‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 28 sur 160 · MARCELLUS · texte numérisé non relu

MARCELLUS

ANS Di ROMK 730 — 734.

Auguble avait à dessein prolongé son absence , j i«>r. d'abord à Tarragone » pour la guerre eonire les Camr lao. labres , pois à Milan , pour l'organfoatloii de l'empire. Tandis qn il s'était ainsi soustrait aux regards des citojfens , il avait aelievé de dissiper ieurs ombrages, en reproduisant toutes les formes des anciennes institulions. Cétait en vertu de sa désignation au consulat que , chaque année , il eu avait pris possession , et donné ses ordres an légions et dans les provinces. Le consul nommé par les comices gouvernail Rome, suivant Fusage, en l'absence de son collègue. Les proconsuls victorieux s'arrêtaient en dehors de l'enceinte de la ville , sollicitant du sénat le triomptie , pour des exploits dignes des plus beaux temps de la république. L*entrée triomphale de Crassus avait surtout attiré tous les regards par sa pompe sauvage et la baule stature de ces guerriers de la Dacie, dont la délaite avait reculé les limites de l empire juâqu au Da-» nube.

Les triomphes de Messala et de Varron n'avaient

pas en le même éclat ; mais un grand nombre de citoyens, prophèlaiies de riches patiimoines bur les

SIÈCLE D'AUGUSTË.

bords du Pô ou sur les côtes do la mer de Sicile, célébraient à l'euYî des exploits qui les avaieni affranchis des brigandages des Salasses et des pirateries des Aquitains.

Quelques citoyens faisaient entendre des réflexions chagrines. Ces consvls. qui paraissaient les collègues du prince, n'étaient en réalité que ses délégués; lui seul avait obtenu le surnom d impcraior, que méritaient les exploits de ces proconsuls. Mais ces murmures isblés se perdaient au milieu des expressions de la commune allégresse ; tous les autres citoyens goûtaient sans alarmes les douceurs de la paix, uniquement occupés des spectacles si divers qu'une politique habile prod^uait prar charmer leurs lotoirs. Les magistrats secondaient le prince, rivalisant avec lui de zèle pour la magniûcenee des jeux du cirque et des rqu'èsentations théâtrales. Leurs somptmialïés ne le cédaient point à celles des anciens édiles, quoique inspirées par d autres motifs : c'était pour obtenir la laveur du prince qu ils dissipaient les richesses dont leurs prédécesseurs avaient Mi usage pour se conei* Her les suffrages populaires. Le préteur Servilius sorpassa tous ses rivaux dans cette lice ouverte à Taduiation. Il donna des combats d'animaux où périrent trois cents ours et un nombre égal d'autres bêles féroces , qn*il avait fait venir à grands frais des déserta de 1 Afrique.

Les assemblées du Forum étaient souvent convoquées, soit pour les lois qui étaient présentées à hi

sanction des comices, soit pour la lecture des dépêches qui étaient adressées au consul. On annonçait à la tribune la destruction des brigands réfugiés dans les montagnes du Taurus , ou la soumission des révoltés

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de r Afrique; on rMotttait les exploits d'Auguste et de ses lieuteuaub dans le nord de l'Espagne. Une <i«nii^ dépècbe ayant anuoMè la victoire fui 1ermiiiatt cette guerre, et la distribatioD extraordiDaire qu'Auguste accordait pour la célébrer , les citoyens firent retentir le Forum deieursacclaïuatioos. Appelé au partage des dépouilles , satas avoir éprouvé les da»* gers des combats, ils accoururent pleins de joie à la cérémonie solennelle ordonnée pour la clôture du tamptedeJaBUS»

Auguste obeervatt de Milan ces dispositions , si favorables à ses projets , pour fonder la puissance impériale sur des concessions inamovibles, et la désigner sous un titre qui exprimât sa prééminence. Il désirait aussi un titredemagistraturei pour dissimuler l'origine * de sa puissance militaire, émanée du prénom d'impera^ toTyeie'étaitpour ce motifqu'il Tavait Jusqu'alorsexer» oéesousie titre de consul. Mais le terme de cette magistrature était peu éloigné; son consulat de Tannée suivante était en effet le dernier de ceux qu'il avait obtenus par une désignation anticipée .

Pour préparer les apprêts à ces graves Innovations , Auguste projetait de revenir à Rome aussitôt qull aurait pris possession de ce consulat. Il résolut même ensuite de devancer Tépoque pour laquelle il avaU annoncé son retour. Il venait d'apprendre les témérités de Marcellus y trop lier d élre devenu son gendre, etse reprochaitd'avoircédé trop promptementau désir de fiiire cesser les querelles des rivaux qui se disputaient la main de sa fille. Ces ambitieuses querelles remontaient au temps de son élévation. Il avait banni la paix de sa famille en la rétablissant dans Tempire ; et les discordes , qui fuyaient devant ses légions, sem-

blaient avoir pris pour asile sa modeste habitation du Mont-RalatiD*

$ s. A celte époque , Jutia , Tuoique fruit des trois mariages d'Auguste , parvenait à Tâge imbiie, et comfloensait à justifier les espérauces de la teodresse pa* temelle. Ce prÎDce considérait avec orgueil sone^l précoce , qui s'annonçait par d'heureuses saillies, et ses charmes , à peine naissants , que célébrait à i'envi Tèlite de la jeunesse romaine. li ne pouvait encore soupçonner lesdouieurs qu'elle prépandtàsa vieillesse; mais des craintes d'une autre nature troublaient sa félicité : il avait feint de ne vouloir accepter qu'une autorité temporaire , et il voyait solliciter la main de sa fille , comme nn titre à l'hérédité de l'empire.

Marcellusavait le premier manifesté des prétentions dont le succès semblait assuré . Unique fils du premier lit d'Octavie , il avait toujourspartagé avec cette sooar tendrement chérie les afTcctions d'Octave. îl avait brigué , avec non moins de succès , la faveur populaire , et lorsqu'il avait paru à cAieval surladroite du char de triomphe, laissant la gauche au fils de Livie , son nom était souvent associé à celui du triomphateur, dans les acclamations qui saluaient leur passage. Les mêmes applaudissements l'accueillirent à la solennité des Jeux de Troie , où il se distingua par une adresse , que Ton n'attendait pas de sa novice adolescence. Sa vue rappela sans doute aux citoyens le noble dévouement d'Octavie , victime volontaire de la paix qui avait termiué jadis leurs désastres ; mais il dut aussi leurs suffrages aux faveurs dont la nature l'avait comblé. Son heureuse phjfsionomie > sa belle figure , et les grâces de sa démarche , exerçaient déjà la même séduction , qui avait jadis placé ba mère au-des^ub de toute rivalité.

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