LIVRE IX
Noos avons vo qo'Auguste avait toii|oon eiprimé j «21.
sou respect pour la religion de sa patrie. L*abiis ''^'^
qu'il en fît pour ses intérêts fait assez voir que ce respect n'était pas sincère , et Ton en trouverait aussi la preuve dans ses étranges superstitions.
Ses mœurs privées furent d une telle licence , que le scandale eu parut intolérable , même dans un
< siècle aussi corrompu ; il prodiguait Tor et les plus infâmes moyens^de séduction pour satbfaire ses ca* priées , exigeant l iodigne secours de ses aflVaiK liis et celui même de Livie; reclierchant les jeunes tiiles, et paraissant néanmoins trouver un attrait plus piquant à ses amours adultères. On a prétendu qu'il les provoquait le plus souvent poui découvrir les complots des maris ; excuse honteuse y mais qui n'est pas sans fondement , car la passion du pouvoir domina constamment dans son cœur toutes les autres 11 fut puni de sa dépravation par les désordres qui préparèrent de si honteuses infortunes pour sa famille « des chagrins si amers pour ses vieux jours. 11 expia surtout cruellement les complaisances de Livie par la domination de cette femme hautaine, qui imposa un Joug si dur à sa vieillesse, et fut généralement
. soupçonnée d'en avoir abrégé le terme.
Le luxe était hauui de sa maison , mais sa table était bien servie, et il aimait à l'entourer de nombreux convives ; les affranchis en étaient seuls exclus. Il prenait soin d'y faire régner une grande liberté, attentif seulemoTiL a amener une conversation générale , en reprenant ceux qui s entretenaient avec leurs voisins. Avant la fin du repas, il faisait ap> peler des musiciens, des acteurs, des bateleurs de' rues , le plus souvent des déclamateurs et des soplii:>-
tes; qmaDd il n'ayait iovité que ses finniKers, if provoquait des discussions philosophiques ou littéraires. Il s'y moDtrait empressé à satisfaire les goûts de ses convives; mais observai! d'ailleurs poar lui-même une exacte sobnélé , souvent même ne prenait aucuo aliment, attendant le moment du besoin et ne le prévenanl Jamais
Sa santé délicate exilait cette tempérance, et Toblijîeait aussi à s'interdire les veilles et les exercices pénibles. Ses voyages se faisaient à petites journées et en litière , on même le pins souvent par eau , si la mer ne le détournait pas trop de sa route. Aussitôt après les guerres civiles , il avait renoncé aux courses à cheval et au maniement des armes; le jeu de paume était alors devenu son principal délas* semeiil; il avait fini par se réduire à la promenade, à la pécbe et à quelques jeux sédentaires.
Ces soins assidus liil cirnservérent toute sa vie le libre usage de ses facultés , et ses écrits attestèrent qu'ils lut avaient assuré des loisirs pour la culture des lettres. Son poëme sur la Sicile , et les épigramme» qu'il avait dictées en prenant le bain , existaient encore au temps de Suétone. Il avait lu à ses amis une tragédie sur la mort d'Ajax et Tavait ensuite effacée. Ses amis lui demandèreol ce qu'était devenu son Ajax ? n II s'est jeté sur une éponge » y leur dit-il , faisant allusion à la manière dont était mort son héros. Ses mémoires sur les événements de son temps se terminaient par la guerre Gantabrique , et subsistaient encore du temps d'Appien , qui en fit un grand usage pour son histoire des jjuerres civiles.
Auguste avait laissé un assez grand nombre d'autres écriift, parmi lesquels on distinguait une exhor-