LITRE I
frontières. Celte opinion , jadis établie par la catas- Uropbe de CraasuSi avait été confirmée par leurs victoires SOT AntoiDe, fugitif de la Médie. Noos verrons dans quel motif politique Auguste l'avait accréditée. Mais il ne partageait pas les préventions inspirées par des succès que les Parthes devaient uniquement à la témérité de leurs adversaires; il avait même remarqué leur décadence rapide, commune à tous les peuples qui ne font pas concourir les progrès de leur civilisation avec Faccroissement de leur territoire. Il avait vu dans les deux eaipires , êgaleiiiiul en proie à des divisions intestines, les Romains y puiser une vigueur nouvelle , les Parthes en être accablés. L'épuisement de ces peuples Tarait surtout frappé, lorsque, à son retour de l Égypte, il s'était porté sur l Eupbrate , et cette frontière lui avait paru , dés ce moment , hors de toute atteinte*
La frontière du Rhiu lui causait de plus grandes et de bien plus justes alarmes. Les Germains, qui la menaçaient , dédaignaient les lâches usages des peuples de rOrient, leurs flèches, lancées de loin, et leurs fuites simulées. Ils se conliaient dans le glaive de leurs guerriers, qui engageaient le combat de pied ferme , et dont le choc intrépide avait souvent déconcerté les plus braves légionnaires. Peu instruits , à la vérité, dans l'art de la guerre , ne sachant que se ranger en tribus et en familles, et se former en coin pour enfoncer Tenneml, ils ne pouvaient reprendre leurs rangs une fois rompus , ni rétablir le combat par d'habiles manœuvres. Mais le déshonneur qu'ils attachaient à la perte de leur bouclier, et leur fidélité aux chefs qu'ils s étaient choisis , leur tenaient Heu de discipline. Leur adresse sans cesse exercée > et une
vigueur de corps presque sans exemple , suppléaie&l
à la faiblesse de leurs armes. Quoique étrangers aux arts des Komam», les progrès déjà irès*sensibles de leur dvilisation pouvaieuties rendre trôs-redovilables.
Plusieurs ligues s'étaieut fornéei eiitfe ce grand nombre de peuples indépendants répandus sur leur vasle territoire. Les deux principales étaient la ligue des.Suéves et celle des Sicambres. La ligue des Suèetes s'étendait sur le cours de l'Elbe jusqu'à la Yindélicie ; la ligue des Sicambres avait pour centre le pays, connu depuis sous le nom de Westpbalie. Les Romains ne les distinguaient pas encore : leors premières lottes ayant èië engagées contre les Suèves , ils avaient continué à désigner sous ce nom tous lesGermains qui Tenaient provoquer des soulèvements ou étendre leors ravages sur la rive gauche du Rhin. Un affront imprimé à leurs aigles va bientôt ûiauifester i existence de la ligue des Sicambres.
Auguste voulait affiarmlr la soumission des provinces de l Occident, avant d'attaquer ces redoutables adversaires , et ses expéditions avaient d abord eu pour objet de réprimer dans les Gaules les soulèvements excités par les Suèves. Il les avait commencées au temps du triumvirat , lorsque les Aquitains avaient traversé la Loire pour se réunir avec un corps nombreux de Suèves qui s'avan$ait pour les secourir. Plusieurs des légions qu'il destinait à la guerre déjà commencée en Sicile contre Sexlus Pompée , quittèrent alors les c6les de riiaiie pour renforcer Tarmèe des Gaules. Agrippa » qui les commandait, vainquit les Aquitains dans plusieurs combats , leur imposa la paix , et, poursuivant au delà du Kbin les Suèves fugitife , les réduisit à ehercber un asile au fond de