‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 145 sur 160 · U?R£ IX · texte numérisé non relu

U?R£ IX

Tibère lil ensutte procéder à la lecture du décret i ^* ijpieleiCfmiitaaYaieDt été cbargès de rédiger. Il éleyait AopMte au rang des dieux , et prodiguait sans mesure les hoDHi urs funèbres. Tibère en fit supprimer une partie ; et , comme Messalinus voulait lyouter que le serment sur les actes du prince serait renouvelé tous les ans, il lui demanda s il Tavait chargé de le proposer, u Quand il s'agit de la république, dit Mes* salinus» Je ne consulte que ses intérêts, au risque même d'offenser.» Les sénateurs offrirent ensuite de porter le corps sur leurs épaules , et Tibère accepta avec une sii[)( rbe condescendance.

Il publia le décret par un éditqui invitait le peuple à modérer son zèle , dont Texcés avait jadis troublé les obsèques de Jules-César. Le corps ne serait juis brûlé dans le Forum , mais dans le Champ-de-Mars , ou le bâcher était déjà préparé.

Le lendemain oii vit les rues bordées de soldats, et Ton raillait de ces précautions , qui avaient pu être nécessaires après le meurtre du dictateur, qui semblaient dérisoires quand un vieux prince laissait la lortune de ses héritiers si bien affermie. Le cortège s'avançait cependant vers le Forum ; le corps était renfermé dans un cercueil orné de riches tapis de pourpre , que surmontait sa représentation en cire , couverte de la robe triomphale , et rej»osant sur un lit de parade. Xi étaii suivi de la statue en or, dédiée à Auguste dans le palais du sénat ; d'une autre statue, où ce prince paraissait debout sur un char de triomphe , et de la statue de la Victoire. Les enfants des principales familles ^ marchant en ligne sur les flancs, chantaient des hymnes tiinébres.

On voyait ensuite les images des ancêtres d Au-

5ââ SIEGLË D'ALGUSTJ::.

guste^ à l'exceplioii de Jules-César, compris désormaîs au rang des dieux ; les images des dtoyeQs les plus illustres de Tempire » el deux tableaux , dont Tun oflVait les noms des nations qn^Auguste ayait vaincues , l autre , le titre des lois qu'il avait publiées; ils étaient suivis par le sénat en corps, par les chevaliers, par une députation des dames romaines, par Télite des prétoriens. La marche était fermée par un grand concours de peuple.

Le cortège fit halte dans le Forum. Drosus pamt snr la tribane aux harangues , on il lot un éloge do défunt au nom de sa lamille. Devant le temple de Jules-César, on avait élevé une autre tribune. Tibère y monta pour prendre la parole au nom du sénat et du peuple. Il exposa les talents et les services précoces qui avaient décidé jadis en faveur d Auguste le choix de Jules-César ; il raconta les nombreux succès qui ravalent ensuite justifié ; au dehors , par la défaite des ennemis dont faudace avait mis en danger la république ; au dedans , par la répression des factieux, dont les discordes lui avaient été bien plus funestes; il vanta sa clémence sans homes, non moins glorieuse pour lui que ses triomphes. Son plus beau titre de gloire avait été néanmoins dans les instances du sénat , toujours renouvelées au terme prescrit pour Teropire , et qui l'avaient cinq fois obligé de reprendre les rênes du gouvernement.

Ën exposant ses droits à la reconnaissance publique , dit enfin Tibère, je n*ai rien avancé qui n'ait été déjà proclamé par des suffrages unanimes ; je n*ai été que 1 interprète du sénat, dont il a maintenu la dignité , et des chevaliers , dont l'ordre lui a dû un nouvel éclat ; j'ai exprimé les sentiments de ce peuple,

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