‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 139 sur 160 · LIVRE IX. m · texte numérisé non relu

LIVRE IX. m

rélocolion qui eharmalt la multilode, et un zèle qui

lui conciliait ses affeclioDS.

Dion nous a eonservé un exemple de l iioprcssion que produisait sur les esprits cette faveur populaire dont s'entourait le brillant fils de Drusus. Un ancien questeur avait été cité devant le préteur qui présidait ao tribunal de rhomieide. L'accusateuîr ayant appris que Germuieus s'était chargé de la défense , allégua quil exercerait trop d'ascendant sur les juges ordinaires, et sollicita vivement auprès du prince pour faire évoquer celte cause à son tribunal. Auguste rejeta sa démande, et se rendit même au Forum pour le voir succomber dans cette lutte qu'il avaitsi justement redoutée.

Cependant des jeux avaient été annoncés pour le 1*' aoàt en Thonneur du dieu Mars. Germanicus les présida 9 et ne pouvant les célébrer dans le Cirque, trop dégradé par les inondations du Tibre, il les donna dans le nouveau Forum qui avait été construit par Auguste. Le prince avait pourvu à leur magnificence pour les danses des pantomimes, pour les courses des chars, pour les combats des bétes féroces, où périrent deux cents lions et les monstres les plus rares de l'Afrique. Il se plaisait à voir éclater les transports du peuple, et à en tirer un heureux augure pour les succès futurs du rival qu'il destinait à Tibère.

Tel était alors, ajoute Dion , l'éclat dont s'entourait Germanicus dans l'exercice de la souveraine magistrature, que tous semblaient ignorer qu il eût un collègue. Auguste résolut alors de manifester ses desseins » et la nomination du jeune consul , pour remplacer Tibère dans le commandement de rarnièe du Rhin , fut publiquement annoncée.

Livie n'avait pas perdu de vue les intérêts de Ti- {

SIÈGLS D'AUGUSTE

bère , quoiqu'elle eut blAinô sei témérités. Mais , se cousant dans son influence toujours croiiSi»te et dane

SCS nombreux partisans , elle avait vu sans alarmes celte bienveillance du prince et ces affections popu- Uires, qu'elle s'étuit flatlée de rendre siériles pour Germanieus. Désaliusée par le témoignage ééMmU (luClle loi en vit ac4îorder , elle résolut d'exipjer d'Au- {^lisie une mesure décisive. i:^lle débuta par de viii reproches sur les méfiances que Tibère n'amH pas dû lui inspirer ; elle rappela ensuite , par desalloslons détournées, lasceudanl qu'il devait à son adoption, le dévouement que lui portaient un grand nombre de légions , rentbousiasme qui se nMnifestalt dans toutes les armées pour sa gloire militaire Elle exprima sa reconnaissance pour les faveurs qui avaient assuré son élévation , mais en laissant entreyolr qu'il n'élail ni opportun 9 ni sans danger de les révoquer. Bile abusait ainsi des dispositions secrètes d'Auguste , dont ses imprudentes conûdences 1 avaient instruite ; car nous avons vu d'ailleurs ses égards publics pour TW« bère , et , dans ses rapports plus intimes , il s'était imposé la même réserve , lui prodiguant dans toutes ses lettres les témoignages de son estime et de sa eonianoe; . mais elle avait apinis ses vrais sentiments par ces Ml'^ lets remplis de ses plaintes, où il lui reprochait avec amertume le caractère intraitable et hautain du fils dont elle lui avait imposé l'adoption. Livie devait les faire connaître à Tlb^e plus tard , et lorsqu'elle éprouva son in^^ralitude. Elle craignait alors de I irriter contre Auguste : son orgueil irasciblereûlentrai-'' né à des éclats dont la menace , moitts hasardeuse , était aussi plus utile au succès de la démarche qu'elle tentait en sa faveur.

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E^le iMirviotenr elTot , par ces adroites insîmialions,

à porter le trouble dans Tàmc du prince. Quand elle U) vit OL îtê par la crainte de s'engager avec des forces Irbp aifaiblies dans les plus graves embarras , elle s'ex*pliqua plus elairement. Ses hésitations saffisaient pour les lui attirer; danihilieux flatteurs èîraraient déjà GermanicuSy jusqu alors satisfait du sort brillant qui lui avait été assuré ; une prompte résolution poavait seule rendre sans danger leurs intrigues. Elle exposa ensuite les ménagements qu'esLÎgeait la vieillesse d'Auguste; la complication que des événements réfMls avaient apportée dans les affaires de Tempire ; le redoutable fardeau qu1l ne pouvait plus leprendre sans en être accablé. Klic lînit par lui déclarer 1 urgente nécessité de s associer Tibère, et d'accepter ce eoiiégne que lui-même s'était si ouvertement désigné.

