‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 26 sur 160 · LIVRE J. n · texte numérisé non relu

LIVRE J. n

toa , avec la même fermeté ^ d'accepter sa désigna* tion an eonsolal.

Atéius GafiltOTi , qui tenait après lui le premier rang se laissa séduire au contraire par l'offre de la souveraine magistrature. Ce Jurisconsulte avait siinialé ses débuts par un témoignage de son dévouement pour Oclavc. L'hisloiien Paterrnlus, son neveu , nousapprendqu'ils'était présenté commesecood d'Agrippa y dans Taccusation intentée contre Gassins pour le meurtre de Jules-César. Ces premiers enga-^ gements uv |)urent faire excuser sa défection; irrité du mépris qu elle lui avait attiré , il tourna ses ressentiments contre Labéoo , et s>fforça de le décrier comme un esprit chagrin , qui dédaignait , par un fol amour pour la liberté , les doctrines que la diflercnce des temps avait fait prévaloir. Mais il ne parvint qu'à attirer sur lui* même une réprobation presque unanime, î.ahéon t('( ni au ( oiUraire un nouveau lustre de la disgrâce qu il avait eucourue par sa noble constance.

Capiton, poussé à bout, imagina détablir une école, qu'il ût diriger par Sabinus son discipte» et ferma ainsi cette secte des Sabiniens^ dont les nuixi* mes serviles corrompaient la jurisprudence. Labéon lui opposa ses disciples , secondé par Nerva , qui ne fut pas seulement I un des jurisconsultes les plus éclairé», mais 4ui fàt aussi le citoyen le plus vertueux de ce siècle. La secte des Proculéiens, ainsi nommée de Proculus, qu'il lui avait donné pour chef, devait perpétuer sa résistance à l'invasion des doctrines du despotisme»

La profession de jurisconsulte fut ainsi garantie de ravilissemeat qui menasait toutes les magistratures

Digitizeci by Go^^

républicaint>s. J.a jurisprudence continua d attirer dans son sein les génies élevés qui s'élaieiii portés MifUTOTant vers Tart oratoire , et tasdi» qaa cet arl sublime éprouvait une rapide décadence , enrichie par leurs travaux, elle atteignait cette perfection, q«î lui a depolft amré lea respects <le Km» let peapèes civilisés. Ce caractère degraiuleur se conserva méara dans son langage aux époques de décadence , et, lors- . que le style des écrivains s'était le plus altéré par la bassesse coBimuae » les joriscoBSultes s'axpriaaia»! eocore avec une pureté et une noblesse dignes ésa plus beaux temps de l'éloquence romaine (1 . $ âi, L'édit du prince sur les réponses des jurisooosultes parait avoir précédé les lois qu'il puliiia sur Tadmi*» nistralion de la justice. Leur date est également incertaine; on sait seulement que la première de ces lois, la loi Julia judiciaire, était dégà en vigueur; fiir BOUS allons voir Marceltus , à peine âgé de vingt ans , obtenir rédilité curaie , en vertu de i un des articles de cette loi , qui accordait une réduction de cinq ana aur ràge exigé par les lois annales. Cet âge avait été j usqu*alor8 de vingt-cinq ans pour les juges, et de trenla ans pour les candidats aux principales magistratures.

Un autre article de la lot Julia eut pour objet de restreindre ia juridiction du préteur. Juaqu'akNEt ce magistrat n'avait renvoyé à des juges que les causes qu il m voulait pas retenir à son tribunal. Désormais, il fut obligé de leur renvoyer toutes les causes que ta M n'avait pas expressément comprises dans ses atftiibutions;

La plus grave innovation de la loi Julia concernait

(I) Gieer. prùMwrenû, Tseile, Ann.lll, 75. MHos, XIII, is. Baoh. , MIai. juri». , lll, 1. BinckmeMMb, iv OrigJwrU,

UVRE I

les joges , dont la liste était renouvelée tous les ans , et qui statuaient en vertu de la délégation des préteurs dans les cames eivlles, on qoe le sort désignait pour lui servir d'assesseurs dans les causes criminelles. Pour faire comprendre cette innovation , il faut rappeler coniBiait s'était jusqu'alors finmiée la Kste des juges.

Pendant longtemps les sénateurs eurent seuls le droit ë'ett Daire partie ^ en d'au très termes, suivant l'exprèsém adoptée par les publieistes , ils eurent seuls les jugements. Sous le tribunat desGracques, la loi Sempronia les transmit aux chevaliers. Sylla, qui lit préva« loir l'aristocratie^ rendit lesjugements aux sénateurs; mais l'impulsion avnlt été ^nnée par la loi Sempronia. Les chevaliers, qu elle avait éloignés du service de la cavalerie , ne voulurent plus le reprendre ; ils obtinrent le bail des impôts et des domaines publics , en écartant ou en admettant dans leur sein tous les concurrents. Cette; condition de traitants de la répu^ btique, qm semblait incompatible avec les Jugements, leur smrit néanmoins à les recouvrer. Puissants par leur union et par leurs richesses, ils virent tous les chefs de parti se disputer leur alliance , et Pon)pée Tacheta par la loi Aurélia , qui les rappelait aux fonctions Judidtfres. L'un des cheTallersIes plus éminents , Cieéron , ohlint hientôt la souveraine ma^strature. Jl décida le sénat à s'assura leur appui y par la recmnaissance de leur prétention à former un troisième ordre dans Tétat. En établissant ainsi cet ordre moyen , qui unissait les deux ordres, dont la lutte avait si souvent ébranlé les institutions républicaines , ce grand homme, que Ton a trop uniquement considéré conune un puissant orateur, les aurait pleinement raffermies.

uo

SIÈCLE D'AUGUSm

Mais des complots bien plus dangereux que ceux de CatilîBa» ameiièreiit l'exil du père de la patrie et le premier triomphe de la démocratie militaire.

On voit , par cette explication, que Fauteur de VEs^ prit des Lois u a pas assez considéré la série des faits, kN»qtt'ii a dit que les chevaliers , après la loi Sempronla , ne furent plus cet ordre moyen qui unissait le isêuat et le peuple ; et que cette loi avait donné les jugements aax traitants de la république. Car Tordre des chevalière dot au contraire son origine à la loi Sempronîa , et ils ne devinrent les traitants de la république , que lorsque 1 abolition de cette loi par Sylla tour eut 6té les jugements.

La loi Aurélia avait établi trois classes de juges , celle des sénateurs , celle des chevaliers et celle des tribuns du trésor on payeurs des légions. On désignait cee classes sous le nom de décunes ; la division des citoyens en centuries concernait Tordre établi pour les suffrages. La loi Julia forma quatre décuries ; elle y admit tous les citoyens qui avalent un cens déterminé, et ne les distingua entre elles que par le cens pins on moins élevé qu elle exigeait pour eu faire partie. Les censeurs avaient eu jusqu'alors la mission de former la liste des juges. Auguste se Tattrihua comme préfet des mœurs, et les choisit d'abord parmi les chevaliers. Bientôt ses choix s'étendirent; et, comme ii accordait Tanneau d'or à tous ceux qu'il inscrivait sur la liste des décuries , le titre de juge devint la voie la pins commune i)Our être admis dans l'ordre des chevaliers. Ce fut ainsi , suivant Texpression de Pline , que Tanneau d'or , qui avait été Tiasigne de Tun des ordres de Tétat , amena la confusion de tous les ordres.

Par ces diverses mesures, Auguste lit des cheva-

Page 1