‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 23 sur 160 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

eosuilc des colonies pour éloigner de Rome les ciioyem qui se mou Iraient Irop opposés à ses ÎDDOvalloos , et trop peu faciles à éebaoger contre du pain et des speclacles les privilèges de leur ancienne souveraineté.

Les colonies favorisèrent le succès de ses efforts pour ranimer les principes de vie dans les pay^i que la guerre avait le plus épuisés d hommes et de ressources , et pour civiliser les contrées encore barbares : Il en ètaMit un grand nombre sur les frontièm et plusieurs ptésides ou forteresses , qu'il y avait fait construire, devinrent même ensuite des colonies

C'était aussi par des colonies qu'Auguste maintenait la fidèillè de» états alliés de Tempire , et leur Inslitufion ptiut faire apprécier la naUire de celte suzeraineté qu'il déguisait sous le nom d'alliance. La ville , ^'il ëvait fondée commé coloniê , ou celle même qui avait seulement obtenu ce titre , étalent désormaia également soustraites à Tautoritè du roi ou des magistrats de leur pays. Pline en offre un pour exemple, la ville de Zilis, dans le royaume de la Mauritanie. Lorsqu'elle eut reçu le titre de colonie , sous le nom de JuliaCoRslaiitia, die passa sottô la juridiction du proconsul de laBétîque.

Auguste accordait à ses colonies diver» privilèges ; mais il réservait ses préférences pour celles de lltalie. Il accroissant leur territoire par de nouvelles concessions, ou par des terres du domaine public , accordées sous de modiques redevances: Il y dirigeait sel voies militaires ; il y construisait à ses frais des aqueducs et d'autres monuments publics. Tous les cinq aus, il s'y rendait pour présider en personne aux opéralions du cens , et faisait distribuer aux colons mille

SiËCLË D AUGUSTE.

0eiterces ou deux cents francs , pour chacun das en-

faûts qui leur était né dans rinlervalle.

Ces témoignages de sa niuniûoence ne tardèrent à s'étendre sur les principales colonies des provinces, et le titre de colonie fui bientôt placé au premier rang dans 1 opinion des peuples. Les villes numicipales le sollicitèrent du prince, acceptant ainsi envers loi de nombreux devoirs de clientelle , mais préférant sa protection à leur stérile indépendance. Il salislilà leur désir en leur accordant le titre d'yéugusta , qu il avait Jusqu'alors réservé pour ses principales colonies, La ville de Tunis avait brigué le litre é'^ugusia pour reprendre eu Afrique le premier rang qui lui avait été enlevé par le rétablissement de Carthage. Mais ses efforts furent inutiles. Carthage , repeuplée par les vétérans d'Auguste y ne tarda pas à devenir la seconde cité de Tempire , et devait conserver ce noig jusqu'à finvasion des Arabes.

, Auguste préparaît à la même époque les réformes

qu'il se proposait d apporter plus tard daus ia jurisprudence. 11 publia dans ce motif son ëdit sur les jurisconsultes du prince, et ses deux lois Jnlia judiciaires. Avant de les faire connaître , examinons dans son esprit et dans son ensemble cette législation , dont tl jetait alors les premiers fondements (t). ^ Les lois publiées par Auguste ne sont pas seulemenl T30. remarquables par elles-mêmes et par le nouveau jour quelles répandent sur sa politique» elles méritent aussi noire attention par Tinfluenee qu'ellesont exercée sur une jurisprudence destinée, malgré ses défauts , à soumettre au droit des Romains les peuples mêmes

( 1) Sui'l , Aiig. . 41 cl 46 , Front, detim. yigi . , S 15 — Héiod. , II. St. - Plln , V. I cl 5.

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