Auguste éclata avec violence au premier aveu d'une si audacieuse proposition. Mais il s'était affaibli dans eette lutte , et sa constance aciieva de s'épuiser dans ces derniers emportements. Son intrépide épouse obtint enûn un triomphe , si longtemps préparé et tant de fois compromis, mais désormais irrévocable. Lors* que la disgrâce de son fils semblait être si pleinement résolue , elle le fit mettre à Tabri de tous les revers par 1 acte solennel qui iassociait à la souveraine puissance.

Tibère fut Investi d'un pouvoir égal à celui d'Auguste sur les provinces et sur les armées , et déclaré son collègue à la préfecture des mœurs, paruneloique ce prince apporta faii*même au sénat , et fit adopter

sursoii rapport. Les consuls furent chargés de [)résenter cette loi à rassemblée des comices, qui la sanctionna sur la proposition de Germanicus. Elle

S1£GL£ D AUGUSTË

fol vo(ée, âuivant le témoignage de Palerculus qui D'à peâ été contredit , le S8 août de cette aoaée.

Hèére prit âlon le titre de prioee ; et Ton voit, per les acles de son principat , quïl lit lonjours remonter avènement à cette époque. Toutefois, plusieurs ont pensé que les poa voir» qui loi étaient cmférés par la loi devaient eener k la mort d'Angnste : on le vit du moins alors éviter de réiîlamcr ses droits à I empire. Mais il avait d'autres motifs pour passer sous silence des droits qui pouvaient être conteslto. Il devait préférer d'obtenir par les suffrages du sénat Tautoritè légale dont il fit un si hahile usage pour se concilier la soumission des légions du Rhin.

Cette association inespérée n^avait pas rassuré pleinement Livie ; elle aspirait à la disgrâce de Germanicus, jugeant de lui par son propre cœur, convaincue qn'elle ne pourrait Jamais obtenir Tonbli d'une telle offense ; mais elle intista vainement pour faire révoquer les actes d'Auguste , qui ap|>elaient Tibère en lllyrie et nommaient son successeur à Tarméedu Khin. Auguste lea communiqua an sénat dans une autre assemblée , où il parut suivi de Germanicus , et le chargea de lire son discours. H y rendait témoignage des beureuses qualités de ce jeune homme , et des services qui lui avaient mérité cette importante mission. 11 le recommandait au sénat, exemple qui lut depuis imité par ses successeurs , pour annoncer la désignation de Im fils à rhéiédité de Tempire. En terminant ee discours , il recommandait le sénat à Tibère (1).

S I9< Les vœux de Tibère étaient comblés : il venait de 7es.

(I) Dion cl Suél , ib — Giberl , ^cad ff^s fnst. , lom. XXVII. — TiMemonl , Jdist. des Emp., tom. 1. — Pezron , Hist. évang,y lom. 1, ptg. iW.

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surmonter , par le secours de Livie , la crise la plus violente qui eût encore menacé sa fortune. Si Tob coDsidère que » pendant cette Dégociatioo si èpîneaie* il avait prolongé son séjour dans la Gaule lyoraaise, entretenant une correspondance active à Rome et sur le Rhin , on n'éprouvera aucun doute sur sa résolution de braver tous les hasards pour se «alntenir au rang qu'il avait si chèrement acheté. Mais sa présomption 1 eût sans doute encore abusé , et sa mère avait bien mieux aperçu la grande inflnence qu'exerçait encore sur tous les esprits le nom d'AugusIe.

Pour célébrer son association à l'empire , Tibère offrit à Lyon des sacrifices solennels et dédia un autel votif dans le templede Jupiter. Il avait éludé de prendm le titre de proconsul , obtenu par une délégation du prince ; il s'en revêtit alors , en vertu des pouvoirs attribués à son principat.

