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IHir sa fierté même , qu'il humiliait pour elle seule , et par les feints emportements d*nne passion intéressée. Enlraliiée I)ieïitùt par la violence de son dépit, elle s oublia jusqu'à lui faire des avances , doniTéclat reùt compromise , sans la prudente intervention de Lîvîe. Mais son ambition domiuait ses autres sentiments; elle imposait à Marcellus, par ses mépris même , et lentndnait par son exemple à affecter les prétentions d^un héritier de Templre. Ces imprudences des deux époux alarmèrent les citoyens , et firent renaître les ombrages , qu'Auguste se félicitait d avoir dissipés.
On apprit alors que ce prince arrivait aux portos de Home. Suivant Tusage constant des généraux qui revenaiènt d'une expédition , il s'arrêta au Champde-Mars, où l'assemblée du peuple était déjà réunie. Il lui rendit compte de la guerre qu il venait de terminer en Espagne, et des expéditions de ses iieute* liants sur le Danube , sur le Rhin , sur les flancs escarpés des Alpes. 11 lui présenta ensuite Marcellus et Tibère. Marcellus obtint les honneurs de la préture , et une dispense de cinq ans sur Tége exigé pour les , magistratures. Hbére reçut la même dispense. Gommé la loi Julia judiciaire avait déjà accordé vme autre réduction de cinq ans sur l'âge exigé par les lois annales, tous deux furent peu après nommés. Marcellus à l'édilité curule , et Tibère à la questure.
Auguste entra ensuite dans Rome, accompagné jusqu'à sa maison par un concours immense de citoyens. L'assemblée du sénat avait été convoquée par ses ordres. Il s'y présenta pour le remercier des décrets rendus en son honneur, et s excuser de ceux qu'il ne pouvait accepter. Un nouveau décret substitua au
triomphe qui lui avait étë accordé ^ le droit de porter tous les ans , an premier janvier , la couronfle et ta
robe triomphales. Un autre décret ordonna que, dans les hymnes chaotés aux fêtes publiques , son aom se^ rait désormais associé à oelui des Dieux. Quelques an* teurs ont rapporté ce décret à l'époque delà conquête de rÉgypte. Mais tous s accordeut à en faire mention. Pour exèoser Horace d'avoir ensuite célébré la divinité d'Auguste , on a cru devoir alléguer les priyliéges des poëtes : on eût pu se borner à dire qu il n'était que l'ingénieux interprète des adulations dû sénat.
Lorsque Auguste prenait possession de son onzième consulat , au janvier de Tan 73i do Rmio , il lut instruit que Térentius Varron , président de la Syrie , nommé son collègue , venait de mouiir sur la route. Convoquant anssitét les comices , il recommanda paâr le remplacer, et fit élire Calpurnius Pison. C'était un des plus illustres républicains, et qui les avait guidés à Pbarsale , à Thapsus , à Philippes ; cdm^rte suite dans Tanmistie accordée par le traité ôb Miiféne , il se tenait éloigné des fonctions publiques. Mais il était frère de Calpumia, veuve de Jules César. Auguste ravait atthré dans sa familianlé sous ce prétexte , et , par les témoignages de son estime pour des talents qu'une fausse délicatesse rendait inutiles , 1 avait enlin déterminé à accepter le consulat. Ce choix inattendu lut accueilli par des transports unantmès ; mais il'te put dissiper les impressions qu'avaient produites les témérités de Marcellus et de Julie. Avant de reprendre la poursuite de ses projeis, Auguste se résout à uofe mesmre plus dédsive.
Lé bruit se répand alors dans la ville que la maladie inflammatoire, dont ce prince avait déjà éprouvé plu^
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sieurs aUeiotes , s est niaiii£estée avec de» symptômes plus aêaiMttte; ^11 d'à pu même Bopporter le Iraa»port JardfiM de Mécène. Llmmiiieaee dn daiif|[m-
s'aononce bientôt par la douleur sincère d Octavie , par tes regrets moias désintéressés de Julie ei de Marerths. Le princft se montre persndé qui! tODcheau terme de sa vie ; il dicte son testament à rafîranciii ifui ayaît sa confiance , et le scelle de son cachet eu présenoe de témoins. Les magistrats et les ebevalleis romains les plus distingués avaiaDt été ùivités k se réunir dans sa maison. 11 leur adresse un discours, souvent interrompu par ses souffi'ances ; il rappelle aux sénateurs les conseils qu'il leur donna , quand il vonlut partager avec eux h s soins du gouvernement , le succès de leur concours pour le bien de la république. Il mourra content puisqu'il les a vus si dignes de continuer son ouvrage. Il invite le consnl PIson à le seconder, et lui confie le registre de Tempire , écrit de sa main, qui contient l^état desarmées etdes finances publiques. Se tournant ensuite vers Agrippa , il lui re> met son anneau. C'était le signe usité chez les Ronhuns, pour transmettre le pouvoir dont ils étaient revêtus, et dont leur anneau devait sceller tous les actes.
La plupart des assistants se retirèrent pénétrés de douleur et de regrets. Un petit nombre , dont 1 œil était plus exercé à pénétrer dans les replis si profonds du cœur d'Auguste, manifestèrent d*autres sentiments. Ce prince ne se croyait point en danger, mais il voulait provoquer la confiance qu'inspirent les sentiments exprimés dans le moment suprême de la vie. Il désirait persuader aux Romains que , loin de songer À 1 hérédité de l empire, il n'avait accepté son pouvoir lemporiairs , que pour remettre en vigueur teur consli-
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tuliou et leurs lois ancieunes. Le choix tf Agrippa devait les rendre piuâ accessibies à ces illusions , car ils se confiaient dans ce généreux capitaine , qui n'avait pas cessé d'aspirer au rétablissement de la république^ Des symptômes plus rassurants se manifestèrent après la scène politique , dont Auguste donnait le secret avant de rendre le dernier soupir» lorsqu'il de<mandait à ses amis s il avait bien joué cette farce de la vie. Il attribua sa guërison inespérée au médecin Anlonius Musa, qui avait substitué l usage des acides et des bains froids aux remèdes jusqu'alors usités. Musa reçut un ricbe présent du prince, qui Tinscrlvit, quoique simple affranclii , dans 1 ordre des chevaliers. Un décret du sénat lui accorda des remerciements pu* blics et une gratification sur le trésor. Par un autre décret, il obtint l exemplioii du Inbut, et cette exemption fut même étendue » en sa considération , à tous les médecins de l'empire. L'assurance de sa discrétion fut ainsi fondée sur l inlérèt de son honneur et de sa foriune.
Mais ces témoignages de reconnaissance » inspirés au prince par la politique , au sénat par Padulation,
ne purent empêcher d'injuriewses rumeurs de s accréditer. Auguste alarmé se rendit au sénat , tenant à la main son testament, et voulait en faire donner lecture. Contraint de céder à Topposition unanime des sénateurs, il en leinoi^na vivement ses regrets-, la manifestation de ses dernières volontés aurait prouvé combien le dessein de f e nommer un successeur était éloigné de sa pensée. Rappelant ensuite ses fréquentes inlirmilés, il déclara sa résolution d'abdiquer Tem-r pire. Des murmures mal étouffés et des propos iro^ niques qui se firent i&ntendre , ne lui permirent pas