‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 142 sur 160 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

de la yie ?» Il ajouta en ^rec , suivant l'usage des ac- ' leurs : « Si v ous êtes coûtenls, baltez des maius et applaudissez. »

Aeslé seul avec Livie, il tomba dans un assez loog assoupissement. A son réveil , instruit que quel({ues uns de ses ^ens arrivaient de Rome , il ordonna de les faire entrer. Mais, tandis qu il iesquestionoailsur la maladie de la fille de Drusus , il se sentit tout à coup défaillir : « Adieu, Livie , dit-il alors, eonservez-vous, et ji^ardez lesou venir de notre union.» En achevant ces paroles , il expira dans ses bras , presque sans douleur^ ainsi qu*il en avait souvent exprimé le désir.

Il mourut le 19 du mois d'août, dans la iiiènic chambre où s était terminée la vie de son père Octavius. Il était âgé de soixante-seize ans, moins trentecinq Jours, et quarante-deux ans s'étaient écoulés depuis son avénciiiciuà Tempire.

Ainsi termina sa carrière , un prince à qui les monarques les plus célèbres se sont montrés jaloux d'élre comparés. Il se distingua de presque tous par sa persévérance à éloigner de lui le faste de la grandeur. Cette vaine ostentation^ souvent colorée de Tintérét du chef de Femplre , ne sert au contraire qu â Tégarer ; elle Tenivre de sa puissance , elle éloigne ses amis sincères. Tantôt elle 1 excite à épuiser son pays par des guerres f à le ruiner pat des prodigalités; et, pour devenir Tidole de sa cour pendant sa vie , à provoquer la malédiction du peu ^le sur son tombeau. D autres fois , mais bien plus funeste dans ses effets , poussant

prince À sa chute, et divisant en factions les citoyens, elle prépare le plus triste spectacle qu ait jamais olfert l'histoire, I avilissement d un peuple qui avait mérité l'admiration et le respect de ses rivaux.

On ne saurait attribuer la réserve d Auguste à la crainte d'homilier ces grands de Rome, qui s'étaient élevés au-dessus des rois. Lorsqu'il se vit dans la suite

entouré d'une génération plus façonnée à la dépendance , il conserva la même modestie. Dans toute les époques de sa vie , il se montra persuadé que pour élever ainsi de fastueux rameaux dans les airs , la jmissance souveraine épuise au sein de la terre toutes s^ racines.

La maison qu'il ne cessa pas d'habiter , était auparavant la dcineure d'un simple séiialeur, de Toi aleur Horlensius. L'architecture en était mesquine et les portiques étroits ; elle n'était ornée ni de marbre piélieux, ni de pavés en mosaïque. Le nom de palais qu'on lui donnait et qui lut depuis réservé pour les habitations des princes , ne désignait alors que la situation de cette maison, construite sur le mont Palatin.

Dans ses maisons de campajrne , Au^rt^ste avait affecté la même simplicité. li l'imposait méineaux mem* bresde sa famille, et sa petite-fille Julie ayantfait élever des bâtiments qui lui parurent trop somptueux , Il les fit raser jusqu'aux loiulementh il u \ admit jamais ni des statues , ni des meubles précieux , et réserva les chefs-d'œuvre des arts pour les monuments publics. Les vêtements dont tl se couvrait étaient Touvrage de sa femme , de sa s(jeur ou de ses filles. Il bannissait toute distinction de ses rapports avec les citoyens admis dans sa société; leur rendait toujours leurs visites, et se montrait facile à accueillir leurs invitations. L un d eux lui avait donné un repas trop mesquin : u Je ne croyais, pas, dit-il en sortant , être >i avant dans votre amitié (1). »

(L) Suét., Aug., (h» --Tib., 21— Paterc.,]lai3.— Macr., Sal., U,4.

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