‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 149 sur 160 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

Iribupitlam imr un décret 4p sàqat ; il eberisliaU dans

cecprps auguste un appui contre leur incoDstanc^, et ne parvenait ainsi qu à confirmer leur ^^ndant. La prépondérapce du glaive était désorœaia pleinameot manirestée : établie par lea intérêts da prince et maio-

lenue par ses dangers , elle avait corrompu toutes ses iosUtutions, elle Pavait même réduit à étouffer le$ «eptinienta pouvaient aeuls préparer leur prospérité et leur dévetoppemeet (1).

Le prince, en oflel. qui s'élait vu réduit a fonder ^ ^r. sur (es soldats le pouvoir qu il e:(er$ai t sur las citoyens» 707. n'avait plus été ocoupé qu'à préparer entre eoi^ une

sépara qui devait également les corrompre. Nous

avQp^ YM ie3 privilèges accordés aux soldats, iesexemi^ tiens du service imposées citoyens, des innova* tions adoptée^ pour le mode de reomtement. Les lé^ gioDs se composaient de prolétaires, étrangers aux sentinients et peu jaloux des droits de la patrie. Le soldat apportait sons le drapeau son ignorance et sas

Lasses inclinations ; il s'y confirmait par la vie des camps, etce#inœurs barbares formaient- les mcBurs militaires. Devenu ainsi l'objet dn mépris et de la baioe des citoyens , il les bravait à soq tour par ses dérisions

sur leur lâcheté et par ses offenses qui restaient toujours impunies , car il n en rendait compteque devant

ses ebefa, peu disposés , dit ^nv^^oal 9 à reconnaîtra une

antre justice que celle du glaive.

L'orgueil du soldat i enipècba toutefois de dégénérer i il se préserva de la eprmptioB des citoyens « it resta Mêle h la discipline sévère qui Tavait rendu la

terreur des ennemis. Mais il ne connut plus d'aptre

(i) De la MtHe* Biêc. wr Dowile. ^ SénéKis-ooiis. de Vnpêskn, tawairt, leiiL I.

540 SIECLE DâUGUSTE.

mobile qu un dévouement aveugle aux volontés du priDce : il De devait pas larder à deveuir rinstrumeot ▼énal des ambitieux , lorsqoe le secret de Tempire, comme dit 1 acite , serait dévoilé aux armées.

La dégénérattOD des citoyens n'avait pas été moins rapide ; ils devenaient èlrangers aux sentiments géiiéreux que leur avaient inspirés les hasards de la guerre et les orages de la tribune ; ils consumaient un reste d'énergie dans les factions du Cirque; uue paresse dédaigneuse remplaçait leur ancienne et juste fierté. Jetés sans cesse dans Undigenee par des habitudes de prodigalité qui n'avaient plus po\ir alimeiil les largesses des candidaU , ils n'envisageaient de recours que dans les libéralités du prince on dans ses colonies. Mais ces colonies devenaient funestes au peuple romain , et le prince en abusait presque toujours pour éloigner de Rome les citoyens qui avaient été le plusfidélesaux anciennes mœurs, on qui avaient montré le plus de répugnance à échanger leur souveraineté contre du pain et des spectacles.

Une semblable décadence 8*étalt bientôt manifestée dans les classes plus élevées. Les uns s'étalent dégradés par des bassesses désormais nécessaires pour s'ouvrir Taccés des honneurs ; les autres s'étaient corrompus par une oisive opulence ; leurs richesses ^ qui ne pouvaient plus les conduire aux premiers emplois, servaient d'alimenl aux passions qui les en rendaient indignes, et ne devaient pas même tarder a devenir ie crime de ceux qu'elles n'avalent pu séduire.

Le princo lui-niême cédait a la pernicieuse influence de son autorité militaire , dont il communiquait à sa puissance civile Textension et les formes illégales. Il ne s'était pas contenté de la puissance consulaire , il s'é-

Page 1