et à toute heure du jour ou de la nuîL

Arminius s'avançait d'autre part à la tête d'une paissante armée, la plus Dombreoseque lesGermaîDs eussent depuis longtemps réunie. Les Gattes et les Ch(^nTsques étaient à sa suite, couverts des armes qu'ails avaient enlevées aux Komaius» s'aniœant par ces glorieux trophées y célébrant par des chants de yietoire le restaurateur delà liberté germanique . Les Sieambres et les Suéves avaient i^nvoyé leurs plus braves guerriers , les tribus du Nord étaient même accoumes pour fortifier cette digue Inespérée qui s^opposait an débordement de la puissance romaine. Le seul Maraboduus n'avait pas envoyé de renforts , sourd peutêtre aux instances d'un rival qull s'était donné et jaloux de sa gloire. Il parait toutefois qu' Arminius ne les avait pas réclamés , profitant des ombrages que ce titre de roi, obtenu après leurs désastres, inspirait aux Germains après leur victoire.

Rome et les provinces attachaient leurs regards sur celte lutte qui allait s'engaj^er entre deux armées sî puissantes , si vivement animées , l'une à maintenir sa gloire récente , l'autre à venger rhumiliàtion de ses revers. Mais les deux généraux, quoique par des vues différentes , trompèrent également l'alteote générale.

Arminius ne voulait pas compromettre , contre un habile adversaire, les avantages que rincapacitê de leur général lui avait obtenus sur les Romains. Il n'aspirait qu'à intercepter leurs convois et à les surprendre dans leur marche; renouvelant ses attaques, sans laisser engager d'action générale , et , par des fuites simulées , s elforçant de les attirer dans des positions difficiles. Toujours déçu dans ses espérances , il prévenait du moins par son ascendant les témérités de ses guerriers j il occupait leur ardeur inquiète par

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