La joie qu'il ressentait fui OMuMe trirablée : il apprit que la nomination de Germanicus au commandement de Tarmée du Khin était maintenue. Cette armée , que des corps d'élite avaient renforcée, et qui avait acquis sous ses ordres rexpérienee de la guerre , pou* vait élever le fils de Drustis à la renommée de son pére ; le projet formé par Auguste de lui en fournir les occasions n'était même que trop vraiseasblable. Tibère étendit leurs cantonnements pour rendre leur réunion et tes nouvelles entreprises plus difficiles dans une saison déjà avancée. Il partagea leur commanda* ment entre ses deux lieutenants les plus dévoués. Sir lius , créature de Livie , eut sous ses ordres les quatrelégions qui établirent leur camp. fortitié dans les environs de Raurica. Gécina, vieux soldat que Tibère avait attaché à sa fortune, fut mis à la tète des quatre autre»

MS SIËCLË D'AUGUSTE.

léirîons, (j<Mit il forma deux divisions. Il conduisit la première daaa les eaaloDS voislMàe Colegne , el dé* flifBa celte ville ponr em lyuartler génèrtl. Il envoya son lieutenant pour défendre «ivec la seconde le camp forlilié de Vétéra , situé au-dessus du couâueol de la Up^e avec le Abio.

De retovr à Rome, Tibère une de tonte mm f»fNienre pour prévenir le départ de G apprôts de son trioBipbe raMoaienl Tallention p«- Miqoe svr les èvésemeiits de la guerre dlUjrrie , et an partisans en prolUaient pour rappi'ler ces deux campagnes en Dalmatie , ou le jeune el trop liouiliant liis de Drnsus avait lamM élè dè(u par. les «aOQBurvres» el d'antres Ms abosè par les arUfices de Batm. Tlb^ fit observer qu'Arminius était bien supérieur au chef des Ûal ma tes, et commandait à des guerriers bien plus redoutables; qoe rincoDstancenaturelieauxGemiaioB et la jaloueie des antres ebek exdtaieiit déjà parmi eux de graves dissensions ; que Tarrivèe d'un nouveau gèséral , désormaîa tardive , De servirait qu'à ôtoufifer ces semertees de trovMes , âé^k fteondAes par les oé«

gociatioiis de ses lieutenants.

f>ivie favorisait le succès de ces manœuvres par .l'iaolement oà elle retenait le prince , toiyours enteurè de ses amis ou de ses rrèotures. Elle intimidait Germanicus; elle lassait le prince lui-même, épuisé par sa rèsistaaoe ; et , pour enipéciier I un de solliciter, Pantre de provoqner ce départ , trop évidemment fonselllé par la politique , son ascendant ent bien plus d inthieoce que les vaines objections de Tibère. Btie semlilait moins désormais donner des conseils qu'exercer une aulorilé souveraine ; le succès qn'elie venait d obtenir avait accru son audace, dont clic ot-

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Crit à o«tlB épo^e on B4Mvea« tnil , que Dion a jusiMMnt r«il rtmaniver.

ifous avons vu qu'un vaste portique , dédié à l'épouse d'Auguste , avait remplacé ies vastes bâtiments légués à ce prince fMir Veëius Pollion. Ce portique ajrant ensuite été détruit par un incendie, Livie l'avait changé en une somptueuse basilique. Elle osa Um îMcrire sur le fnmtispiee les noms de Calus et de LndiM Gèiar. Peu MtitMte d'avoir )adf» imposé silence aux accusations dont leur mort l'avait menacée , elle voulut alors les braver en leur insultant par eetle dédicace aoleiiiielle. La deitinatioiide la basilique de Gaiua , Tuu des mouamento andena qui »*e9l le mieux conservé, signalait une ^rave innovation dans lea miBur» des Romains : ils avaient jusqu alors dédaigné lec aris et llnduetrle , et n'avalent fait usage de ce genre d édilice que pour les assemblées des tribunaux. La nouvelle basilique fut consacrée aux réunions éuf négociante^ et offirit ainsi le premier eiemple de» boorNS du eommeroe.

Tibère avait cependant atteint le bot qu'il se proposait c il avait retenu dans Home Germanicus ; et les opérations du cens , dont il était ctefgé comme associé à la préfecture des mœurs, lui avaient servi de prétexte pour éviter lui-même de joindre son armée sur les c6tes de l'ÉpIre. Il s'occupa désormais de la revue du sénat ; et ses réfbrmes , où il mootra Tan* ciennerigueur d An$3fuslft, n'excitèrent pas néanmoins une aussi vive indignation. Il ne salissait plus, en eflbt , désintérêts de la libérté , mais d'une lutte entre deux factions opposées. On voyait avec une égale inditTërence les exclusions prononcées contre d anciens adulateurs , et leurs places occupées par les créatures-

de Tibère et de Livk. Les membres influents dasôMt dirigeaient les réfornies , et devaient bieslAt , po«r prix de teèr lèêe , assurer à leur eorps le droit d'élection im\ magistratures.

