‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 22 sur 160 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

cédé les bieniaited uoesageadmiiiîstraUoii.JL^sstaiueBy chefs-d'œuvre des sculpteurs les ptnscélèbres , et dont

Cléopâtre les avait dépouillés pour enrichir ses musées , venaieut d'être rétablies dans leurs temples. La main puissante qui protégeait les développements du commerce et de Tindustrie , avait rouvert toutes \eê sources de leur ancienne splendeur. Au^^nste accueillit avec bonté l'expression de leur juste reconnaissance* Il autorisa les villes d'Éphése et de Nicée qui tenaient le premier rang, l'une dans la province d'Asie, Faulre dansla Bithyuie, à construire un ten^)ie dédié à Rome et à Jules-César, et déclara que ce cuite leur serait commuB avec les Romains établis dans leurs contrées. Mais il refusa de soumettre les Romains au culte qu il acceptait pour lui-même dans les deux provinces , et qui devait lui être offert dans les temples élevés à Per- game et à f(icomédie. Il ne devait même Jamais permettre que les lionneurs divins lui fussent rendus de son vivant en lialie.

Les provinces de l'Afrique étaient depuis longtemps désolées par une guerre opiniâtre. Au temps du triumyirat , Lépidus , qui y commandait six légions , les avait conduites en Sicile, pù elles s'étaient déclarées pour Octave. Taurus les avait ramenées dans l'Afrique, qu il trouva soulevée , et qu'il soumit après une longue résistance.

La paix était rétabli^ , lorsqu'elle fut de nouveau compromise par une mesure imprudente d'Octave.

Instruit , dans son second consulat ^ que Boccbus , roi des deux Mauritanies , venait de mourir, il nomma Autronius Pœtus au proconsulat de TAfrique, et lui ordonna de réunir ce royaume à Tempire. Les peuples de la Mauritanie résistèrent avec fureur et ne cédèrent

SIÈCLE D'AyGUST£.

qu'après de sanglantes défaites , qui méritèrent à Au- Ironiuft le triomphe , célébré à Rome un mois après les triomphes 4'Oeiave. Ils reprirent les ames^près son départ et fourahrent à Seinpronliis , son soecesseor^ l'occasion d'un nouveau triomphe. La guerre, que leurs soulévemeats rallumaieBt sans cesse , et qui at<tirait dans leur sein tous les mémitents ée TAlHcpie , menaçait de l'embraser tout entière Auguste ne crut pas devoir braver plus longtemps cet amour pour le sang de leurs rois , qui les rendait insensibles à tous leurs désastres.

Le fils du fameux roi Juba , qui avait perdu le trône et ia vie dans la guerre contre Jules-César, et dont le nom était vénéré dans ees contrées , se trouvait alors i Rome. Emmené encore enfisnt pour précéder, à la tète des autres captifs , le eliar du triomphateur , et retenu depuis comme otage, il s'était concilié Taffection d'Auguste » par son heureux naturel et son aéle pour la culture des lettres. Celte aflection fut le voile d une mesure politique, qui eut aussi pour prétexte les sollicitations d'Octavie , en Civeur des enfants qu'Antoine avait eus de Cléopâtre. Juba fut mandé A Milan, où il épousa la jeune Cléopâtre, et promit d'assurer à ses deux frères un établissement digne de leur naissance. U fut ensuite proclamé roi des deux Mauritanies; accueilli par des transports unanimes , il y ramena la paix , vainement imposée jusqu'alors par la bravoure des légions romaines.

5 ir, Auguste s'occupait cependant de l'organisation éea 'ï*^- colonies , et faisait provoquer à Rome l'adoption de la loi coloniale , qui attribuait des nouveaux privilèges à celles qu'il avait fondées en Italie. Une courte explication est nécessaire pour faire comprendre l'objet de

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celle M eC la poMiqve d'Aaguste dans rétaUteemeot

des colonies.

Dèa le temps du triumvirat , et taudis que ses collègues ne voyaient dans leurs soldats que des tnstru-

ments de victoires OU de rapines , Auguste s était occupé de fonder sa domination sur leur appui , en les attadiant à sa personne , et en les séparant des citoyens. Après la victoire de PhiUppe, H s'attribua la mission d'assurer aux vétérans les récompenses qui leur avaient été promises. Il leur partagea les maisons et le territoire de vingt-huit des villes les plus opulentes de lltalie y lenr distribua des sommes considérables, pour fournir aux premiers frais de leur établissement, et ne cessa pas de veiller à leurs intérêts. It reendllit les fruits de son zèle, en obtenant d'abord leur intervention pour la paix qu'il négociait avec Marc -Antoine y et même dans la suite leur secours pMr la guerre qui abattit ce dernier rival.

Ces cotonies de vétérans . ainsi que celles des dloyens, étaient soumises aux lois de Rome et aux magistrats qu elle leur envoyait cliaque année. Les villes municipales, an contraire , se gouvernaient par les lois votées dans leurs comices , et jouissaient du droit d'élire leurs magistrats. Mais les colonies des eitoyens , jalouses de ces privilèges, avaient obtenu, sait après la guerre sociale , soit par des concessions postérieures, le titre de villes municipales, et il ne restait ainsi en Italie dautres colonies que celles du prince. C ètait en leur faveur qu'Auguste avait fait adopter la loi coloniale , qui préparait leur prééminence , quoiqu'elle ne parut avoir {)oiir objet que dassurer à leurs habitants la jouissance du droit de suffrage dans les comices.

Ce droit appartenait égalemeai aux liaintants des villeB monicipales. Mais ils ne pouvaient l'exercer qn'aprds avoir fixé leur domicile à Rome. La loi coloniale ordonna qne les magistrats des colonies recueilleraient les votes des babitaots , et qu'ils les eDTerraieot cacbelés à hùme , ayant la tenoe des ei^mices. Disposition vtlle sans doute an vétérans, mais bien plus favorable an prince qui dictait à son gré leurs suffrages. Dabord spéciale à lltalie, elle fut bientôt étendue k toot l'empire ainsi qoe tomes les autres mesures relatives aux colonies.

Ou distingue, parmi ces mesures, celle qui concerna le service militaire. Rome n'avait jamais fourni i|ue des soldats; les antres villes contribuaient an recrutement , et payaient seules les impôts destinés à rentre tien des armées. Auguste ne fit des levées de soldats hors de Rome qne dans les colonies , et n'exigea des villes municipales que des subsides. Cette mesure plaça an y)r( rnier ranj? îes habitants des colonies» et rabaissa ceux des villes municipales à la condition des tributaires.

Le prince distingua par le titre d'armonnire ^ la partie de l ltahe qu il ne taisait contribuer au service militaire que par les imp6ts. Dans les circonstances difficiles , néanmoins , nous le verrons en exiger des levées, et éprouver alors une résistance qui lui lit regretter d'avoir trop affaibli l'esprit guerrier dans le çentre de Tempire.

De nombreuses colonies avalent été cependant fondées dans les provinces. Auguste en ti( d abord usage pour se débarrasser des vétérans » trop babitués à la licence des guerres civiles, et qui ne pouvaient phis reprendre le joug salutaire de la discipline. Il se servit

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