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tation à la philosophie et une réponse à Téloge de Catoo y que Bratus avait publié. Mais le temps o a épargné qu'un petit nombre de pièces de vers, la plupart assez suspectes. Celle où il déplore Tordre donné par Virgile de brûler sou Éuéide, a été louée par Voltaire ; Heyne soutient qu'elle est apocryphe , mats il cite pour toute preuTe Tun de ces jeût de mots que les licences de la tribune avaient rendus très-familiers aux orateurs.
Le style de ces écrits était remarquable par sa simplicité toujours noble et d^une rare élégance. Auguste n aspirait qu a la clarté , qu il préférait môme À la grâce du discours , n'évitant ni les prépositions ni les conjonctions y ennemi seulement de toute reciieiche dans les expressions et de ce qu'il appelait la mauvaise odeur des termes surannés. 11 critiquait par d'ingénieuses parodies Télocution brillante de Mécène , et se moquait aussi des préférences de Tibère pour les mots qui étaient tombés en désuétude.
Ces compositions littéraires n'étaient toutefois qu'un délassement ; Tart oratoire fut Toccupatlon de
toute sa vie , et il s'y montra liigne du preQiier rang ; son éloquence facile et abondante^ dit Tacite , était celle qui convient à un prince. Il en fit un fréquent usage au début de sa carrière dans le sénat , dans la tribune aux harangues , et surtout dans le tribunal élevé au milieu des camps , où il eut à soutenir des luttes non moins orageuses que celles des comices. L'ascendant quil obtint après la ruine de Sextus Pompée ayant mis un terme à la licence des vétérans, il adopta un autre genre d'éloquence. Ce fut alors qu'il commença de lire des discours écrits^ •
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ne voulant pas , dit Suétone , perdre son temps à les apprendre ; ce qui prouve un usage constant de les réelter de mèiDoire.
Après son avènement à Tempire , sous prMexte des maux de gorge auxquels il était sujet , il fit presque toujours lire ses discours au sénat par son questeur. Un héraut les rédta dans les assemblées do peuple , celui surtout que, déjà avancé en âge, il adressait aux chevaliers romains ^ pour censurer leur résistance aux lois portées contre les célibataires.
Suétone fait mention d^on autre usage d'Auguste , que la différence des moeurs peut seule nous faire paraître extraordinaire; il écrivait ses discours pour la discussion des affaires avec ses conseillers , souvent même pour ses conférences familières avec Lîvie. Il parait donc avoir adressé à Cinna les mêmes paroles que Sénéqoe nous a transmises , car il avait aussi écrit ce discours, monument d*une si noble vengeance (1).
5 22. La mort d Auguste fut d'abord tenue secrète ; des 767- soldats fermaient Taccès de la maison , et Livie en* voyait des nouvelles rassurantes. Quand elle eut pris toutes les mesures qu'exigeaient les circonstances , on fut à la fois instruit qu'Auguste était mort et que Ti* bére gouvernait l'empire.
On apprit en même temps la mort d'Agrippa Posthume ; quoique sans armes , quoique surpris par un centurion intrépide , il avait disputé longtemps sa vie. On supposa , contre toute vraisemblance , des in-
(1) De Sainte - Cruii , sur Le Mon. d Anc,^ yicad des in«c. , tom. XLVII. - Suèi. , Aug. , 8( cl «uiv. - Heyne, sur lit fTe de f'irgile, S iS. - Rpymar, sur Dion» LV. 1*. - TâCll. , Ann.
struclioDS données par Auguste. Lorsque le centurion viat rendre compte de l'exécution , Tib^e déclara qull n'avait rien ordonné , et le renvoya an sénat. Salluste , qui avait signé l'ordre , craignit d'avoir à se justifier dans une affaire où il ne pouvait sans danger confesser ni déguiser la vérité , et représenta à Livie que ces renvois an sénat énerveraient l'autorité. 11 s alarmait sans motif ; mais telle était la dissimulation de Tibère , qu elle abusait ses confidents les plus iutimes.
Cependant , à Rome , les consuls , les sénateurs, les
chevaliers , s'empressaient d accepter un nouveau maitre; composant leur visage pour ne paraître ni joyeux de la mort du prince , ni contristés de Tavénement du successeur , ils se rendirent aux comices et donnèrent au peuple l'exemple de prêter serment sur les actes de Tibère. C était le serment d'obôis* sance absolue, qui n'avait été si longtemps exigé que des soldats.