i 16. L'associé d Auguste se préparait cependant à paraitre aux yeux des Romains entouré d*an nouvel éclat, et dans toute la splendeur du Iriomphe qui lui avait été décerné sur les Pannoniens et sur les Dalmales. Les somptueux apprêts de ee triomphe, ajourné par les revers de la Germanie , venaient d-éire terminéis ; Tibère le célébra daus ie» premiers jours de Van 76S de Koma, sous le consulat de Plancus et de Silius. > Cette pompe , objet d'une pins vive curiosité dopuis qn elle ne se reproduisait qu à de longs intervalles , 1 excitait aussi par la richesse inattendue des dépouilles, fruit des progrés de la dvilisatioa et des arts dans des contrées nagnére si sauvages, et par les images des villes couquises, où Ton admirait les monuments enfontés par l<^ur récente opulence. Les émotions qu Inspiraient ces chefe intrépides « qui paraissaient ensuite cluirgés de chaînes , se ressentaient de la terreur longtemps reléguée sur les frontières du vaste empire , et qu'ils avaient ramenée jusque dans le cœur de Htalie. Mais les regards étalent surtout attirés vers le char superbe ou paraissait le ûls de Livie , remarquable par son imposante stature * accueilli par des transports que rendait plas.vils sa récente élévation , suivi des lieutenants, dont les ornemenls triomphaux semblaient un nouvel hommage aux exploits du véritable triomphateur. Tibère fit défiler ce cortège devant Auguste , qui Tattendait au Forum , nssis sur sa chaise curule devant la tribune aux liaraugues. 11 descendit ensuite de son char,

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et lui fit hommage à geaoyx de cette gloire, par laquelle il semblait d'allleors affeeler de le brav^er.

Il présida ensuite aux fêtes brillantes qui avaient ëlé décrétées par le sénat. Mille tables furent dressée» pour an repas qu'il doonait au peuple : il accorda une dlslributloii de 300 sesterces ou 60 francs

par tête , libéralité qui était devenue la prérogative du prince.

Le tanne de l'empire étant arrivé sur ces entrefaites, le sénat yota une cinquième prorogation , qui

fut accordée pour dix ans. Tibère obtint une prorogation de sa puissance tribunitîenne pour le même terme : il voulait conserver cette puissance en vertu d'un titre étranger à son association ; et Ton jugera de ses motifs par l usage qu'il en lit à ia mort d'Auguste. Il fit accorder à son fils Drusus une dispensé des lois annales , qui l'autorisait à se présenter dans trois ans pour ie cousulat , et assura une préférence constante à ses partisans dans la distribution desbonneurs.

GermanieQS en avait surtout été exclu. Le prince de la jeunesse, intimidé par l'abuidon de ses fenx amis , par la réserve même d'Auguste , loin de solliciter aucune faveur, n'osait pas même insister sur son départ pour f armée de Germanie. Toutefois sa présence dans Rome excitait aussi des alarmes ; la préfecture des mœurs ofl'rit à Tibère ua moyeu adroit j^e l'éloigner à la fois de Rome et du Rhin. Il le délégua pour âdre en son nom le cens dans les Gaules, opération qui 1 obligeait à lixer sou séjour dans Lyon ; et tit ordonner les apprêts de son départ pour cette capitale des Gaules. Drusus , dit Juste Lipse, avait été délégué par Auguste , mais Germanicus fut délégué par Tibère.

S1£GLË lyAUGUSTË.

Les citoyens t'occnf^afenl peu de ces intrigues , absorbés alors par 4m ialèrèls pins prasMofs. Ils réis^ nianlaDt iears efforts pour Mre abolir rimpM établi

par la loi Vicésîmaire sur les successions collatérales. Leurs réclamalions avaient été suspendues par la terreur qa*nispira la guerre dlliyrie , et ensuite le désastre de Varus. Elles furent reproduites alors avec une ardeur qui ne larda pas à devenir séditieuse» et qui ne put être calmée que par la promené qu'elles ' allafent être soumises à la délibératloti du sénat.

