LIVRE IX
qui a été robjet cortstant de ses soiiieitudes ; de ces alliés ^ qui ont tant de fois éprooTè sa bie&Yeillance; de ces sujets qu'il a délivrés de l'oppression . N'avezvouâ pas vu loutes leurs voix se réunir pour le décret qui l'a nommé le pére de la patrie , pour celui qui Ta compris au nombre de «es dieux? Je ne viens point lui offrir un vain tribut de larmes , mais rendre son corps à la terre et vouer pour jamais un culte à cette âme glorieuse qui va remonter au rang que lui assignait une oéleste origine. )i
Le cortège se remit en marche ef arriva par la porte triomphale au Champ-de-Mars. Les pontifes firent le tour du bûcher en y déposant leurs offrandes ; les citoyens y jetèrent leurs signes d bonneur et les soldats leurs décorations militaires. Des centurions armés de flambeaux y mirent ensuite le feu en détournant la téte ; lorsque les flammes se furent élevées , on vit un aigle s en dégager et se perdre bientôt dans les cieux. î^umérius Proculus , ancien préteur , afiirnia avec serment quii avait vu Tàme d'Auguste > semblable à une substance divine , qui s'élevait jusqu'à l'Olympe. Son zèle fut reconnu par le présent d uu million de sesterces.
Ltvie s'approcha du bûcher lorsque la flamme fut
èleiiite. Assistée des principaux clievaliers qui avaient dépouillé leur toge et leur chaussure, elli recueillit dans une urne les os du défunt. L'urne fut déposée dans le mausolée qu'Auguste s'était construit entre la voie Flaminienne et le Tibre , et qu i! avait entouré d'un bois pour en faire une promenade publique.
Le sénat s*était cependant réuni pour l'exécution du décret qui accordait au prince les honneurs divins. Un nouveau décret nomma Livie sa prétresse et as-
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tigna le temple de Mm pour son culte jusqu'à
Vachèvement du temple magnifique que lui faisaient élever Livie et Tibère. Fiosieurs ville» de fltatie Airent désignées pour loi élever des temples afree le IMnodmt des cotisations volontaires , et la ville de Noief obtint pour son temple le terrain de ta maison où il avait tennitté sa vie.
Un seoood décret iastitmi, ponr les fêtes nagosialen qui célébraient l'anniversaire de sa naissance , le» mêmes jeux que les consuls donnaient aux lètes du dien Mars ; les triliiinSy qoe lemr BEiaglstratnre revèlail d*on caractère saeré » en obtinrent la présidence.
dernier décret prescrivait de prendre le deuil. SinguMère contradiction ; on ordonnait da pleurer Angoste eomme un mortel , et Ton venait de le proclamer un Dieu.
Tibère le représentait alors parmi 1^ mortels ; les sénateur» tournaient vers Ini leurs adulations , et le pressaient d'accepter Templre. Aeeoufamé am expichsians obscures et craignant alors dôtre pénétré, ses vagues réponses excitèrent leur dépit. L'on d'em eaa lui dire que d autres se faisaient prier pour faire ce qu'ils avalent promis, et lui, au contraire, pour promeUre ce qu'il avait fait. Il déclara enlin son consentement comme à regret et fatigué de sa résistance. « Vous m'imposes , dit-U , une senritade nccnblanle » mais le temps n*est pas éMgnè où vo«»mèmea trouverez juste le repos qu'exigera ma vieillesse. »
11 persista seuiemeiU à refuser le prénom dini^C" rotor , voulant sans doute , à l'exemple d'Auguste, le porter en vertu de la concession héréditaire que Jules- César avait obtenue. 11 s était déjà attribué au même titre d hérédité le souverain peaUficat Lorsqu^il oui
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aMOffnpagDè à Mome le eorps d^Auginie ^ il Toulut être relefé pttr un décret du sëtfat de rirrégolarité qu'il
trenait de commettre , all^^antque lattouchement 4l'uii cadavre lui était iuterdît en sa qualité de souverain potttlfe.
iM pfoneMed êeetètm faites mx sénateur» htetti £Àors réalisées , vl ils procédèrent cette aouôe même adx élections pour les magistratures. « Les comices , dit Tadte < furent poof la immière fois transportées dans lo sénat, et le peuple ne réclama conlre la perle de ses droib que par d'impuissants murmures. »
Tandis ifne Tibél^e prodiguait ainsi de tailles dé- j m. moDstrations au sénat pouf ofctenff son appui cottiré 767* les lésions du Rhin , il ii|iprif que dermanicus exposait sa vie pour lui conserver leur iidélité. Mais , trop éftrafiiger à de tels aentîmeiiis * Il eontinna de flatter
ceux qu'il lui avait supposés, lui faisant envisager dans son aversion pour les affaires , dans sa santé délabrée, Tespeir prorbaiu d^ofctenir rasBociatiod ou même la avcoeBSiOD à Tempire. Il le rappela rannée suivante , él lorsque ce j(Mine héros, déjà la terreur des Germains, sollicitait comme une faveur la campagne qui déciderait leur sonmissloii ; les honneurs les plus signalés , le censnlai , le triomphe, déguisèrent des projet sinistres , qui ne devaient pas larder a être dévoilés.
Tibère prit alors des mesures pour maintenir la séparation quMI avait déjà établie entre les légions dé fa
Haute et les lésions de la Basse-Gerinanie. Il rendit leurs généraux indépendants Tun de Taulre , et leur ordonna de se borner À couvrir la ligne du Rhin. 11 défendit les Inva^ns iffrt awraletft pd réunir contré
lui les Germains, et n aspira plus qu à les diviser ses néfocialions. ...
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Maraboduus tut la preaiière vicUoie de ccKo politique. Chassé du Irèue par ses sojete , il fui réduit à solliciter du prioce un asile. Sa famille cootioua Déan* juoiiis à réjjner sur la Bohème. Plusieurs savants ont mt^me aiFirmé que la race des Mërowiogieos dut son origine à ce Mérowé, dont les Romainsavaient changé le nom en celui de Maraboduus.
Arminius ne tarda pas à succomber à de pareilles intrigues. 11 fut accusé d'aspirer au titre de roi, etsea proches le massacrèrent par Irabison. Les Germains exprinuncîit ensuite leurs remords , eu I élevant au rang ûes dieux , et le célébrant dans leurs chant» comme le héros de la Germante.
Cependant Germanieils avait été revêtu de la puissance consulaire pour commander dans iXJheul. Mài^ Silanus cédait en même temps la présidence de la Syrie à Cnéius Pison , homme violent et altier , dont réponse Plancine élail dévouée à Livie. Pison profite du voyage de Germanicus en ii^ypte pour révoqua ou changer fous les ordres qu'il avait donnés, brave ses ressentiments à son retour, et annonce enfin qui! va quitter la Syrie. Retenu à Aiitioclie par la nouvelle de sa maladie « il s'irrite en apprenant sa convalescence , et les actions de grâce que les habitanta olEMent aox dieux pour son rétablissement Après avoir envoyé des licteurs qui enlèvent les victimes et chassent le peuple du temple , il se retire à Séleucie , d'où il observe le» événements.
Germanicus avait éprouvé une rechute , et se croyait empoisonné par Piâon. il apprenait qu on avait trouvé sur le sol, auprès du mur de son palais , des ossements arrachés des sépulcres , des lambeaux de cadavres à demi brûlés , des caractères magiques et des impréca-