Tibère adressa aux consuls un édit pour fixer le jour de la réunion du sénat ; il l'avait rendu , non * comme prince , mais en vertu de la puissance tribu* nitienne qui lui avait été séparément déférée; il y déclarait que le sénat réglerait lesbonneursiunèbres; que pour lui, il accompagnerait le corps de son père; c'était la seule fonction publique qu'il voulût se réserver. Mais aussitôt après la mort d'Auguste, il avait donné Tordre aux prétoriens , exercé Tautoritè suprême, écrit comme empereur aux armées; il ne montrait de l'hésitation qu'envers le sénat. Ces ménagements lui étaient imposés par la crainte des légions que commandait Germanîcus; il voulait d'ailleurs paraître devoir l empirc aux suffrages des citoyens , et
non s*en Mre furtivenient emparé par les Intrigties d'une femme et par Tadoptioa d'un vieillard. La suite ûi voir qu'il désirait aussi sander les principaux sénaleurs et pénélrer leurs secrètes dispositions
Tibère arriva au jour fixé , précédant à pied le cortège funèbre. Le corps avait été porté sur la route par les principaux magistrats des villes ou il passait , et les chevaliers romains s'étaient avancés jusqu'à Boville pour le recevoir; il le (it (lé[)oserdaQâ le vestibule de sa maison , et se rendit à l'assemblée du sénat avec son (ils Drusus. Tous deux étaient revêtus d'habits de deuil sans aucune marque de leur dignité ; les consuls et les autres magistrats , en simple toge de sénateur , avaient pris place sur les bancs des préteurs et des tribuns , ks sénateurs perlaient le costume des chevaliers ; il lut un discours écrit que ses larmes interrompirent et qui fut achevé par Drusus.
Les vestales furent introduites ; elles apportaient un testament et quatre mémoires ou codiciles , qu'Auguste avait déposés entre leurs mains.
Le testament , fait en deux doubles , était daté du 3 avril de Tannée précédente ; les témoins reconnurent leur sceau; Polybe , affranchi du prince « en fit la lecture.
Auguste déclarait que » se voyant privé par un sort funeste de ses deux fils , Gaïus et Lucius César il avait disposé des deux tiers de son hérédité en faveur de Tibère César , et confirmait ainsi l'opinion com* mune qu'il ne Tavait choisi qu'à regret. 11 Instituait Liviepour 1 autre tiers , disposition dont il l avait déjà fait rendre capable par une dispense de la loi Yoconia. 11 Tadoptait pour sa fille , lui confirmant ainsi le nom de Julia Augusta , qu'elle avait porté de son vivant
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comme son épouse , et sous lequel 1 historien Josèphe Ta presque toujours désignée.
Germanicus et Drusus étaient porté» au second rang de Thérédité; Auguste appelait au troisième rang les principaux citoyens de liome, témoignage d'affection dont on a pu , sans trop d'ii^ustice, révoquer en doute la sincérité.
Il léguait quarante millions de sesterces, ou 8 millions de francs, au peuple romain ; trois millions cinq cent mille sesterces aux tribus, expression par laquelle 0n désignait les prolétaires ; une distribution par téte de mille sesterces aux prétoriens; de cinq cents aux cohortes urbaines; de trois cents aux légionnaires. Ses autres legs n'excédaient pas les dispositions usitées parmi les citoyens opulents : il s'en excusait sur l'état de sa fortune. Ses héritiers ne recueilleraient pas plus de cent cinquante millions de sesterces : il en avait cependant reçu plus de quatre milliards, dans les seules vingt dernières années de sa vie , par les legs de ses amis ; mais il les avait consacrés à dos dépenses publiques, ou rendus aux tiis du testateur. Tel était depuis ce temps son usage ; quand les fils n'étaient pas majeurs , il restituait le legs et les revenus à leur majorité , et une clause expresse ordonnait de terminer ces restitutions. Mais suivant l'observation de Dion , le même testament qui exprimait sa bienveillance pour les enfants des citoyens , confirmait ses rigueurs pour sa fille et sa pelite-fiUe , car il défendait de les inbumer dans son tombeau.
Ce fut comme le signal du sort qui menaçait Tinforlunoe Julie , el dont elle n était que Irop prévenue par le meurtre du dernier de ses fils. Tibère la fit garder à vue et périr > cette même année , de faim et
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de miaère, se flatttBt qu'à la suite d'm si long exil sa mort ne serait point remarquée.
La jeune Julie vit seulement au^rraver sa captivité ; elle saccomba plus tard à ses ennuis , après avoir TécQ vingt ans en exil;
DrusQS remplaça ensuite Polybe et lot les codidlea d'Aujîiisle. Le premier reuferniait des dispositions pour la sépulture ; dans le second , Auguste racontait en style lapidaire les faits les plos remarquables de son principat : il offrait dans le troisième un tableau détaillé des revenus , des dépenses , et des forces de terre et de mer de la république ; dans le quatrième» qu'il adressait au sénat et à l'ibère , il leur eonseillait de restreindre les affranchissements , de ne pas prodiguer le droit de cité , de se borner à maintenir les frontières qu'il avait assignées à Tempire.
Le temps n'aépargnéque le second de ces mémoires. Toutefois, oïl l avait iimlilement gravé , par l'ordre du testateur, sur deux petites colonnes d airain que Ton appelait des cippes et qui ornaient son tombeau ; car elles furent dispersées dans le sac de Rome par Attila. Le zèle de la reconnaissance devait pourvoir à la réparation de cette injure de la barbarie. La ville d'Ancyre , comblée des bl^faits d'Auguste , lui avait ftlevé un temple de son vivant. Après sa mort elle fît graver sur les marbres du portique, avec une traduction grecque, la même inscription qu'on lisait sur les cippes de son tombeau : cette inscription , connue sous le nom de marbres d'An cyre , nous a conservé 1 un des plus précieux monuments du siècle d'Au*gwte (1),
(1) Dion, LVI - Suét., m , 21. — T«cil. , Aon. 1, ^,^Acad, det Jme, , tom. XLVU.