LIVRE I
sources du Minlio , ils se flattaieiil d y prolonger leur résifttaiice. Mai» Auguste lit creu&er autour de cemoot, «nrttadévelo|ipeineDtde<iuiiiie mille pas^desligneiqui en fermèrent tentes lestaueg. Après avoir tenté vainement de les forcer, et consommé loiiles leurs provisions, lia ciiercbèrent dans la mort un dernier asiie contre ia servitude. A la suite d'un grend festin , les uns entas^ sèrent sur des bûchers leurs armes et leurs trésors , el périrent au milieu des flammes ; les autres s'entretuèrent daiis des eombikts singuliers ; les femmes je* lèrent leurs enfa^nts du haut des rocbers , et se prèoîpitèrenl après eux. Tous les eiforls des Romains ne {lurent en arracber au trépas qu un petit nombre. Mais leurs prisonniers étaient animés de la même foreur. La plupart avalèrent un poison sijriitil , exprimé de i if , et dont les giiet riers iaisaient usage, lorsque le el^f , auquel il& avaiej(|t juré, de ne pas survivre , pè* rissait dans un combat. Un jeune homme , qui avait dérobé 1 épôc d un léfîionnaire , immola , par Tordre de SOA père , toute sa famille , et sq trappa lui-même swr lenni corps expirants. Après ceascànesdéptorabieft, les Romains pénétrèrent dans les montagnes, ponr détruire lous les villages et traosporler dans les plaines tous leurs habitants.
Ainsi fut obtenue , après cinq ans d'une bèroïqi^ résistance , la soumission des peuples qui s'étalent iuaiuleuus indépendants à 1 abi i des cLaiiu s des Pyrénèçs. Auguste n avait plus à sulyuguer que les nations sauvages de la partie des Alpes, qui séparait les Gaules de l'Italie. Ces expéditions, déjà commencées, avaient ensuite été suspendues ; les Salasses , qui occupaient bt vaUée d'Aost et les pays escarpés dont elle formait le centre ^ venaient de le provoquer à les reprendre.
60 S1ëCL£ D'A(iGUST£.
Ils avaient paru cétiei aux elïbrts d'Antislius, qui avait préludé , daos ces montagnes , à ses victoires sur les Cantabres , et de Messala , dont ils avalent imploré la clémence , après une sanglante défaite. Mais ils oubliaient bienUk leurs perles et leurs promesses. Récemment encore^ ils avaient enlevé on convoi d'armes et de munitions, destiné à l'armée d*Espagne.
Varron , chaiijjé de punir celte insulte, mit en déroute leur armée qui couvrait les défilés , et , coupant la retraite anx foyards, Textermina presque tout entière. Les Salasses , frappés de terrenr , ayant offert leurs soumissions , il se contenta d'exiger des otages et de rétablir les tributs. Mais cette paix, si facilement accordée , n'était qu nne odieuse perfidie. Lorsqu'il les vit tous rentrés dans leurs habitations , sous prétexte d'assurer la perception des tributs, il dispersa dans le pays les divers corps de son armée , avec des ordres secrets qui devaient être exécutés le même jour. 1 ous les habitants furent saisis et conduits enchaînés à Eporedia. Trente-six mille de toutâge et de tout sexe furent vendus comme esclaves. Les plus braves guerriers , au nombre d'environ huit mille , fureut ensuite mis en vente, sous la condition qu ils ne pourraient pas être atlVanchis de vingt ans, et qu'ils . seraient emmenés dans des pays éloignés. $ 15. La glorieuse issue de la guerre Cantabrique fut ^ signalée , à Rome , par la clôture du temple de Janus, et , dans le camp formé sous Tarragone , par le surnom ^* Iniperaior y qu^Auguste prit pour la septième fois. Marccllus et Tibère , qui venaient de faire leurs premières armes comme tribuns de légion, obtinrent, dans la revue générale » les décorations dont ils s'étalent rendus dignes |>ar leur brillante rivalité dans
UVRË J.
\e$ coinliab » et donoèreui ensuite de» jeux mililaires quHis présidèrent Cour à tour , suivant les formesusH tées à Rome pour les jeux des Ediles Cui ules. Les corps auxiliaires qu'Auguste avait levés dans les autres contrées de FEspagne » reçurent le droit de cité romaine , et furent incorporés dans ses légions. L'élite de ces soldats forma sa cohorte prèlorieiiue espagnole* Plusieurs décrets du sénat avaient été rendus en rhonneur d* Auguste, pour célébrer la soumission de l Espagne. Il n jiondit par de vagues remercîments , voulant éluder de s'en expliquer avant son retour. Un autre décret ^ en mémoire de la cruelle vengeance exercée sur les Salasses , avait ordonné Térectlon d*Qn trophée sur les Alpes , en I honneur d'Auguste. Ce prince Taccepta , mais il demanda que l'exécution en fât ajournée à Tépoque où tous les autres peuples des
Alpes auraient subi le jou^ des Romains. . Le dernier des décrels rendus alors en Thonneur d* Auguste , avait pour objet le début die lune des entreprises qui devaient le plus illustrer son principat. Celte même année où il s èUU souslrait à tous les regards » dans les jardins de Mécène , il avait lait dresser des plans pour réparer ou pour compléter les voies publiques de lltalie. La restauration de la voie Fiaminîenne lui étant échue ^ il y avait employé un si grand nombre d^ouvriers , qu'il Tavait terminée en quelques mois.
Les travaux des autres routes avaient été répartis entre plusieurs des généraux qui venaient de vaincre sous ses auspices» et qu'il avait autorisés à y consacrer le produit des dépouilles ennemies. Ce fut avec les trésors rapportés de l Aqui laine que Messala construisit les routes d'Albe et de Tusculum. D'autres gêné*
«9 SIÈGLB D*AUGUSTE.
ranxt pliw riclieft de biens que de gloire, dèpenaèretit onetiirrtfede leur fbrtUDe, pour donner une plushaute
idée do leurs exploits. Ceux qui ne pouvaient subvenir à ces dépenses j re$arent des assignations sur le file dn prittoe. Angoste avait donné l'cnrdre de fondré» pdiir y pourvoir, la plupart des statues que lut décernait la reconnaissance ou l'adula lion des peuples de Tempire. Il voulail sans doole, suivant le conseil de Méeéne , ne pas laisser multiplier ses statues. Mats il désirait surtout , ainsi que Dion Ta fait observer, persuader aux citoyens que tous ces travaux étaient entrepris à ses dépens. Le décret du sénat devait ae* crédiler cette opinion. Il ordonnait d'ériger deux àres de triomphe aux exli énàités de la voie Flaminienne, et de placer sur chacun d'eui la statue d'Auguste avec cette inscription : j4u Hestaurateur des poies publiques.
Les travaux entrepris en Italie furent poursuivis dans les diverses provinces , en coininen{ant par i Espagne^ où de fréquentes révoltes les rendaient plus iû-' dispensables. Une nouvelle voie militaire traversa les contrées qui venaient d être le théâtre de la guerre. Elle partait de Lisbonne, d'où elle arrivitit par Bragùe, Afltorga et Saragosse jusqu'à Tarragone , sur une longueur de douze cents milles. Elle fut construite et pavée avec de grandes dépenses comme un monumeAi des victoires dont elle devait garantir les résultats. t7fl« autre route traversa 1 Espagne depuis CMix jusqu'à Tarragone, existait depuis longtemps ; mais elle était si dégradée , et ffOX restaurée avec une telle qdeif^ deur, qu'on Fa comprise au nombre des vicies Mit** laires construites par Auguste. De nombreux embiancbements sur ces roules principales complétèrent son