LIVRE J
Mrssâavages fdrèts. La terreur qull avait répandue,
maintiDl les Gaules dans la soumission jusqu'au temps de la gtierre contre Antoine. Les Morins et ies autres Belges des côtes de TOcéan prirent alors les arnles. Nom ayons TU Gairinas triotnpbant de ces peuples , le même jour où s'était célébré le second des triomphes d'Octave.
Cependant le corps auxlHaIré des Suèves, repilé
sur les bords du Rhin . avait reçu des renforts , et fait armer eti sa faveur ies Trévires et tous leurs voisins. NdUnius Gallus , qui succédait à Garrinas , ie força de repàâser le fleuve , et rétablit la paix dans la Belprîque. Mais les Aquitains s'étaient soulevés, enliardis par réloignement des légions , et la plupart des peuples voldibs se disposaient à les seconder. Ces dangereux mouvements avaient répandu Talarmedans les Gaules, lorsqu'on apprit que plusieurs des légions qui venaient de triompher dans TÉpire, formaient leur câibp tfUprés de Lyon , et que Messala était arrivé pour les commander.
Messala , resté le chef des républicains après leur défaite sous Philippes , et qui traita pour eux avec Auguste , lui avait ensuite rendA d*éminents services.' Gomme ce prince lui témoignait qu'il n'eut pas espéré un si noble dévouement de l'ancien ami de Brutus : « ITen soyez pas surpris, dit Messala; j'ai toujours siiivi le parti le plus juste. » Cette réponse le toucha Vivement. Elle exprimait un motif de soumission pèur tout ce qui restait encore de généreux citoyens : la conviction quHfs devaient , pour étouffer la démocratie militaire, se réunir sons un chef unique, et qu'Antoine ne méritait pas la préférence.
ttfessftia, choisi par Auguste pour son collègue dans
5S SIÈCLE D'AliGUSTE.
son cioquième consulat , venait d'être remplacé |»ar Apuléius , et d'être nommé proconsul de FAquitaîne.
Prévenant Tarrivéc des troupes levées sur les bords de la Loire en faveur des révoltés » ii remporta sur eux une victoire complète, et, traversant aussitôt cette rivière , il força leurs alliés à implorer sa clémence.
Au printemps de l'année suivautc, les Aquilains, qui sétaient renforcés par un grand nombre de montagnards des Pyrénées , vinrent former leur camp sur les bords de la (iaronne. Mai?^, au seul bruit de l'arrivée de Messâla, ils prirent la fuite au delà du fleuve, dont ils n'osèrent pas même lui disputer le passage. Atteints sur les rives de TAdour, ifs furent taillés en pièces , et la prise de Tarbes terinina la guerre.
Ces exploits , que devait célébrer le poëte Tibulle, qui servait alors sous ses drapeaux , obtinrent à Messala le Iriomphe. Mais, ni les litres déjà acquis à la reconnaissance du prince . ni ses nouveaux services , ne purent Texempter de la destinée commune aux généraux qui s'étaient Illustrés dans les guerres précédentes. Encore à la fleur de son Ajre , il devait terminer sa carrière militaire par le Iriouiphe qu'il célébra dans Rome , vers la fin de septembre de celte année.
Auguste venait alors d'eu partir pour se rendre à Narbonne , où rassemblée générale des Gaules était convoquée. Cette assemblée avait surtout pour objet de régler la perception ^ tributs. Plusieurs lois, qui devaient favoriser les progrès de la ci vilisation , y furent aussi portées, dont I une déclarait que tout Gaulois qui recevrait le titre de citoyen romain ^ renoncerait au culte des druides. L'inducace de cette loi fut si puissante que, d^ la tin du priocipat d'Auguste ,
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ce« barbai es superstitions étaient déjà reléguées , ainsi que la langue des Celtes , dans les dernières classes du peuple.
Cependant, plusieurs lê^jions et une tluUu nombreuse y réunies sur les côtes de l OcédOy préparaient une descente dans la Bretagne. Auguste paraissait décidé à tirer vengeance de ces insulaires. Mais sa facilité à accepter leurs souuiissioiis }»rouva qu il avait vpuiu seulement les effrayer et taire cesser leurs brigandages. D'autres desseins réclamaient ailleurs sa présence : avant d'entreprendre la guerre qui devait ramener la sécurité sur la frouliere du Rhin , il voulait sulquguer les peuples encore indépendants des Alpes et ceux des Pyrénées. Décidé pour cette dernière expédition jiar un soulèvement dans le nord de 1 Espagne , il partit sans délai pour Tarragone.
Les peuples du nord de TEspagne n'étaient pas $ 15. seulement dangereux par leur audace. Le grand nom- ts*bre de volontaires qui accouraient des pays voisins pour grossir leurs rangs , faisait craindre que le feu de la révolte ne s'étendtt à toute la Péninsule Toutefois, TEspague n'avait opposé jadis qu'une faible résistance au joug imposé par les Romains. Mais , dit Florus , elle semblait apprendre le secret de ses forces par ses défaites. Vaincue par surprise , au temps des guerres puniques , la catastrophe des deux Scipton signala son réveil. Elle lut pendant vingt ans victorieuse sous la conduite de Viriathus ; Numance , une de ses villes , réduisît le sénat à violer la foi publique, engagée par la paix houleuse qui avait sauvé ses légions. Après avoir ainsi , pendant deux siècles, rejeté la domination de Rome , TEspagne , guidée par Sertorius, faillit à devenir sa rivale. Privée de ce
grand capitaine i»ar une infime perfidie , elle succomba sous les efforts de Pompée ; se reteva , pour
offrir à Jules-César 1 occasion d'obtenir trois fois le trtomptie ; fourpii , malgré tant de pertes « à Sextus Pompée , des secours qui pouvaient rendre au parti conjurés sa prépondérance. Découragée par T^bandou de celui dont elle avait relevé la forMuie, puisée par les sanglantes victoires de Gaivious , Itw* tenant d^Octave , elle avait enfin accepté le décret du sénat qui consacrait sa soumissioA en lui doonaiit une ère nouvelle.
Mais le nord de cette lielliquonse contrée résistait encore , et les Cantabi cs surtout avaient refusé d accepteç la paix- Fiers d'avoir jadis formé les plus braves cobortes de Sertorius» et secondé ensuite le$ efforts des Aquitainli contre Jules^Gèsar, ils oflfralent à tous les ennemis des Ro mains un asile dans leurs montagnes. Ils en sortirent au temps de la rupture avec Antoine , et » traversant les ruiaes de Nnmançe, occupèrent plusieurs contrées de la Celtibérie. Lorsque Octave revint d Egypte , Tani us fut envoyé pour cette guerre, appelée de leur nom guerre cant^ri'que. Après deux pénibles campagnes et d^ sanglantes victoires , il venait enfin de les rejeter dans leurs montagnes, et avait repris la route de Aome, où il était désigné pour le consulat. Apuiéius» qui arrivait pour lui succéder, apprend que ses quartiers sont déjà assaillis par les Cantabres. 11 réunit en bâte son armée, t^Ule eu pièces leurs corps dispei:âés , et , (eur coupant ia^ retraite , les contraint d'engager une action générale. Après une victoire longtemps députée , il les poursuit au sein de leurs montagnes , ruine leurs habMalions, ramène une multitude de prisonniers, et