‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 29 sur 160 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Maicellus se montrait digoe du brillant avenir qui s'ouYinit devant lui. Son esprit vif et pénétrent y mm ardeor pour Fétude , sa modératioD dans les plat*

sirs , confirmaient les espérances que ses heureux débuts avaient fait concevoir. Enbardi par de nouveaux témoignages de la bienveillance d'Auguste , qui lut promettait la première place vacante dans le collège des pontifes y il manifesta à la main de sa iîlle deti pcétentioBS qui alarmèrent Livie.

L'épouse d'Auguste aviRt vusans ombrages les pre^ miers succès de ce jeune homme , dont elle connaissait le caraclère confiant et facile. Mais celte union pouvait le rendre redoutable ; ear Julie , dont le caraclère allier commençait à se dévoiler, acquérait de l'ascendant sur 1 esprit d Auguste. Elle réclama pour non fils atné la préftrenee. Le plus Jeune ne pouvait y aspirer. Cétdt en effet le même Drusus , dont elle était accouchée trois mois après son niariai^e avec Octave , et dont la naissance Tavait exposée aux traits de la malignité publique.

Mais Tibère s'était déjà montré le digne appui de ses ambitieux projets, et n'aspirait qu à les réaliser. Il avait saisi toutes les œcasions de paraître en public avec éclat , soit dans les triomphes d'Auguste , soit dans les jeux qui les célébraient ; jaloux des préférences accordées à Marcelius , il lui disputait la main de JnKe , sans être retenu par ses fiansailles récentes avec Yipsania , et se flattait que Textréme jeunesse de la fille d Agrippa lui fournirait un prétexte pour éluder cet engagement. Livie le secondait avec cha. leur, Octavie faisait violence à sa timidité naturelle pour déjouer ces maïuiM ivres pjr d'autres intri^^ues. La famille d'Auguste était divisée par les querelles de

SIJSGLË 1I'AUGU6T£.

ces deux mères; dont l'une faisait servir lamuuj mal/erael ée voile k êom ambilioD ; dooi Taitlr^ élmi devenue anbitieuM fàr rinspirition ée m Imidrette. $ Agrippa étant alors devenu le gendre d Octavie , Livie avait tourné contre lui ses manœuvras. Auguste n'aveit pu résister à desrinsiBiiftlIoiis qui rtvisiUlMt ses andens ombrages , et il les avait numUesIée m omettant le nom d'Agrippa dans la répartition des voies militaires entre ses gèBéranx : car il opaaid^fiil cette aUrlIwIkiii eonme une récompense des victoires . obtenues sous ses auspices. Il était ensuite parti pour TEspagne, sans appeler le compagiioa Udéie de ses aotres giierres , et nèanmoittale genvemeneDl de la ville veMit d'être transmis à Tàvnis, avec le eomilel.

Agrippa était ainsi resté à Rome , dans une sorte de disgrâce , sans fonctionsel sans tettiiears. Mais il n'es avait {MB bBseiD pour se maintenir an premier rang

dans Topinion ; et dans la simplicité de la vie privée , Téièvation de son âme se manifestait par Téclat des monuments qu'il consacrait à i'nlilitè pnbUqne. Dégà^ à d'antres époques , la rade Immenae du port Jnles , creusée pour la {guerre de Sicile, devenue l'un des plue beatt]( ornements de la paisL , et les travaui^ sans nombre exécutés dans la seole année de son édllHé « avaient montré Tactivilé et les ressources de son génie. Dans la seule première année de la guerre d'Espagne, on le vit dédier à Rome des édifices « dont le ebef même de l'empire eût pu envier la magnificence.

On applaudit d abord aux portiques couverts qui entouraient la vaste enceinte do i'orum de. Jules-César, ravétus de marbres précieux, décorés, parles plue ha* biles artistes, de tableaux, de bas-reliefs et de statues. On fut encoie pUis Irappé de la splendeur du temple

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de Neptune. Agrippa avait fait peindre sous la vuûle du portique Texpédilton des Argunaules , âllusion m but dece mommirat qui devait rappeler ses victoires navales, li avait construit auprès du temple de nombreuses salles de bains , où les citoyens devaient être gratuitement admis. Mais leur admiration fut surtout excitée l'année suivante, par l'achèvement du Panttiéon f l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture an* eieime» Ce temple devait être dédié sous lé nom d Auguste : mais le prince eousentit seulement à laisser placer sa statue dans le vestibule, à côté de celle d Agrippa , et il voulut que le frontiepice du temple porlAt le nom de son àoteur.

Agrippa était cependant appelé en Espagne, soit que les préventions inspirées contre lui fussent dissipées j sott qu'un prince ombrageux voulût soustraire aux hommages des citoyens , le seul homme qui n*eât pas besoin de sa laveur pour les obtenir. L activité qu'il imprima aux opéi*ations de la guerre, et. les preuves 4e son dévoueniettt , que de perfides iosinuar tions ne pouvaient plus rendre suspectes, lui furent recouvrer la confiance d'Auguste. Son arrivée avait suffi pour mettus un terme à la rivalité des Jeuliës gens qui se disputaient la main de Julie ; Tibère u'oAt osé avouer l'oubli de ses engagements avec Vipsania.

Pendant tout le cours de cette campagne , il vit le fils de Iiivie uniquement occupé à mériter son estime, et se plaisait à remarquer eu lui plusieurs des qualités éminentes auxquelles il avait dû lui-même sa banle fortune.

Agrippa mettait moins de prix aux qualités aima^ bles de Marcellus; mais il lit valoir la popularité qu'elies lui avaient acquise, et ce motifs tout puissant

SMir l'esprit d Augut^e acheva de le décider. Aprè& avoir obtenu pour Marcellus la main de Julie » il revint à Rome, emmenant le jeune fils d'Octavie dont il veDait d'assurer rèlévation , et Tibère , qu'il se félicilait d'avoir clioisi pour sou geudrr.

Les citoyens revirent avec indifférence le grand capitaine dont leurs regrets avaient consolé la disgrâce, el qui représenlail Auguste dans la cérémonie de ce brillant hyménée. Leurs vœux et leurs bommages étalent adressés à ce jeune Marcellus , qui s offrait à leurs regards avec de si brillantes espérances . déjà presque réalisées par celte preuve nouvelle de la faveur d'Auguste. Ils voyaient même sans alarmes un bymen qui semblait présager lliérédité de l'empire. Abusés par les apparences de raucienne liberté , enivrés par les jeux et les spectacles , il& étaient sourds aux réflexions chagrines de ceux qui ne partageaient pas leur allégresse.

Livie prodigua dans ces réjouissances des démonstrations de léle qui n'excitèrent aucune surprise ; on la savait exercée à renfermer dans son cœur les plu» amères ressentiments. Les transports affectés de Tibère produisirent une impression plus fâcheuse : on reconnut en lui le digne élève de cette mère j dont la dissimulallon profonde était déjà si redoutée.

Julie n avait pas tardé à manifester ce génie ardent et superbe, qui ne devait pas moins contribuer daaa la suite à ses égarements que la dépravation même de son cœur. Elle censurait les manières affables de Marcellus , peu dignes du rang où le don de sa main Tavait élevé. Étaitrce bien pour un tel époux que ses inclinations auraient dû élrc contrariées? Elle avait en effet déclaré ses prêlérences pour Tibère , séduite

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