Tibère se présenta h la séance pour lire un rapport souscrit par Auguste. Ce prince déclarait que les besoins éa trésor militaire avaient exigé un impôt; quil i*avalt établi sur les successions eotlatéraiss eorame moins onéreux, et prélevé à l'occasion de son accroissement de fortune ; qull attendrait au surplus le rémllat de la délibération. Après plusieurs jours de débats contradictoires , le sénat reçut un avis écrit du prince, qui proposait un ïin\nii sur les malsons et sur les terres. Des commissaires arrivaient en même temps sur les lien pour procéder am èvaluattons : tous les propriéfaires prirent Talarme, et la loi Vi- ^imaire tut maintenue par une délibération presque unanime.

Germanicos , qui était encore dans Rome , reçut la

défense de paraître alors au sénat. On Tavait étendue, par un reste déménagement, au jeune Drusus. On alléguait que la présence de Germanicus pourrait gêner la liberté des discussions; mais on Avait bien moins redouté son ascendant , trop compromis par sa disgrâce, que les expressions de regret qu'elle aurait pu autoriser. Son départ laissa le champ libre aux manœuvres de ses adversaires. - -

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Auguste accorda alors aux instances é% Livie une dernière fonoession , qui achevait de mettre Tibère au-dessus de toute rîvaHté. Il déclara au sénat qu il ne pouvait plus désormais assister à ses assemblées, et provoqua on sènatas-coasoUe qui donnait une orgmisation légale au eonseil du prince.

Ce conseil existait en réalité depuis longtemps. Au* gusle Tavait d'abord établi, à l'imitation des consuls, en appelant auprès de lui plusieurs des membres du aénat pour la décision des affaires urgentes ; il lui avait cnsuile donné une forme plus régulière , en le composant de deux consuls , d'un magistrat de chaque grade et de quinze sénateurs , dont la liste était changée tous les six mois. Il lui soumettait la plupart des aflaires qui devaient être proposées au sénat y et protégeait ses décisions par Toppontion tribunitienne.

Le sénatns^eossnlte ordonna que le conseil serait composé des deux consuls ordinaires , des consuls dé^ signés , des deux petits - fils d Auguste , et de vin^ sénateurs renouvelés tous les 4ins ; que la présidence «ppartiea^tt à Auguste ou à Tibère , avec la faculté tllimîtée d'y appeler d'autres conseillers; que ces dé- , daions auraient la même autorité que les décrets du sénat. Tibère obtint ainsi la direction de toutes les affaires , dominant tour à tour par sa présidence les dëlibératious du sénat , ou les rendant inutiles par les décisions de son conseil ; maïs Livie le forçait à imiter sa constante eirconspectioti ; et Dion a fait observer qu'Auguste , coucbé dans son lit , avait plusieurs fois présidé le conseil du prince (1).

L'orgu^l indomptable du fils de Livie déjouait la $ 17

(i) Dhm cl Gibcrt, iôid.— Lips. , Kic ad Tacil. , itb. 1. lit. 1^.

sage politique de sa mère ; il le portait à éluder uoe surveillauce dont il remptehait de oompreudre les justes motifs; il lu! exagérait les effets de ces concessions , ilUmilées saos doute , et qui paraissaient , avec raîsoa , une sorte d'abdication » mais qui pouvaient d'ailleurs être révoquées. Il le poussa enfin à des témérités qui réveillèrent tous les anciens ombrages d Auguste.

Telle fut surtout celle dont nous trouvons le récit dans Suétone. Tibère , trop porté aux excès du Tin

par ses habitudes militaires , et qui voulait se délasser des travaux fastidieux du dénombrement , venait de passer deux jours et deux nuits à boire avec Pison et avec Flaccus. Au sortir de cette orgie, il voulut donner à chacun d'eux un témoignage de sa bienveillance : il nomma Pison à la préfecture de Rome , que la mort de Taurus rendait vacante , et dont il te mit sur-le-champ on possession par un brevet ; il accorda en même temps à Flaccus la présidence de la Syrie.

Livie exprima avec emportement son indignation. £lle rappelait la haute importance de la préfecture de Aome , déjà sollicitée par les plus grands person** nages. Rassurée, toutefois, par la bienveillance que Pison inspirait à Auguste, elle promit de lui faire accorder cette dignité. Pison Tobtint en effet , car les vingt ans pendant lesquels il Texerça, suivant Tacite , remontent à cette année ; et Tibère portait déjà le titre de prince, sous lequel il est désigné par Suétone.

Flaccus fut ainsi seul en butte aux ressentiments de

Li\ ii i^oiir son insolente prétention à celte présidence de la byrie , qu Auguste avait retirée à Quiriuus , et

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